En barrant la route à de nombreuses
infections, la vaccination est devenue un besoin élémentaire
de la santé publique. Pourtant, en dépit des nombreuses campagnes
d’information, nombre de parents demeurent rétifs, alors que
certains, très au fait des choses, n’arrivent pas à
trouver sur le marché local le vaccin demandé. Une vérité
devrait pourtant laisser pantois d’aucuns : des millions de personnes
sont sauvées chaque année grâce à la vaccination...
Depuis quelques jours, quelques parents de bébés souffrent
le martyre et galérent pour trouver des vaccins. En effet, quelques
officines de Casablanca visitées par ces parents font face, pour
la plupart, à une pénurie de vaccins, surtout du BCG et du
Varilix. Pour celles qui en disposent, le nombre ne dépasse pas une
ou deux doses. Cette situation laisse d’autant plus perplexe, qu’il
s’agit de sérums élémentaires utilisés
obligatoirement dans les jours qui suivent la naissance. L’importance
du BCG est telle que les nouveau-nés ne peuvent être enregistrés
auprès des autorités, sans un certificat attestant de leur
vaccination.
Naïma Fikri, mère d’un bébé de huit mois,
peine depuis maintenant 15 jours à trouver le Varilix (un vaccin
contre la varicelle). «Je ne sais plus où donner de la tête.
Mon mari n’arrête pas de demander à droite et à
gauche et essaie de voir si une personne peut nous le ramener de l’étranger.
On est vraiment impuissants face à cette situation. Notre pédiatre
aussi. Nous avons fait la tournée des pharmacies, mais en vain...»,
nous a confié cette maman déprimée.
Contactés par nos soins, certains professionnels avancent que cette
pénurie est constatée depuis déjà un moment
et que la situation serait éventuellement due à une volonté
de substitution de ces vaccins par d’autres.
Et d’ajouter : «Si ces vaccins font défaut sur le marché
marocain et que personne ne réagit, c’est qu’il y a anguille
sous roche !».
Chaque année à travers le monde, plus de 10,6 millions d’enfants
perdent la vie. 40% d’entre eux décèdent pendant le
mois qui suit leur mise au monde. Ces chiffres alarmants viennent d’être
dévoilés par l’O.M.S.
Au Maroc, le taux de mortalité maternelle est, certes, «relativement»
bas par rapport à d’autres pays en développement. Il
est estimé à 227 pour 100000 naissances, selon les résultats
de l’enquête sur la population et la santé familiale,
période 2003-2004, publiée par le ministère de la Santé
à l’occasion de la Journée mondiale de la santé.
Vacciner encore et toujours...
Mais si le Maroc est arrivé à limiter le nombre de décès
des enfants en bas âge, c’est grâce à plusieurs
facteurs, à savoir la vaccination contre les maladies infantiles,
l’encouragement des consultations prénatales et l’assistance
des femmes au moment de l’accouchement.
Le Programme élargi de vaccinations mis en place par le ministère
de la Santé stipule que les enfants doivent recevoir le vaccin du
BCG contre la tuberculose, trois doses de DTPer contre la diphtérie,
le tétanos et la coqueluche, trois doses du vaccin contre la polio
et le vaccin contre la rougeole. A un an, les enfants doivent avoir reçu
tous ces vaccins. Dernièrement, le Maroc a joint à son programme
la vaccination contre l’Hépatite B et la rubéole.
Selon l’enquête sur la population et la santé familiale
2003-2004, presque neuf enfants sur 10 (89 %) des enfants de 12 à
23 mois ont été complètement vaccinés et seulement
1,4 % des enfants n’ont reçu aucun de ces vaccins. La couverture
vaccinale varie selon le milieu de résidence : 94 % en milieu urbain
contre 84 % en milieu rural. La promotion de la vaccination fait que le
Maroc a éradiqué la poliomyélite depuis 1988 et la
diphtérie depuis 1992.
Rougeole, varicelle, hépatite B, coqueluche... de nombreuses maladies
dues à des virus qui ne peuvent survivre que dans un organisme humain
pourraient disparaître de la même façon, à condition
d’arriver à vacciner la quasi-totalité de la population.
Ainsi, l’Organisation Mondiale de la Santé organise des journées
de vaccination gigantesque dans les pays en voie de développement,
durant lesquelles des millions d’enfants sont vaccinés.
Faire vacciner son enfant comporte un bénéfice pour lui-même,
mais aussi pour la communauté et pour les générations
futures.
Constamment, de nouveaux vaccins ou de nouvelles combinaisons vaccinales
apparaissent, qui facilitent la vaccination. L’addition d’un
vaccin antihaemophilus aux combinaisons vaccinales classiques a ainsi permis
de supprimer les méningites à haemophilus du nourrisson dans
de nombreux pays occidentaux. La dernière nouveauté en date
est la mise à disposition d’un vaccin hexavalent qui permet
en une injection d’immuniser les nourrissons contre six maladies :
diphtérie, tétanos, polio, coqueluche, haemophilus b et hépatite
B.
Meyssoune Belmaâza
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