Santé Algérie Algérie

Sommaire
Page d'accueil
Présentation du site
La bibliothèque de Santé Maghreb
Les éditos du professeur Abid
Communications scientifiques
Histoire de l'Algérie médicale
Agenda scientifique algérien
Point de vue
Revues et ouvrages médicaux
Associations algériennes de la santé
Annuaire de la santé en Afrique
Forum de la santé en Afrique
Qui contacter ?


Point de vue

L’école de médecine d’Alger : 150 ans d’histoire : de 1857 à 2007
Par L. Abid - Professeur à la Faculté de Médecine d’Alger
(14 novembre 2006)

 

Professeur L. Abid

L. Abid
Professeur à la Faculté de Médecine d’Alger


A l'occasion du 150ème anniversaire de la création de l'école de Médecine d'Alger , le professeur ABID a essayé de retracer les principales étapes de cette école depuis la rue René Caillé dans le quartier Bab Azzouz jusqu'à ce jour où elle est eclatée sur plusieurs sites. Il se peut qu'au cours de l'évocation de certains évènements des erreurs se soient glissées. De même que nous ayons omis de citer des noms de personnalités ayant fait cette faculté. Aussi nous demandons à tous ceux et toutes celles qui peuvent nous aider à compléter cette histoire de bien vouloir se rapprocher du site

www.santemaghreb.com/algerie

 


 

 

On ne peut parler de l’école de médecine d’Alger sans revenir à l’enseignement primaire et secondaire en Algérie.

L'Ecole coranique. (NasrEddine Dinet)
L'Ecole coranique (NasrEddine Dinet)

 

L’enseignement avant l’occupation française


En 1830, il y avait plus de 100 écoles à Alger, quatre-vingt-six à Constantine, cinquante à Tlemcen. Alger et Constantine avaient chacune 6 à 7 collèges secondaires et l’Algérie était dotée de 10 zaouïas. Chaque village ou groupe de hameaux avait son école. Le colonisateur français pour diminuer l’influence religieuse, pierre d’achoppement face à la conquête ferma ces écoles au fur et à mesure de la colonisation du territoire algérien.

 

Les débuts de l’enseignement français en Algérie

Limites de la ville d’Alger en 1830

Limites de la ville d’Alger en 1830

C’est en 1832 que l’intendant civil de la régence d’Alger Genty de Bussy crée les premières écoles publiques pour les enfants des familles françaises et européennes nouvellement installées en Algérie. En effet, comme le rappelle A. Abdi, la France, institua l’enseignement en Algérie pour ses enfants et les enfants des nations qui contribuèrent au peuplement de l’Algérie. Pour l’indigène, le musulman, c'est clair, « il n'y a pas d’équivoque : Instruire nos sujets, c'est les rendre aujourd'hui nos égaux, demain maîtres ; pas d'écoles indigènes, pas d'instruction, quelque élémentaire qu'elle soit... » On ferma alors les Medersas, les écoles coraniques, les Zaouïas. En 1832, trois écoles françaises furent ouvertes et une autre spécialement affectée aux enfants israélites. En 1833 on ouvrit à Oran une école d’enseignement mutuel et en 1934 on fonda des écoles primaires à Annaba, Kouba et Delly Ibrahim pour les enfants des premiers villages de colonisation et ce n’est qu’en 1836 qu’on mettra en place une école primaire française pour les enfants autochtones arabes suivie l’année 1837 par une école pour adulte.

La première école libre privée a ouvert ses portes en 1833 dans le quartier de Souk El Djemaa (Rue Socgémah) avec une vingtaine d’élève. En 1835, on reconnut que l’instruction primaire ne suffisait plus aux besoins de la population européenne d’Alger. En conséquence, le conseil municipal vota, au mois de janvier 1835, les fonds nécessaires pour la création d’un collège qui verra le jour en avril 1835, non loin de la mosquée de la pêcherie.

