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Le soin du traumatisme inaccessible - L'express de Madagascar - Madagascar - 02/10/2012
L'accès à un soin de qualité reste un luxe. Et ce, malgré l'annonce de la « gratuité » et la réduction du coût de traitement dans les centres hospitaliers. Allongé sur le lit du service de neurochirurgie de l'hôpital Joseph Ravoahangy Andrianavalona (HJRA) depuis trois mois, l'époux de Lala Rakotondrahaja attend son évacuation à l'étranger pour bénéficier des deux implants de vis au niveau de sa nuque après son accident de voiture.

« Nous avons dépensé 1 400 000 ariary pour effectuer le scanner, la radiologie et tous les bilans nécessaires. Une fois ces analyses effectuées, le médecin nous a dit qu'il faut une évacuation à l'étranger pour le sauver. L'implant d'une seule vis au niveau de sa nuque coûte quatre millions d'ariary, alors qu'il en a besoin de deux », relate Lala Rakotondrahaja.
Se trouvant dans un total embarras pour trouver au moins 8 000 000 d'ariary, frais de déplacement non compris, Lala Rakotondrahaja et son époux ont eu comme l'impression d'obtenir une amnistie lorsque le professeur Clément Andriamamonjy, président de la Société malgache de neurochirurgie (SMN), leur a annoncé que le patient va bénéficier d'une opération gratuite. Cette opération entre dans le cadre de la célébration du 40e anniversaire de la SMN qui a débuté, hier, à l'HJRA.

Taux faible

Mais cette opération n'est pas le fruit du hasard ni de la bonne humeur des médecins. « Le matériel employé dans notre service est vieux de 40 ans. Il est assez difficile de satisfaire tous les traitements demandés. Ce nouveau matériel permettant d'opérer une colonne vertébrale et d'implanter une vis, qui coûte 100 millions d'ariary, est arrivé à Madagascar grâce à la coopération avec différents partenaires », explique Clément Andriamamonjy.
Malgré cette vétusté du matériel, le président de la SMN se veut rassurant. « Sur les 350 interventions effectuées chaque année, dont le traumatisme crânien dû aux accidents sur la voie publique est le plus nombreux, le taux de décès reste faible avec quatre pour cent », ajoute toujours Clément Andriamamonjy. Il n'y a pas que le matériel qui fait défaut, cependant. Comme tous les autres services hospitaliers à Madagascar, il n'y a que quelques médecins référents dans ce domaine. « Cinq neurochirurgiens assurent le soin des 20 millions de Malgaches, aujourd'hui », conclut le professeur Mamy Rabarijaona.

Vonjy Radasimalala

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