L'actualité

Notre métier d'éditeurs de revues médicales en Afrique francophone et au Maghreb, nous amène à suivre de très près l'actualité de la santé de ces pays.
Nous lisons la plupart des journaux spécialisés et sommes en contact avec de très nombreuses associations et ONG.
Nous fréquentons aussi certains forums spécialisés.

Dans notre développement Internet, nous avons pensé que toutes ces informations que nous recueillons quotidiennement ne pouvaient que vous intéresser.
C'est la raison de cette rubrique que nous mettrons à jour le plus régulièrement possible.

Afin d'être en harmonie avec la déontologie Internet, nous vous précisons que toutes nos sources sont informées des textes que nous leur empruntons afin de les mettre à votre disposition dans cette rubrique.

Toutefois, comme elles le précisent elles-même pour la plupart, nous vous prions de traiter les informations avec la plus grande prudence et de ne pas hésiter à suivre les liens que nous plaçons systématiquement à la fin des articles, afin de lire le document original et de contacter, le cas échéant, l'auteur ou le responsable de la publication.

Si vous souhaitiez exploiter autrement que pour votre propre usage, l'une des informations de cette rubrique, nous vous demandons de bien vouloir suivre le lien afin de récupérer le document original et vous conseillons d'en informer les responsables.

Nous vous souhaitons d'agréables moments sur SantéTropicale.com

Santetropicale.com

Page d'accueil de Santetropicale.com La Bibliothèque de Santé tropicale Le Kiosque des revues médicales africaines Dictionnaire Internet Africain des Médicaments Web médical africain Annuaire de la santé en Afrique Qui contacter ?

L'actualité de la santé en Afrique

Cameroun : Six provinces sur dix touchées par le choléra. De janvier 2004 à ce jour, le Cameroun a enregistré, de l'aveu même des autorités en charge du ministère de la santé, 6377 malades de choléra. 128 Camerounais en sort morts - Mutations - Cameroun - 19/07/2004

Ces chiffres traduisent peu la réalité, car ils ne prennent pas en compte le nombre important de patients qui considèrent le choléra comme une maladie mystique relevant de la compétence des tradipraticiens, encore moins ceux qui ne peuvent accéder aux soins, faute de dispensaire proche de leur village.
Cette maladie de la pauvreté a donné lieu, de la part des pouvoirs publics, à un semblant de mobilisation. Mais les campagnes dites de sensibilisation ne sont pas à la hauteur de celles connues par le passé. La preuve : six des dix provinces du Cameroun sont tombées les unes après les autres. Devant l'avancée de la maladie dont les causes sont à rechercher dans le non respect des règles d'hygiène, la paupérisation croissante des masses, et face aux demi-mesures prises par les pouvoirs publics, Mutations sonne l'alerte. Voici la radiographie du choléra au Cameroun.

Epidémie. Le vibrion du Renouveau. La montée du choléra s'explique par la croissance de la pauvreté.

Le choléra gagne de plus en plus du terrain au Cameroun. Il y a cinq ans, l'Organisation mondiale de la santé chiffrait à 326 le nombre de cas de choléra, et à 35 l'effectif des personnes décédées des suites de cette maladie. En cinq ans, la situation s'est aggravée. "De janvier à juillet 2004, reconnaît le ministère de la santé, 6377 cas de choléra avec 128 décès ont été enregistrés". Les provinces du Littoral, de l'Ouest, du Sud-ouest, de l'Extrême-Nord, du sud et du Centre sont les plus touchées. Si le minsanté se contente de placebo, comme semble être le cas, pour contenir le mal dans ses foyers actuels, le sursis des autres provinces ne saurait perdurer. De manière générale la pandémie opère un come-back à travers le Tiers-monde. Le nombre de cas recensé par l'organisation mondiale de la santé s'élevait à 254 310 dont 9175 décès en 1999.
Deux ans auparavant, la même source dénombrait 147 425 malades de choléra et 6274 décès. Des données sûrement en dessous de la réalité, si l'on tient compte du taux d'accès aux structures hospitalières, de la mauvaise tenue des statistiques et du nombre de malades qui recourent aux tradipraticiens dans les pays en développement.

En Afrique, estime l'Oms, le nombre de malades a augmenté de 53% entre 1995 et 1996, alors que dans les autres continents, on enregistrait une régression. L'Oms explique ce retour en force du choléra dans le continent par la détérioration des conditions d'hygiène consécutive aux désastres humanitaires. Soit. Mais le Cameroun ne connaît pas un conflit armé comme en République démocratique du Congo ; ses rivages n'ont pas été balayés par un cyclone comme ce fut le cas à Madagascar; les pluies diluviennes qui transformèrent le Mozambique en un lac nous ont jusqu'ici épargné ; sauf à remonter aux années de guerre civile au Tchad, le pays n'est le théâtre de déplacements massifs de population.

Pauvreté

Comment dès lors expliquer le retour du choléra dans nos murs ? Comment justifier les 128 morts enregistrés en sept mois dans les dispensaires et hôpitaux ? Sans doute incriminera t-on la qualité de l'eau de la Société nationale des eaux du Cameroun, les conditions d'hygiène dans les élobi, le conditionnement des aliments consommée par les victimes la contamination suite à l'autopsie traditionnelle .. Mais on devrait aussi dire un mot sur la misère des populations.
La pauvreté fait le lit du choléra. Une enquête sérieuse sur le niveau de vie des victimes du cholera qui sévit dans six des dix provinces du Cameroun en dirait long sur les liens de parenté entre le vibrion cholérique et le Renouveau.

Pour mémoire, les spécialistes estiment que le choléra nous vient du sous-continent indien. Il y a été confiné jusqu'en 1817, date à laquelle il opère une incursion en Asie, en Afrique, au Moyen-orient. Au fil des décennies, plus les moyens de transport se sont améliorés, plus les hommes se déplacent, plus le choléra se répandait. Progressivement, il a gagné les territoires jadis à l'abri. Du début du 20è siècle à ce jour, la planète a déjà subi au moins sept pandémies, aussi sévères les unes que les autres. Les chroniques font mention de dizaine de milliers de morts enregistrés en Indonésie (1961) en Asie (1962), en Europe et au Moyen-orient (1965). Plus près de nous, en Afrique, le choléra connut ses moments fastes dans les années 1970.
Au Cameroun cette irruption du choléra suscita une large mobilisation. Les pouvoirs publics lancèrent à l'époque une vaste campagne de sensibilisation qui toucha tous les coins du pays et toutes les couches de la populations. Les murs des villes et des villages étaient tapissés d'affiches qui décrivaient le processus de transmission de la maladie, ses symptômes…
Sur les ondes de la radio, les élèves de l'école catholique de Nkol-Ewé, dans une chanson restée célèbre, donnait, chaque jour, des conseils pratiques aux populations. A la suite de la campagne, activement soutenue par l'Organisation mondiale de la santé et la Croix rouge, le choléra battit en retraite.

Xavier Deutchoua

Lire l'article original : http://www.quotidienmutations.net/cgi-bin/alpha/j/25/2.cgi?category=all&id=1090188153


Retour actualités
 
Copyright © 2004 NG COM Santé tropicale. Tous droits réservés. Site réalisé et developpé par NG COM Santé tropicale