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« Eau, tu n’as ni goût, ni couleur ni arôme,
tu n’est rien pour la vie. Tu es la vie ». 5 millions
de personnes meurent chaque année dans le monde à
cause du manque d’accès à l’eau potable,
soit une personne toute les six secondes. Une personne sur quatre
n’a pas accès à l’eau potable. «
Faire face à la pénurie » a donc été
le thème choisi cette année pour célébrer
la journée mondiale de l’eau le jeudi 22 mars. La pénurie
d’eau est d’abord un problème de santé
publique, car elle est souvent synonyme d’absence d’hygiène.
La diarrhée qui fait 3 millions de victimes par an et le
paludisme qui en tue 2 millions sont deux maladies liées
à l’eau. De même depuis 10 ans, la majorité
des catastrophes naturelles sont liées à l’eau
: tsunamis, crues, sécheresse et pollutions.
Même si depuis le 1er forum mondial de l’eau
qui s’est déroulé à Marrakech en 1997,
il existe une volonté politique pour répondre à
l’urgence dans les états africains, « l’eau
demeure un luxe pour 1 milliard de personnes. L’investissement
nécessaire pour y faire face est relativement faible : c’est
le prix de 5 jours de conflit en Irak ». Une question de priorité
comme l’affirme Jean Lapegue, responsable Eau et assainissement
à l’ONG Action contre la faim. « Lorsque l’eau
se fait rare, les gens peuvent ne pas avoir assez d’eau pour
assurer une hygiène de base : pour se laver, nettoyer leurs
vêtements et prévenir les infections, y compris d’origine
alimentaire ou provoquées par de l’eau contaminée
» affirme Margaret Chan, directrice de l’OMS.
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« Mauvaise planification et protection inadaptée
des zones naturelles ne nous permettent plus d’être
sûrs que l’eau des fleuves continuera de couler »
affirme le Fonds Mondial pour la Nature (WWF). De même la
hausse des températures a des effets dévastateurs
pour la pêche, la ressource en eau et la paix dans la région
africaine aride du Nil-Lac Victoria. Selon les estimations de l’institut
de Stockholm pour l’environnement, la consommation globale
d’eau douce augmente deux fois plus vite que la population,
ce qui signifie qu’en 2025 plus de 60 % des hommes vivront
dans des régions souffrant de pénuries d’eau
significatives.
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L’Algérie fait partie d’une
des régions les plus arides comme on peut le voir sur cette
carte et beaucoup de régions du pays souffrent déjà
de l’absence d’eau potable et on reste tributaire de
la pluviométrie partout dans le pays. Les réserves
de nos barrages remplis à 45,29 % peuvent à peine
faire face à la demande jusqu’à la fin de l’année
en tenant compte du programme de distribution de cette eau qui varie
selon les villes et les quartiers d’un jour sur deux à
un jour sur 3 voire même une fois par semaine dans certaines
régions. Outre la pénurie en rapport avec la situation
géographique du pays, le problème des fuites d’eau
au niveau du réseau de canalisations qui varient de 20 à
60 % du fait du vieillissement et de l’absence d’entretien,
les forages illicites de la nappe phréatique qui finissent
par la polluer et les raccordements illicites au réseau.
Ainsi dans la plaine de la Mitidja, région agricole la mieux
desservie en eau, pas moins de 1000 forages illicites auraient été
effectués. Ces forages anarchiques menacent la nappe phréatique
qui risque pollution et sécheresse. Dans les régions
du sud du pays où la pluviométrie est de l’ordre
de 10 mm/an, la population vit une situation extrêmement pénible.
Un programme de gestion de l’eau doit être
réalisé en urgence. Ce programme devrait aller vers
la réalité des coûts en particulier pour les
entreprises grandes consommatrices d’eau qui devraient payer
l’eau qui est à l’heure actuelle subventionnée.
Lutter contre les forages illicites, entreprendre des travaux de
rénovation du réseau AEP à grande échelle
pour réduire les fuites et également changer les matériaux
utilisés qui sont dans un pourcentage appréciable
de cas nocifs pour la santé. Prévoir un numéro
vert au niveau de chaque daïra afin que le citoyen puisse signaler
toute fuite constatée qui doit être réparée
dans les plus brefs délais. Enfin dans les régions
du littoral établi un programme de dessalement de l’eau
de mer.
par Larbi Abid le 2 avril 2007 |