Le cancer du côlon, est avec le cancer
du sein et le cancer du poumon, un des cancers les plus répandus
et diagnostiqués dans le monde. Il démarre en général
à partir de polypes bénins et peut mettre plusieurs années
à se développer. Cependant, l’espoir de guérir
reste de mise quand il est pris en charge assez tôt.
Le service d’oncologie Ibn Rochd du CHU de Casablanca, qui a organisé
récemment une rencontre d’information scientifique autour des
actualités thérapeutiques du cancer du colon, a mis l’accent
sur la place importante qu’occupe ce cancer au niveau mondial.
En effet, selon l’O.M.S., quelque 24,6 millions de personnes vivent
actuellement avec un cancer et il est estimé que le nombre serait
de 30 millions en 2020.
Le cancer colorectal est une tumeur maligne du gros intestin (côlon).
Il compte pour environ 11 % des nouveaux cas de cancer. Aux États-Unis,
le cancer colorectal est le deuxième cancer le plus commun chez les
femmes (après le cancer du sein) et le troisième chez l’homme
(après les cancers de la prostate et du poumon).
Du côté des deux sexes, le cancer colorectal vient au troisième
rang dans le monde avec 9 % de tous les cas de cancers. En 2000, il a été
le cancer le plus diagnostiqué avec 945.000 nouveaux cas dans le
monde entier.
Cette maladie est plus fréquente dans les pays occidentaux particulièrement
en Amérique du Nord, Australie, Nouvelle-Zélande et dans une
partie de l’Europe. Dans les pays à risques élevés,
l’incidence entre l’âge de 35 et 60 ans est généralement
plus élevée chez les femmes, tandis que l’incidence
est plus haute chez l’homme après l’âge de 60 ans.
Dans tous les pays du monde, le taux de cancer colorectal est constamment
plus culminant chez les résidents urbains. Le risque chez les personnes
nées et vivant dans les régions rurales est environ 30 % moins
élevé que celui des autres urbains.
Les origines réelles du cancer du colon sont encore méconnues.
Cependant d’après les spécialistes, il y a probablement
une conjonction de facteurs génétiques et environnementaux.
De même, ils ajoutent qu’il semblerait que les autres causes
incluent la sédentarité et une alimentation riche en gras
et pauvre en fibres. Cette dernière joue un rôle dans le développement
de cette maladie.
Quant aux symptômes, ils sont assez frustes au début, et ne
se manifestent que dans les formes avancées, alors qu’on obtient
aujourd’hui de nombreuses guérisons quand il est pris en charge
assez tôt. D’où l’intérêt d’un
dépistage des personnes à risque par la coloscopie, la recherche
de sang dans les selles et l’analyse génétique. Du sang
dans les selles ? Une constipation inhabituelle ? Un proche atteint de cancer
du côlon ? Autant de raisons de consulter sans attendre et de se faire
une coloscopie à la recherche d’un cancer.
Chimiothérapie par voie orale
X-ACT est le nom de la nouvelle étude majeure présentée
à l’ASCO 2005 et qui montre qu’un traitement par la capecitabine,
chiomiothérapie par voie orale, après une intervention chirurgicale,
augmente le nombre de rémissions des patients atteints du cancer
du colon.
Les données de l’essai X-ACT, qui concerne presque 2000 patients,
ont été présentées à l’ASCO et
démontrent que la capecitabine, une chimiothérapie orale ciblée,
devrait remplacer le protocole standard actuel Mayo-Clinic, (5-FU/LV par
voie intraveineuse). Cette étude a mis en évidence, que la
capecitabine réduit de 14 %, le risque de réapparition des
tumeurs (survie sans récidive), par rapport au 5-FU/LV par voie intraveineuse.
Cela signifie que, chaque année, un traitement par Xeloda permettrait
à 4000 patients supplémentaires de ne pas connaître
le tourment associé à une rechute.
A noter que la FDA (Food and Drug Administration) a homologué en
juin 2005 la capecitabine (Xeloda pour le nom commercial) dans le traitement
adjuvant (post chirurgical) du cancer du colon par voie orale. Cette décision
de la FDA va désormais permettre aux patients dont la tumeur primaire
a été entièrement réséquée de
bénéficier d’une chimiothérapie par voie orale
lorsque la préférence est donnée à une monothérapie
par une fluoropyrimidine.
Prévenir, c’est mieux que guérir
S’il n’existe aucun moyen vraiment efficace de prévenir
le cancer du colon, il est toutefois vivement recommandé de manger
des aliments riches en fibres et de boire beaucoup de liquides.
En outre, des recherches ont démontré que des patients qui
reçoivent chaque jour de petites doses d’aspirine (acide acétylsalicylique)
sont moins souvent victimes de cancer du colon.
De même que des chercheurs de l’Institut de recherche contre
les cancers de l’appareil digestif (IRCAD) à Strasbourg a mis
en évidence des «propriétés anti-cancéreuses»,
contre le cancer du colon, de certains constituants de la pomme.
Ils ont ainsi observé qu’un de ces composés «inhibait
la croissance des cellules» et déclenchait «une cascade
de réactions aboutissant à la mort programmée des cellules
cancéreuses».
Cette «mort programmée» (apoptose) est un «phénomène
crucial qui permet l’élimination des cellules cancéreuses».
Aussi, il semblerait que la consommation de viande rouge est reliée
à la fréquence du cancer colorectal.
En fait, selon les résultats de l’étude EPIC (European
Prospective Investigation into Cancer and Nutrition), manger trop de viande
rouge augmente le risque de ce cancer. De ce fait, les personnes consommant
deux plats de viande par jour (viande rouge et charcuterie - portions de
80g ) sont plus exposé au risque.
M.B
Lire
l'article original : http://www.albayane.ma/Detail.asp?article_id=47484