| Il ne se passe
pratiquement pas une semaine sans qu’un quotidien national
ne signale l’inauguration ou la pose de la 1ère pierre
d’une structure de santé (hôpital, réfection
d’un service hospitalier, polyclinique etc.). De même
le bilan des activités chirurgicales dites de pointe (transplantation
d’organes, chirurgie cardiaque, mise en place d’implants
cochléaires …) est plus que satisfaisant si on compare
les résultats aux prévisions. Le ministère
de la santé prévoie même d’étendre
la greffe d’organes à d’autres CHU du pays.
A la fin de cette année 2007, doit-on en conclure que la
santé en Algérie a pris son envol et que tout est
pour le mieux dans le meilleur des mondes de la santé ?
Hélas, le citoyen algérien continue à éprouver
d’importantes difficultés pour pouvoir être pris
en charge dans le secteur hospitalier car l’activité
hospitalière ne peut se résumer aux seuls 13 CHU du
pays (et bientôt un 14ème à Béjaia) ni
aux EHS pour qui on a ouvert la corne d’abondance reléguant
les autres hôpitaux à un rôle subalterne alors
que beaucoup d’entre eux avaient des équipes médicales
et paramédicales performantes, équipes dont on a coupé
les ailes et qui font contre mauvaise fortune bon cœur en essayant
de faire semblant de travailler. Plusieurs membres de ces équipes
démissionnent sans que cela n’émeuvent qui que
ce soit.
Alors qu’on parle de ramener les compétences algériennes
à l’étranger, on ne fait rien pour retenir celles
qui sont sur place.
Pour ce qui est des hôpitaux, on a l’impression que
pour pouvoir mettre les bouchées doubles au niveau des CHU
et EHS, on ait décidé de laisser tomber les autres
hôpitaux bien que certains d’entre eux étaient
hospitalo-universitaires. Cela ressemble à s’y méprendre
à ce qui se passe dans certains pays européens où
des entreprises ferment ou se délocalisent, en vue d’améliorer
les prestations et surtout le profit quitte à mettre des
gens au chômage. L’hôpital n’est certes
pas une entreprise mais un établissement public, mais justement
dans la conception de la comptabilité algérienne,
le médecin public a une activité non productive.
Par Larbi Abid le 24 décembre 2007 |