En 1832, le nombre d’élèves était de 73. En 1836, date de création des écoles indigènes, le nombre de garçons scolarisés était de 1019 (862 européens, 130 indigènes et 27 juifs). La population d'Alger comptait alors 20 à 30000 indigènes pour moins de 5000 Européens. En avril 1839, par ordonnance royale, l’instruction publique est rattachée au ministère de la guerre. Cette même année, la classe la plus élevée du Collège est la troisième et en 1847, ce collège comptait 165 élèves.
En 1842 on dénombrait pour toute l’Algérie :

  1. 2300 enfants de colons dans les écoles d’Alger, d’Oran et Annaba
  2. 1100 enfants autochtones (juifs et musulmans) dans les écoles indigènes franco-arabes dont le nombre n’excédait pas 13 pour toute l’Algérie en 1880.

En 1848, une refonte des académies de France par le ministre de l’instruction publique et des cultes, transforme les 27 académies existant en métropole en 19 et crée l’académie d’Alger qui comprendra les provinces d’Alger, d’Oran et de Constantine. En septembre de la même année, un arrêté exécutif érige le Collège d’Alger en Lycée.

En décembre 1860, un décret précisera que l’instruction et les cultes en Algérie seront du ressort du ministère de l’instruction publique comme en France à l’exception des écoles franco-arabe et des écoles indigènes qui resteront dans l’attribution du gouverneur général de l’Algérie.

En 1862 commencera la construction d’un nouveau lycée qui sera terminé en 1868. Ce grand lycée, appelé d’abord Lycée National puis Lycée Bugeaud et actuellement lycée Emir Abdelkader, fut érigé à la sortie des remparts près de la porte Bab El Oued sur l’emplacement de la Zaouïa de Sidi Salem et de la mosquée "Djamâ El Mocella" qui étaient, depuis 1830, affectées au casernement militaire.

Zaouïa de Sidi Salem et ‘’ Djamâ El Mocella’’
Grand Lycée d’Alger
Zaouïa de Sidi Salem et " Djamâ El Mocella "
  Grand Lycée d’Alger

En août 1875, l’enseignement secondaire en Algérie comprend un lycée et sept collèges fréquentés par 2000 élèves environ (1460 français, 226 musulmans, 212 israélites et 150 étrangers) L’enseignement primaire comprenait alors 626 écoles et salles de cours fréquentés par 57 000 élèves (20 % de la population). Le décret du mois d’août 1875 maintiendra les écoles arabo-françaises et les écoles musulmanes, sous l’autorité du gouverneur général qui peut ainsi s’opposer à l’ouverture d’établissements d’enseignement libre dans l’intérêt de l’ordre public.

En 1886, le lycée d’Alger ne suffisant plus pour accueillir les enfants des colons, on décide d’ouvrir un second à Ben Aknoun puis un deuxième en 1898 dénommé Lycée Félix Gautier (qu’on appellera petit lycée par comparaison avec son aîné le lycée Bugeaud). C’est l’actuel lycée Bouatoura d’El Biar.

L’école de médecine d’Alger et les débuts de l’enseignement supérieur en Algérie

L’importance prise par l’enseignement secondaire en Algérie conduit le gouverneur à établir, à Alger, l’enseignement supérieur par la loi du 20 décembre 1879. Cette loi voté par le sénat précise dans son article premier : « Il est créé, à Alger, à côté de l’Ecole de Médecine et de Pharmacie, déjà existante, une Ecole préparatoire à l’enseignement du Droit, une Ecole préparatoire à l’enseignement des Sciences, une Ecole préparatoire à l’enseignement supérieur des Lettres ». Les écoles supérieures d’Alger seront transformées en Université en 1909.

Mais comme pour l’enseignement primaire et secondaire, l’enseignement supérieur est né à partir d'une optique coloniale bien déterminée : « Donner un enseignement à tous les enfants des nations qui contribuent au peuplement de l'Algérie ». Un nombre très limité d'algériens autochtones put franchir le seuil de ces écoles supérieures tout au long de la période coloniale.

