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Revue de presse de Santé tropicale

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Les Mauriciens font davantage de résistance aux antibiotiques

L'Express | Maurice | 03/12/2019 | Lire l'article original

À Maurice comme ailleurs, la résistance aux antibiotiques s’accentue depuis une décennie. Une conférence y était consacrée récemment. Pourquoi ces médicaments deviennent-ils inefficaces face aux infections bactériennes ? Quels en sont les dangers ? Explications.

«Depuis ces dix dernières années, on constate que les Mauriciens sont plus résistants à certains types d’antibiotiques. Et ce, pour les patients admis à l’unité des soins intensifs dans un état critique», confie le Dr Dooshanveer Nuckchady, spécialiste en médecine interne et infectiologie. Il a animé une conférence à ce sujet la semaine dernière. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la résistance aux antibiotiques constitue une menace majeure pour la santé.

D’ailleurs, au dire d’Arshad Saroar, pharmacien, cette résistance atteint un niveau dangereusement élevé dans le monde. Et à Maurice ? Plusieurs études menées entre 2010 à 2014 confirment des taux inquiétants : «Le premier symposium des chercheurs médicaux et biomédicaux en 2011 a signalé un problème croissant de résistance qui s’aggravera sans des mesures appropriées.» Des données plus récentes ne sont pas disponibles pour mesurer l’ampleur, sauf le constat des médecins.

Par conséquent, des infections comme la pneumonie et la tuberculose, entre autres, deviennent plus difficiles à traiter car les antibiotiques perdent de leur efficacité. D’autres répercussions comme une hospitalisation prolongée, l’augmentation des dépenses médicales avec la combinaison d’autres traitements et la hausse de la mortalité sont récurrentes.

À quoi est due une telle résistance ? Plusieurs raisons y sont liées. Déjà, beaucoup de patients ont automatiquement recours aux antibiotiques pour tous les maux. Or, ceux-ci agissent sur des infections bactériennes et non virales comme la grippe. «Le mauvais usage de ces médicaments chez l’homme et l’animal accélère le processus de résistance», déclare Arshad Saroar. D’ailleurs, la consommation mondiale d’antibiotiques a augmenté de 65 %, de 2000 à 2015. Cela représente 34,8 milliards de doses contre 21,1 quotidiennement.

Ces abus sont décriés par le Dr Ishaq Jowahir, de l’association des médecins privés. «Plusieurs patients en achètent sans prescription alors que c’est interdit. Il n’y a pas assez de contrôle. Puis, dès qu’on a une petite grippe, on court vers les antibiotiques. Il faut cesser avec ce réflexe», affirme-t-il. De plus, dans le service hospitalier, il évoque le fait que ce type de médicament est prescrit à tort et à travers. Par exemple, pour des infections urinaires ou des blessures, l’antibiotique agit comme passe-partout. Or, il ne doit être prodigué qu’en cas de nécessité.
Pas le bon dosage

Une autre raison de la résistance est le dosage. Selon nos interlocuteurs, bon nombre de patients ne respectent pas les consignes. «Certains en prennent plus qu’il n’en faut. D’autres ne les utilisent que lors des premiers jours puis arrêtent. Nous avons aussi des cas où les conditions de prise ne sont pas respectées», explique le médecin. Par exemple, avaler certains médicaments avec du lait détruit l’antibiotique et en empêche l’absorption. D’autres doivent être consommés à jeun ou après un repas, mais en vain. Ces facteurs influent donc sur la résistance.

«Même si le patient sent une amélioration après quelques jours, il doit compléter tout son traitement. Quand vous ne tuez pas un microbe intégralement, il reviendra à la charge», confie une source du ministère de la Santé. De son côté, Ramesh Purrunsingh, porte-parole et animateur du Comité amélioration de la santé, appelle à considérer une alternative aux antibiotiques. «Il est impératif que seul un spécialiste ou généraliste prescrive ces médicaments. D’autres options comme la médecine ayurvédique ou l’acuponcture sont efficaces. Et elles ne contiennent pas d’antibiotiques», souligne-t-il.

Quels sont les dangers de la résistance aux antibiotiques ? «Le surdosage affecte les reins. Cela peut aussi atteindre le centre nerveux, en fonction du dosage», indique le Dr Dooshanveer Nuckchady. Et plus le métabolisme du patient est résistant au traitement, plus celui-ci encourt des risques de décès. Quelles sont donc les stratégies contre ce mal ?

D’abord, il faut encourager le public à adopter de meilleures pratiques afin de freiner la résistance aux antibiotiques, soutient le pharmacien. Le Dr Dooshanveer Nuckchady évoque plus de contrôle et de prévention dans les hôpitaux par les médecins et infirmiers. Quant aux pharmacies qui en vendent sans prescription, des interventions plus régulières sont urgentes, estiment nos interlocuteurs. D’emblée, ils citent la Pharmacy Act qui proscrit une telle pratique. Mais la réalité est tout autre. «Des inspections se font par les autorités mais elles doivent être beaucoup plusrégulières», font-ils ressortir.

En chiffres

10%. C’est la proportion consacrée à l’achat d’antibiotiques par rapport au budget annuel des médicaments. C’est ce qu’affirme une source du ministère de la Santé. Bien que des chiffres plus récents ne soient pas disponibles, lors d’une intervention dans une semaine de sensibilisation à l’usage des antibiotiques en 2016, il avait été évoqué qu’en 2015, Maurice avait utilisé 41 000 532 unités d’antibiotiques. De ce taux, environ 40 millions avaient été utilisées dans les hôpitaux publics. Et selon le site export.gov en 2018, Maurice importait principalement les médicaments de l’Inde (28 %), suivi de la France (16 %), de l’Afrique du Sud et de l’Allemagne (8 %) et du Royaume-Uni (6 %), entre autres.

Par Melhia Bissière

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