| La période des vacances
d'été tire à sa fin et la rentrée est
le moment privilégié pour faire le point des sujets
d'actualité sociale. Ainsi un court article paru sur le quotidien
"El Watan" interpelle le ministre de la santé afin
que celui-ci coordonne les fermetures des cabinets médicaux
et de chirurgie dentaire durant la saison estivale.
Certes, lorsqu'une personne est aux prises avec des problèmes
de santé, sa vie peut en être perturbée si elle
ne trouve pas de répondant que ce soit au niveau d’un
cabinet médical et ce qui est plus grave encore au niveau
de l’hôpital. En effet les fermetures de lits (lorsque
ce n’est pas la fermeture de services hospitaliers) durant
l’été est en train de devenir chose courante.
Il est vrai que le personnel (administratif, technique, paramédical
et médical) des hôpitaux doit pouvoir prendre des congés
comme tout le monde mais il est important d’organiser la prise
des congés et l’affectation des personnels de façon
à ce que la prise en charge des patients se fasse dans des
conditions satisfaisantes.
Que voyons nous ?
Certains services procèdent régulièrement durant
l’été à des "travaux", ce qui
permet de fermer le service et de mettre le personnel en congés.
D’autres procèdent à une réduction de
l’activité en fermant une partie de leur service parfois
avec la complicité de l’administration qui peut souffler
vu que réduction de l’activité d’hospitalisation
entraîne nécessairement réduction des besoins
en médicaments consommables etc.
Durant cet été, un service de gynéco-obstétrique
d’un grand CHU d’Alger a été fermé
pour travaux sans prévoir au moins une activité d’obstétrique
au niveau du même CHU (situé dans une agglomération
ayant une très forte densité de population). Les parturientes
de cette agglomération étaient donc orientées
vers les autres structures hospitalières voisines déjà
dépassées et ne pouvant faire face à cet afflux
supplémentaire. Devant cette surcharge, on se retrouvait
parfois avec deux parturientes par lit en salle de travail et dans
certains cas lorsqu’il n’y avait plus de lits disponibles,
c’est sur des chaises ou même dans les couloirs que
les futures mamans attendaient. La consigne donnée de ne
refuser aucune parturiente ne règle pas le problème
puisque c’est d’autres services qui en font les frais
en évacuant leurs malades vers d’autres hôpitaux.
De plus dans ces situations extrêmes le personnel de santé
de l’hôpital tentant de faire face vaille que vaille
fait parfois payer un lourd tribut : césariennes intempestives,
décès de nouveau-nés, etc.
Un hôpital, ce n'est pas comme une usine. On ne peut pas
fermer les portes et laisser les patients dehors même pour
des pathologies non urgentes. Le planning des congés doit
être établi plusieurs mois à l’avance
et étalé sur l’année. Ce planning doit
être connu de toutes les parties concernées car une
fermeture du service de chirurgie se répercute sur les autres
services et vice versa. Un hôpital est un tout. Si l'intendance
ne tourne pas, si le travail administratif ne se fait pas, le personnel
soignant n'est plus rien. Donc dans le planning des congés
le personnel soignant doit avoir son mot à dire sur le congé
du personnel technique et de service.
Professeur Larbi Abid le 9 septembre 2005 |