Avant 1879, l’enseignement supérieur existait déjà mais n’avait qu’un seul établissement en Algérie, c’était l’Ecole préparatoire de médecine et de pharmacie d’Alger créée par le décret du 3 août 1857, à la demande de la Société de Médecine d’Alger que dirigeait le médecin colonel Bertherand. Elle connut une évolution qui aboutit à sa transformation en Ecole Supérieure de Médecine et de Pharmacie en application de la Loi du 20 décembre 1879. Elle fut placée sous les auspices de la Faculté de Médecine de Montpellier, qui délivrait les diplômes.

Cette école de médecine était l’héritière de l’école d’instruction de l’armée qu’organisa, en 1832, Baudens (1804-1857), à l’hôpital du Dey de Bab El Oued. Les premiers cours de physiologie et d’anatomie de cette première école furent donnés en janvier 1832, respectivement, par le pharmacien major Stephanopoli et le chirurgien major Baudens. Inauguré officiellement en 1833, l’enseignement médical fut dispensé par les médecins militaires, et réservé aux étudiants européens. L'intendant Genty de Bussy, qui avait également la responsabilité de l'hygiène et de la santé dans la Régence, signa, le 12 septembre 1832, un décret instituant à Alger un jury de médecine appelé à examiner et à recevoir les candidats français et étrangers aspirant à devenir pharmaciens.

Ce jury, composé d'un médecin, d'un chirurgien et de trois pharmaciens militaires, pouvait délivrer un diplôme de pharmacien permettant d'exercer la pharmacie dans la Régence d’Alger. En date du 10 juin 1833, une note du Ministre de la Guerre a ouvert les cours de l’hôpital d’instruction du Dey aux étudiants turcs, maures et juifs mais le maréchal Valée, trouvant cet établissement coûteux et inutile, mit fin à son existence en 1836. Néanmoins la procédure de réception au grade de pharmacien fut maintenue jusqu’au 12 juillet 1851 où un décret institua des Jurys médicaux dans chacune des trois provinces (Alger, Oran, Constantine).

En ce qui concerne le contrôle de la pharmacie civile, dès 1835, une commission de trois professeurs de l'hôpital militaire d'instruction fut chargée d'authentifier les diplômes des médecins et des pharmaciens s'installant en Algérie, et de procéder à la visite des officines de pharmacie.
Le dépôt de médicament du Service de service de santé militaire installé initialement à l’hôpital Caratine à Bab Azoun fut transformé en Pharmacie centrale de l'armée et déplacée vers l’hôpital du Dey.

En 1852, fut créé à Alger un Laboratoire central d'analyses pour l'exploitation des ressources territoriales et le développement des tentatives industrielles. Tous les pharmaciens militaires servant en Algérie devaient y faire un stage. Il fut remplacé par un laboratoire régional installé à l'hôpital du Dey et annexé à la Pharmacie.

Parmi les pharmaciens pionniers de cette époque, on peut citer Berteuil qui servit en Algérie de 1830 à 1841 et qui a publié un ouvrage en deux volumes sur l'histoire, les moeurs, les coutumes, l'industrie et l'agriculture de l'Algérie où il écrit : « Si depuis la pacification,  le médecin n’a pas pris dans la famille arabe l’influence et le rôle que lui ont donné les peuples de l’Europe, la faute en revient pour une très grande part,  au système de cantonnement qui a parqué les indigènes loin de tout contact avec les populations civiles. ...Que la loi française contre l’exercice illégal de la médecine soit rigoureusement appliquée aux charlatans indigènes et le médecin colonial ne tardera pas à devenir le plus puissant ouvrier de la fusion franco-arabe » ; on peut également citer Marie, qui a étudié les eaux de Hammam Mélouane ou encore Meurdefroy qui s’est intéressé à l’étude des sangsues dont Faseuille et Claude s'occupèrent à Boufarik ; Eugène Million médecin et également pharmacien qui fit des études sur le blé, les plantes aromatiques et les eaux minérales dont celles du Frais Vallon.

