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CamerounDr Junior Mboua Bitoungui : la chéloïde est liée à la personne

Mutations | Cameroun | 13/07/2011 | Lire l'article original

Selon ce dermatologue, les personnes qui en souffrent le plus sont celles qui ont une prédisposition génétique à développer ces excroissances du derme.

Comment définissez-vous la chéloïde ?

Pour parler de chéloïde, il faut d’abord se situer dans la cicatrisation des plaies. La cicatrisation qui est le processus par lequel une lésion sur la peau se répare. Maintenant, il existe ce que l’on appelle «cicatrices vicieuses» parmi lesquelles les cicatrices en excès constituées des cicatrices hypertrophiques et des cicatrices chéloïdiennes. La chéloïde est donc une tumeur fibreuse bénigne (non cancéreuse) de la peau.

Quelle différence faites-vous entre une cicatrice chéloïde et une cicatrice hypertrophique ?

En réalité, dans le processus de cicatrice chéloïde, le processus de cicatrisation n’a pas tendance à s’arrêter parce que l’organisme est conçu de manière à ce que lorsqu’un processus de cicatrisation commence, à un moment donné, on arrive à maturation et nous avons une cicatrisation normale. Mais dans le cadre de la chéloïde, la cicatrice continue à proliférer, à grandir sans jamais redresser, et donc finalement, vous allez avoir une espèce de lésion qui dépasse largement le niveau de la cicatrice qui s’étend dans les côtés : dans notre jargon, on appelle cela «pattes de crabe», un peu comme les pseudopodes qui viennent autour de la lésion initiale. Par opposition, la cicatrice hypertrophique va grandir et, à un moment donné, va redresser.

Comment se présente une chéloïde ?

Dans la présentation clinique de la chéloïde, on a généralement une lésion qui est de nature tumorale qui se développe au-dessus de la cicatrice. C’est donc une lésion extrêmement ferme quand on la palpe, et qui a tendance à déborder la zone de cicatrice. Il y a des signes qui peuvent s’y ajouter : elle peut être prurigineuse, elle peut entraîner des douleurs chez certaines personnes. Et puis, dans la clinique, vous avez un corps étranger qui peut suppurer à un moment.

Qu’est ce qui selon vous, peut causer cette cicatrisation anormale ?

Les causes réelles ne sont pas connues, mais on pense que la chéloïde est liée à la personne, c’est-à-dire qu’il faut avoir une prédisposition génétique à développer les chéloïdes. Vous allez trouver des familles dans lesquelles il y a des personnes avec plein de chéloïdes. A ces causes, on peut ajouter celles liées à la cicatrisation de l’acné, des piercings et toute lésion qui cicatrice. Il faut aussi ajouter les chéloïdes spontanées qui se développent sur une zone de peau qui n’a jamais eu de lésion.

Existe-il propices au développement de ces cicatrices ?

Les chéloïdes peuvent s’installer n’importe où sur la peau. Majoritairement, nous observons des chéloïdes au niveau de la poitrine, des oreilles et dans le dos. Et puis viennent les autres parties du corps comme le ventre, les jambes… Elles peuvent se former pendant la cicatrisation de la lésion, ou pendre plusieurs mois et même des années à se développer.

En quoi consiste le traitement ?

Il existe d’abord certaines techniques jugées préventives. Il s’agit de l’application d’une crème hydratante pour maintenir la souplesse de la peau et diminuer la rougeur et la vascularisation ; des massages ou pétrissages pour casser la fibrose de la cicatrice, la pressothéraphie ou élasthothérapie réalisée avec des vêtements sur mesure à garder au moins 12 heures par jour pendant un an. Puis, quand la cicatrice est déjà boursouflée et douloureuse, on procède à une exérèse (amputation) chirurgicale au laser, ce qui a souvent des risques de récidive, les causes de l’évolution hypertrophique n’étant pas connues On peut également faire recours aux injections corticoïdes à l’intérieur de la cicatrice. Cette pratique est assez douloureuse, et l’utilisation de corticoïde ne peut pas être recommandée chez certains patients. Et enfin, vous avez l’application de films silicone.

Propos recueillis par Mélanie Ambombo Tsala (Stagiaire)

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