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Le Pharmacien d'Afrique Le Pharmacien d'Afrique
N° 158 Août-Septembre 2002

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Au sommaire de ce numéro
Essai thérapeutique de l'association Chloramine Métronidazole - Nitrofurantoine dans l'ulcère de Buruli surinfecte
K. KIBADI, T. M. TSAKALA, J. B. MPUTU YAMBA, M. KASHONGWE, T. MUYEMBE, I. IMPOSO
Prévalence de Hélicobacter Pylori au cours de l'ulcère duodénal et apports du laboratoire dans son diagnostic au Burundi.
J.B. NDIHOKUBWAYO, E. NDABANEZE, V. BIGIRIMANA, D. MANIRAKIZA, J. KINIGI
Ackee (blighia sapida) : un arbre aux fruits toxiques mal connu en Afrique et dans l'île d'Hispaniola
P. Bourée, P. Frinot Joseph, R.E. Morell-Gil, P. Fernot Joseph, D. Nagiroy

 


Essai thérapeutique de l'association Chloramine Métronidazole - Nitrofurantoine dans l'ulcère de Buruli surinfecte

Le pharmacien d'Afrique n° 158 - Août-Septembre 2002 - pages 3-7

Cette étude a pour but d'évaluer les avantages de l'association Chloramine-Métronidazole-Nitrofurantoïne (Chl-Métro-Nitro) dans les soins locaux quotidiens des ulcères de Buruli surinfectés en milieu rural. Quarante-six patients ont été retenus après analyses bactériologiques des prélèvements des écouvillons des ulcères, dans le cadre de cette étude. Ces patients ont vu, après traitement par l'association sus indiquée, leur temps des soins, après débridement, raccourci jusqu'à une ou deux semaines, avec une plaie propre et bourgeonnante, ayant permis une autogreffe cutanée alors que l'application quotidienne de la solution de Chloramine nécessite au moins deux à trois semaines de pansements

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 Prévalence de Hélicobacter Pylori au cours de l'ulcère duodénal et apports du laboratoire dans son diagnostic au Burundi

Le pharmacien d'Afrique n° 158 - Août-Septembre 2002 - pages 9-12

Helicobacter pylori (HP) est une bactérie qui se présente sous la forme d'un bacille Gram négatif, spiralé, incurvé et mobile par la présence de 4 à 6 flagelles polaires. Même si son implication dans la maladie ulcéreuse gastro-duodénale est suspectée depuis plusieurs années [1, 2, 3], c'est grâce aux travaux de MARSHALL et WARREN [4, 5] que le rôle de cette bactérie micro-aérophile dans la pathologie de la maladie ulcéreuse gastro-duodénale a été mis en évidence. Le réservoir de bactéries est essentiellement humain. La bactérie colonise le mucus de l'estomac avec une spécificité d'hôte et d'organe. Le mode de contamination et de transmission est principalement inter-humain et se fait essentiellement sur un mode oro-oral où la plaque dentaire serait un réservoir secondaire et la salive un vecteur de transmission mais aussi un mode féco-oral où les aliments et l'eau contaminés seraient vecteurs. Le bas niveau d'hygiène et la promiscuité jouent un rôle favorisant [6].

L'infection à Helicobacter pylori est ubiquitaire et peut être considérée comme l'infection la plus répandue au monde et la plus commune en Afrique [7]. Si en Afrique la prévalence de cette bactérie dans la maladie ulcéreuse gastro-duodénale commence à être documentée dans certains pays [8, 9, 10], son diagnostic au laboratoire reste inaccessible à beaucoup d'hôpitaux. En effet, H. pylori est un germe fragile, sensible à l'oxygène ambiant et de croissance difficile sur milieu adéquat en micro-aérophilie (10 % de CO2) et en atmosphère humide [11]. Ces exigences nutritives, ces conditions de culture et de prélèvement restent onéreuses dans un pays en développement comme le Burundi.

C'est ainsi qu'après avoir estimé la prévalence de H. pylori chez 120 malades consultant à l'unité d'endoscopie du CHU de Bujumbura pour symptomatologie évoquant une maladie ulcéreuse gastro-duodénale, nous avons comparé 3 méthodes diagnostiques de cette bactérie (la coloration de Gram sur empreinte de biopsie, la coloration histologique à l'hématoxyline-éosine ainsi que la recherche de l'activité uréasique sur biopsie gastrique en salle de gastroscopie) afin de proposer aux cliniciens, en attendant de pouvoir réaliser la culture, le test le moins onéreux, le plus simple et le plus sensible à la reconnaissance de ce micro-organisme.

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 Ackee (blighia sapida) : un arbre aux fruits toxiques mal connu en Afrique et dans l'île d'Hispaniola

Le pharmacien d'Afrique n° 158 - Août-Septembre 2002 - pages 13-17

L'intoxication par le fruit d'ackee (Blighia sapida) reste encore une affection redoutable dans certains pays d'Afrique occidentale et dans la Caraïbe. En Côte d'Ivoire, plus de 100 décès ont été enregistrés en 1984 chez des enfants, ayant ingéré ce fruit. Depuis 1986, plusieurs cas sont signalés chaque année au Bénin chez des enfants de 3 à 7 ans, ayant présenté une encéphalopathie. En 1996 et 1997, cette intoxication a été recensée dans deux villages de Bénin (Cotiakou et Wansoukou) ayant atteint respectivement 24 et 40 personnes. En 1998, cette intoxication a provoqué 29 décès au Burkina Faso et plus de 50 décès en Haïti en 2001. L'agent responsable est la phytotoxine contenue dans les fruits d'ackee non mûrs. Le traitement n'est que symptomatique. La prophylaxie consiste à informer les populations locales et les voyageurs sur les risques importants de la consommation de ce fruit vert, arbre ornemental interdit en Amérique du Nord pour sa toxicité.

Mots clés : Ackee, intoxication, Afrique Occidentale, Hispaniola, phytotoxine.

Ackee (Blighia sapida) : a tree with toxic fruits not very known in Africa and in the island of hispaniola

The intoxication by the ackee fruit (Blighia sapida) still remains a frightening affection in some countries of Western Africa and the Caribbean. In Ivory Coast, more than 100 deaths were recorded in 1984, in children having ingested this fruit. Since 1986, several cases are reported every year in Benin, in children from 3 to 7 years, having presented an encephalopathy. In 1996 and 1997, this intoxication was registered in two villages of Benin (Cotiakou and Wansoukou) having respectively reached 24 and 40 people. In 1998, this intoxication caused 29 deaths in Burkina Faso and more than 50 deaths in Haiti into 2001. The responsible agent is the phytotoxin contained in the unripe ackee fruits. The treatment is only symptomatic. Disease prevention consists in informing the local populations and the travellers on the significant risks of this unripe fruit consumption, decorative tree banned in Northern America for its toxicity.

Key words : Ackee, intoxication, Western Africa, Hispaniola, Phytotoxin.

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