À partir de 1855, sous l'influence du médecin colonel Bertherand, fut créée la seconde école de médecine et de chirurgie d'Alger. Les débuts de cette école, simplement préparatoire d'abord, furent des plus modestes. Ainsi, après l’hôpital du Dey à Bab El Oued, le 21 mai 1855, c'est à l'hôpital de Mustapha que des cours de médecine seront donnés à des étudiants. Cette école devait rester longtemps militaire, mais peu à peu, civils d'origine et militaires retirés du service actif allaient en fournir les cadres, tandis que les étudiants indigènes commençaient à la fréquenter, juifs surtout.

Deux ans plus tard, le décret du 4 août 1857 instituait une école de médecine à Alger. Douze enseignants se partageaient un local situé au 4 de la rue René Caillé (ruelle perpendiculaire à la rue Bab Azoun). Mais ce n'est que le 18 janvier 1859 que seront inaugurés à Mustapha les cours officiels, lorsque le conseil municipal d'Alger, par une délibération spéciale, eut voté les crédits nécessaires pour réaliser les dispositions visées par le décret qui donnait à la ville d'Alger, la charge de l'entretien des bâtiments, des dépenses du personnel et du matériel.

Le personnel de l'école se composait alors de huit professeurs titulaires, de quatre suppléants, d'un chef de travaux anatomiques, d'un prosecteur et d'un préparateur. En ce qui concernait les sessions d'examens, l'école était placée, selon ce décret, dans la circonscription de la Faculté de médecine et de l'École supérieure de pharmacie de Montpellier. Les diplômes que l'école était autorisée à délivrer étaient ceux " d'officiers de santé, pharmaciens et sages-femmes de 2e classe ". Aux titulaires de ces diplômes, était imposée l'obligation du visa du diplôme ou du certificat d'aptitude par la préfecture de la province où ils entendaient exercer leur profession. Un nouveau visa était nécessaire s'ils changeaient de résidence.

Les indigènes musulmans ayant reçu l'enseignement du degré supérieur dans les écoles franco-arabes étaient admis à l'école sur la production d'un certificat d'études visé par l'autorité administrative et sur l'attestation donnée après examen par le directeur du collège impérial arabe-français certifiant qu'ils étaient en mesure de suivre les cours. Les étrangers, chrétiens ou musulmans, étaient également admis à l’école, s'ils justifiaient de leur aptitude à suivre les cours.

Le premier directeur de l’école de médecine est le docteur Bertherand (1858-1862) qui sera remplacé par l’anatomiste Patin (1863-1868) qui dirigea le laboratoire d’anatomie de1859 à 1868, puis par le docteur Trollier (1868-1870). En 1859 lors de la première rentrée, le docteur Delacroix annonçait : « L'école d’Alger se distinguera des Ecoles de France par la composition de son personnel étudiant. A coté des élèves français, viendront s'asseoir dans nos salles de cours, les jeunes gens de toutes les nations qui contribuent au peuplement de l’Algérie ». D'année en année le nombre d'étudiants augmentait et la première étudiante en médecine fût Melle Rengguer en 1865. Pour ce qui est des étudiantes musulmanes, ce n’est que 75 ans plus tard qu’on verra la première étudiante en médecine musulmane qui n’est autre que Aldjia Inoureddine future Mme Benallègue,  professeur de pédiatrie.

Le docteur Texier prendra, en 1870 la direction de l’école jusqu’en 1895. Lors de la rentrée solennelle de novembre 1878, il présentera le bilan de la formation de l’école de médecine des 3 dernières années : 85 docteurs en médecine reçus dont 22 installés en Algérie ; 218 praticiens de 2ème classe dont 95 pharmaciens, 71 sages-femmes, 46 officiers de santé et 3 herboristes.

