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A l'occasion de la Journée mondiale des hémophiles, l'association
algérienne des hémophiles du Comité de la wilaya d'Alger a
organisé, jeudi dernier, une rencontre d'information, d'éducation
et de communication, au Centre culturel Debbih Chérif à El-Madania.
Plusieurs malades, parents de malades ont pris pris part à
cette manifestation au cours de laquelle ont été exposés les
principaux problèmes de prise en charge rencontrés par cette
frange de la société qui vit une situation des plus précaires,
en raison de la pénurie chronique d'un élément thérapeutique
vital, le sang.
Il y a lieu de souligner que cette maladie de la coagulation
sanguine, la plus répandue dans le monde, touche essentiellement
les garçons (1/10.000 naissances). C'est une maladie génétique,
chronique et invalidante. Elle se manifeste par des hémorragies
internes ou externes, suite à un traumatisme minime ou insignifiant
parfois, ce qui expose l'hémophile au pire au décès et au
mieux à un handicap moteur, en l'absence de prise en charge
adéquate. "Cette prise en charge ne pourrait se concevoir
que dans un cadre organisé, au sein d'une équipe médico-sociale
stable, disponible, bien formée et informée sur la maladie,
pour répondre d'une manière efficace à la demande en soins
de ces malades", soulignent les responsables de l'association.
Actuellement, la prise en charge des hémophiles algériens,
qui sont au nombre de 3.200 dont 1.000 seulement sont recensés
par l'Association algérienne des hémophiles (AAH), pose de
nombreuses difficultés tant sur le plan du recensement des
malades, la disponibilité des médicaments, les lieux de prise
en charge presque inexistants, en dehors de celui de Bouzaréah
et les grands centres hospitaliers, que de la formation du
personnel soignant.
A cela s'ajoute le problème du coût du médicament qui limite
considérablement sa disponibilité au sein des structures de
santé. A ce sujet, M. Kaghat Djamel, père d'un jeune hémophile
de 15 ans, souligne que "la prise en charge de cette maladie
au niveau des hôpitaux est quasiment absente du point de vue
disponibilité du médicament, du personnel médical et de sa
formation. Le centre de Bouzaréah, par exemple, fonctionne
de 9h à 14h30. Si jamais il y a un problème en dehors de ces
heures, pendant le week-end ou un jour férié, il n'y aura
aucun moyen de sauver le malade en difficulté. Pour ce qui
est du médicament, le produit manque énormément. Or, logiquement
chaque malade doit avoir un ou deux flacons de facteur VIII,
en réserve…malheureusement, ce n'est pas le cas pour la plus
grande majorité des hémophiles". Les conséquences, des hémorragies
chez l'hémophile, ont été également évoquées au cours de cette
rencontre. "Ces dernières font de lui un handicapé, un exclu
de l'école et du travail, avec de nombreux problèmes socio-psychologiques.
C'est une lourde charge morale et financière pour sa famille",
soulignent les participants. En effet, selon des statistiques
élaborées par des spécialistes, 90% des hémophiles adolescents
et adultes sont devenus des handicapés moteurs, 20% sont porteurs
du virus du sida, dont les deux tiers sont décédés, alors
que 80% sont porteurs du virus de l'hépatite C. Il faut dire
qu'un hémophile ne naît pas handicapé. "S'il est bien pris
en charge et informé sur sa maladie, il aura moins de problème
de santé et deviendra une personne autonome, rentable pour
la société", souligne une parente de deux malades âgés de
14 et 8 ans.
Pour leur part, les médecins insistent sur le facteur prévention.
Cette dernière consiste en "la réduction du nombre d'accidents
hémorragiques par mois, ce qui réduit le nombre de consommation
de médicaments et les séquelles". Cette prévention, faut-il
le préciser, doit se diriger en premier lieu vers les familles
concernées, car les dangers que présente cette pathologie
les astreignent à ne pas avoir d'autres enfants. Parce que
les chances sont grandes pour qu'ils soient atteints de la
maladie en question. Il y a lieu de rappeler que l'AAH a entrepris
plusieurs actions pour limiter les taux de mortalité dans
le milieu des hémophiles telle l'élaboration entre autres
d'une charte de l'hémophile. Cette dernière proclame les grands
principes relatifs aux droits fondamentaux de la personne
atteinte de l'hémophilie.
Ces droits, qui s'inscrivent dans la promotion et la protection
de la santé publique, se résument en l'élaboration d'un programme
national de santé pour l'hémophilie en tant que maladie génétique,
chronique et invalidante. Ce programme s'articule autour de
la tenue d'un registre national de l'hémophilie, la formation
du personnel soignant, la création d'un réseau de centres
et de points d'accueil des malades, la prévention, la vaccination
contre l'hépatite B, la promotion du don de sang et la séparation
du plasma, la sécurité transfusionnelle et l'hémovigilance,
l'éducation sanitaire et le conseil génétique et, enfin, des
soins de santé complets. La charte de l'hémophilie insiste
aussi sur d'autres droits tels que celui de la protection
sociale, l'éducation et la formation professionnelle, l'amélioration
des conditions de vie, les soins et l'information ainsi que
les droits des hémophiles "devenus" handicapés qui doivent
bénéficier de mesures spécifiques, notamment en matière d'information,
d'intégration et de réadaptation professionnelle et sociale.
Lire l'article original : http://www.elmoudjahid.com/stories.php?story=03/04/18/9881402
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