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CamerounSida : des labos font de la résistance

Cameroon tribune | Cameroun | 13/01/2006 | Lire l'article original

Contrairement aux instituts publics, les structures privées tardent à appliquer les nouveaux tarifs des examens biologiques. Afin de permettre un meilleur accès des personnes malades du sida aux traitements, le gouvernement réduisait le 27 décembre dernier le coût des examens biologiques, qui passait de 16 000 à 3000 Fcfa par personne et par semestre. Selon un communiqué du ministre de la Santé publique, ce nouveau tarif entrait en vigueur dès le 1er janvier.

Seulement depuis la décision, seuls les laboratoires des hôpitaux publics et des unités de prise en charge (UPEC) la mettent en application. A l’hôpital central de Yaoundé, 57 malades ont déjà bénéficié de cette nouvelle mesure, et à l’hôpital gynéco-obstétrique c’est pratiquement le même succès. Mais les laboratoires privés, ne l’entendent pas de cette oreille. Ou mieux, ne se sentent pas concernés. Avec l’aide du Fonds mondial, l’Etat prend en charge, en tous cas en ce qui concerne les laboratoires publics, les 18.000 Fcfa sur les 21.000 F du coût réel des examens.

Il est clair que si au départ de la politique de prise en charge des malades du sida, les structures privées n’ont pas été associées, il s’avère impératif, qu’elles y adhèrent. Pour bon nombre de laboratoires privés, les responsables ne voient pas l’avantage de cette nouvelle réduction des prix des examens biologiques. Pour le Dr Alain Detchoua, propriétaire d’un laboratoire dans la ville, les charges et les taxes des structures privées ne sont pas les mêmes que celles d’un hôpital public ou d’un centre subventionné : " Il est clair que nous tournerons à perte, si l’on n’a pas de compensation. Il nous faut un contre-poids sur la balance ", lance-t-il.

En attendant que les autorités trouvent une solution pour intégrer les laboratoires privés dans leur politique, seuls les édifices publics de santé, et les laboratoires privés intégrés dans les unités de prise en charge (UPEC), proposent les examens biologiques à 3000 F. Pour le Dr Thérèse Nkoa, chef de laboratoire à l’hôpital gynéco-obstétrique, il sera question pour son ministère de tutelle de trouver des formes de contrats avec les laboratoires privés, afin qu’ils y trouvent une certaine compensation. Avec l’élaboration du futur réseau de laboratoires, les privés pourront déjà compter sur une facilité d’accès aux réactifs et d’achats des équipements de qualité.

Marguerite Estelle ETOA

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