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Le pharmacien d'Afrique n° 160 - Novembre
2002 - pages 14 - 21
Objectif : apprécier l'efficacité et la tolérance
du kétoprofène utilisé seul dans le traitement
des douleurs postopératoires sévères en chirurgie
abdominale, en le comparant à un morphinique de référence
: la buprénorphine.
Type d'étude : essai comparatif randomisé, en double
aveugle.
Patients et méthodes : randomisation des patients en deux
groupes. Premier groupe : au réveil anesthésique,
injection intraveineuse directe (IVD) de 100 mg de kétoprofène
dilué dans 10 ml de sérum physiologique et injection
sous-cutanée (SC) de 1 ml de placebo (sérum physiologique).
Deuxième groupe : administration SC de 0,3 mg de buprénorphine
(1 ml) et injection IVD de 10 ml de placebo. Ré injection
à la demande du patient ou scores douloureux > 30 mm.
Evaluation de l'efficacité des produits sur l'évolution
des scores douloureux mesurés sur l'échelle visuelle
analogique (EVA) dans les 48 premières heures (0 min, 15
min, 30 min, 1 heure, 2 heures, puis toutes les 2 heures jusqu'à
la 12ème heure ; puis toutes les 6 heures jusqu'à
la 48ème). Evaluation de la tolérance sur l'apparition
ou non d'effets secondaires. Analyse statistiques par les tests
de Khi carré, Fischer, Student, Mann et Whitney.
Résultats : la répartition des patients dans les
deux bras de l'essai était homogène. Les deux produits
avaient une efficacité globalement comparable : délai
d'action court, inférieur à 15 min ; scores douloureux
inférieurs à 10 mm dès la 4ème heure
et nuls à partir de la 36ème heure. La réduction
de l'intensité douloureuse était un peu plus rapide
avec la buprénorphine mais de façon non significative.
Le délai moyen de ré-injection était significativement
plus long (p = 0,006) avec la buprénorphine (12,2 H ±
6,1) qu'avec le kétoprofène (7,3 H ± 5,5).
Le kétoprofène s'est montré moins efficace
sur les douleurs légères à modérées
que sur les douleurs sévères (p = 0,04). La somnolence
était significativement plus fréquente (p < 0,001)
avec la buprénorphine (70,1 %) qu'avec le kétoprofène
(38,8 %), alors que les brûlures au point d'injection étaient
exclusivement observées après injection de kétoprofène
(27 %).
Conclusion : le kétoprofène peut être administré
comme alternative aux morphiniques dans le traitement des douleurs
postopératoires sévères en chirurgie abdominale
car aussi efficace avec moins de somnolence.
Mots clés : Analgésie post-opératoire, kétoprofène,
buprénorphine.
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