Le conseil de l’école de médecine, réuni en séance plénière le 26 février 1885, pour rendre hommage au docteur Bertherand, premier directeur de l’école, décida de faire apposer sur le grand amphithéâtre de clinique, une plaque portant ces mots : " À Bertherand, fondateur de l'École de médecine ".
Le décret du 10 janvier 1880, complété par celui du 5 juin 1880, fixera à douze le nombre des chaires et à six le nombre des suppléants de l'école de médecine.

Ce dernier décret réglera le mode de nomination du personnel enseignant. Le directeur, choisi parmi les titulaires, devait être nommé pour trois ans, par le ministre ; les professeurs titulaires, nommés par le ministre sur des présentations faites par la section permanente du Conseil supérieur de l'Instruction publique; les chargés de cours, nommés directement par le ministre; les suppléants et chefs de travaux, nommés après concours. Enfin, un décret du 3 août 1880 vint déterminer les conditions dans lesquelles pourrait être décerné, par l'école préparatoire de médecine et de pharmacie, le certificat d'aptitude permettant d'exercer la médecine en territoire indigène. L'enseignement devait durer quatre semestres consécutifs, après lesquels seraient subis les examens probatoires.

Le décret du 24 décembre 1881 réglementa la situation des professeurs et des agrégés. Aux termes de ce décret, les agrégés inscrits à l'âge de 30 ans, prenaient rang d'ancienneté sur la liste de classement des professeurs de faculté et étaient soumis aux mêmes règles d'avancement que les professeurs de métropole.

Le local de la rue Renée Caillé ne suffisant plus, de nouvelles classes sont logées au 3 rue Scipion dans une vieille maison mauresque, puis se dispersent sur différents sites plus éloignés, en ville, au fur et à mesure de la création de nouveaux services au point qu'il apparut peu à peu indispensable de regrouper tous ces éléments dans un lieu unique définitif. On choisit alors de bâtir un édifice neuf au lieu dit le "champ de navets" situé au "Camp d'Isly", carrément hors des murs de la ville. Le bâtiment actuel fut construit, avec ses quatre ailes, et inauguré le 3 novembre 1887 par le gouverneur Tirman.

Les Facultés d’Alger Les Facultés d’Alger

Les Facultés d’Alger

Le professeur Bruch, chirurgien et ophtalmologiste, dirigera l’école de médecine pendant trois mandats consécutifs (1895-1904) avant de céder le poste à un autre chirurgien, le professeur Curtillet (1904-1909) qui assistera à l’élévation de cette école au rang de faculté. Il sera d’ailleurs également le premier doyen de 1910 à 1922.

Parmi les premiers enseignants on peut citer Christophe Alcantara, fils de colon (famille mahonnaise implantée en Algérie), un des premiers élèves du Collège d’Alger, qui après des études de médecine en métropole, entre en 1863 comme professeur suppléant des chaires de chirurgie et d’accouchement. Il sera nommé par décret professeur titulaire de pathologie externe en mai 1869 et enseignera pendant dix ans jusqu’en 1879 où il donnera sa démission de la chaire qu’il occupait, pour raison de santé. Un autre grand nom de la médecine, Edmond Bruch (dont une rue à Belcourt porte toujours le nom) y fit toute sa carrière de 1859 à 1904 d’abord en qualité d’enseignant puis en qualité de directeur de l’école de médecine et de professeur de chaire de chirurgie puis de chaire magistrale de chirurgie ophtalmologique. Sédillot (1869), qui avait créé le mot microbe en l’honneur de Louis Pasteur, y développa la chirurgie. Un pavillon de l’hôpital Mustapha (actuelle clinique Ali El Okbi) portera longtemps son nom, Paulin Trollard (1842-1910) qui dirigea le laboratoire d’anatomie de 1869 à 1910, remplacé par Jean Amédée Weber (1877-1966) de 1910 à 1917.

Pour l’enseignement de la pharmacie, on peut citer Roucher, qui fut le premier professeur de chimie de l'École de médecine de 1858 à 1875 ; Jaillard, pharmacien et médecin, brillant chimiste, toxicologue et hygiéniste, qui occupa lui aussi la chaire de chimie à l'École d'Alger ; Fleury qui fut nommé dans cette même école professeur de pharmacie et de matière médicale en 1890, Aimé Jules Battandier (1848-1922), pharmacien chef à l'hôpital Mustapha et professeur à l'école de médecine qui publia un important ouvrage sur la flore d’Algérie entre 1888 et 1911 et dont deux orchidées portent le nom (Battandiera et Dactylorhiza battandieri), Louis Charles Trabut (1853-1929)qui fit ses études de médecine à Alger avant de devenir professeur de chaire d’histoire naturelle à la faculté de médecine et de pharmacie d’Alger et médecin consultant à l’hôpital Mustapha et qui publia en 1935 (à titre posthume) un Répertoire des noms indigènes des plantes. Il sera à l’origine de la fondation de l’école d’agriculture d’El Harrach ; René Maire (1878-1949), éminent cytologiste et mycologue qui prendra la succession de Battandier.

Pr. E. Bruch
Pr. R. Bourgeon
Pr. De Ribet
Pr. Maillard

Pr. E. Bruch

Pr. R. Bourgeon
Pr. De Ribet
Pr. Maillard

Durant l’année universitaire 1886-1887, on comptait 278 inscriptions pour le grade de médecin, 18 pour le grade de pharmacien de 1ère classe et 108 pour le grade de pharmacien de 2ème classe. Parmi les étudiants musulmans de cette période, il y a lieu de mentionner le nom de Benlarbey Mohamed Seghir (1850-1939), premier médecin algérien, qui entama ses études à Alger avant de partir à Paris où il soutient sa thèse en 1884 (il en sera de même en Tunisie où le premier médecin tunisien formé à la médecine française entre en fonction en 1894 et ce n’est que 34 ans plus tard qu’on pourra compter 10 médecins dans ce pays arabe voisin sous protectorat français).

En 1895, sur un nombre total d’étudiants de 588 pour les 4 écoles supérieures, le nombre d’étudiants inscrits en Médecine et Pharmacie était de 177 (30 %). Il faut rappeler qu’à cette époque les écoles supérieures d’Alger ne pouvaient délivrer ni diplôme de doctorat ni de licence. La loi du 30 décembre 1909 votée par les députés allait permettre d’ériger les 4 écoles de Médecine et Pharmacie, Droit, Sciences et Lettres en Université et permettre également à la Faculté de Médecine et de Pharmacie d’Alger ainsi créée d’acquérir son autonomie par rapport à la faculté de médecine de Montpellier pour la délivrance des diplômes. Cette année là (1909), on comptait 100 étudiants inscrits en médecine, 16 en pharmacie et 23 pour les études de sage-femme.

Après cette loi de 1909, le décret du 4 janvier 1910 organise l'enseignement. La nouvelle faculté mixte de médecine et de pharmacie d'Alger disposait de seize chaires magistrales. Depuis cette date, de multiples créations, modifications ou transformations de chaires ont été faites. En effet sous la direction du doyen Curtillet (1863-1933) qui resta à ce poste jusqu’en 1922 ; le développement de la faculté de médecine fut rapide, marqué, en particulier en chirurgie, par la figure d'Eugène Vincent (angine de Vincent), le véritable père de l'école chirurgicale d’Alger.

 

 

Suite >>

Valid XHTML 1.0! Valid CSS!

NG COM Santé Tropicale
Copyright © 2006 NG COM Santé tropicale. Tous droits réservés.