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Mauricefleche Constat de médecins du privé : Le chikungunya ne recule pas

L'Express | Maurice | 01/04/2006 | Lire l'article original

Des membres de la Private Medical Practitioners Association affirment que le nombre de patients chez qui ils ont diagnostiqué le chikungunya a augmenté. Ils déplorent que la collaboration public-privé se passe mal et qu’ainsi les chiffres avancés soient faussés.

«Le virus du chikungunya est bel et bien présent. Et il n’est pas en régression.» Ces propos du Dr Mohamad Isshaq Jowahir, président de la Private Medical Practioners Association (PMPA) – et de certains des membres de l’association établis dans le nord – prennent à contre-pied l’affirmation du ministre de la Santé, Satish Faugoo, en début de semaine, selon lequel le virus serait en régression.

Pour étayer ces dires, le Dr Jowahir et deux médecins, l’un opérant dans un village du Nord et l’autre à Grand-Baie, disent qu’un nombre plus élevé de personnes se présentent à leurs cabinets avec les signes cliniques du chikungunya depuis ces 15 derniers jours. Le Dr Jowahir dit ainsi recevoir un nombre important d’habitants de Port-Louis et de sa périphérie avec des signes « qui ne trompent pas».
Le praticien de la région du Nord, lui, n’hésite pas à chiffrer les patients présentant des symptômes du chikungunya à une cinquantaine par jour. Il note que cette semaine, il en a «vu une trentaine par jour. Mais cela ne veut pas dire qu’il y a régression. Il peut y avoir diminution dans une région mais hausse dans une autre».
Pour le praticien de Grand-Baie, la présence du virus s’est stabilisée puisque depuis le début de l’année, un tiers de la quinzaine de patients qu’il reçoit quotidiennement en consultation présentent les symptômes du chikungunya. Comme son collègue, il pense que «le virus est toujours présent et n’a pas régressé au nord».

Ces trois médecins sont persuadés que les chiffres officiels ne reflètent pas la réalité et ce, pour plusieurs raisons. Le Dr Jowahir avance d’abord le fait que le ministère de la Santé ne pratique des tests sanguins de confirmation qu’au hasard. Ensuite, précise-t-il, il y a des malades qui refusent de se prêter au test arguant qu’ils n’obtiendront le résultat que dans cinq jours quand ils seront déjà remis.

Il ajoute que les hôpitaux sont tellement engorgés que les malades du chikungunya qui y sont référés sont las d’attendre leur tour et s’en remettent au privé. Le médecin qui consulte dans le village du nord explique même que lorsqu’un membre d’une famille atteint de la maladie a consulté un médecin du privé, les autres membres contaminés ne consulteront pas à nouveau. «Ils ne feront qu’acheter le même anti-inflammatoire prescrit antérieurement, ce qui contribue à la sous-évaluation».

Nous faisons alors remarquer au Dr Jowahir qu’en n’encourageant pas les malades à se rendre à l’hôpital, les médecins du privé contribuent d’une certaine façon à cette sous-évaluation de la situation. Il nie en affirmant que le numéro de téléphone fourni par la Santé pour notifier des cas de chikungunya ne répond pas.

«Multiplication du virus dans le sang»

Le médecin consultant dans un village du nord déclare avoir eu affaire à un ressortissant étranger au bureau sanitaire à Rivière-du-Rempart. «J’ai mis une demi-heure pour me faire comprendre. Et quand j’ai téléphoné à l’hôpital SSRN, on m’a demandé d’envoyer un fax avant de me raccrocher au nez. Croyez-vous que les médecins ont le temps d’envoyer des fax ? La collaboration entre les secteurs privé et public passe mal.»

Le médecin de Grand-Baie n’a eu aucun mal à rapporter les cas notés au bureau sanitaire de Rivière-du-Rempart. Mais le suivi ne se serait pas toujours fait auprès des malades. «Certains disent avoir reçu la visite d’officiers sanitaires mais d’autres pas.»

Le Dr Jowahir estime en outre qu’il aurait fallu que le ministère émette un protocole de soins pour éviter que certains médecins et pharmaciens sans scrupules ne fournissent de la cortisone aux malades du chikungunya. «La cortisone ne doit pas être prescrite au début de la maladie. Elle empêche le développement des anticorps et prolonge le mal. De plus, la cortisone peut causer une viraemia, qui est une multiplication du virus dans le sang et cela peut aggraver la maladie.»

D’ailleurs, le médecin basé dans le village du nord dit avoir eu des cas de complications liées aux injections de cortisone. «J’ai vu des gens avec des poussées de psoriasis terribles à la suite d’injection de cortisone. D’autres avaient au départ des champignons mal soignés qui ont tourné en plaies avec la cortisone.»

Le Dr Jowahir dénonce trois de ses collègues qui ont acheté 24 000 doses de cortisone. «De plus, deux pharmacies d’un village côtier du Nord vendent de la cortisone à tort et à travers. J’ai attiré l’attention du Conseil de l’Ordre des médecins sur toutes ces pratiques».

Le président de la PMPA estime que le ministère de la Santé doit «parler vrai pour que les gens évitent de minimiser la situation, croyant qu’ils peuvent baisser leur garde ». Il précise aussi qu’il y a une rumeur voulant faire accroire qu’il y a un deuxième virus inconnu qui sévit. «Nous sommes sceptiques sur la question. Pour nous, c’est toujours le chikungunya.»

La Santé persiste et signe

Le ministère de la Santé maintient que le virus du chikungunya est en régression vu que le nombre de malades se présentant dans les hôpitaux du pays est en baisse. Il explique que suite aux recommandations des experts de l’Organisation mondiale de la santé, les cas sont comptabilisés sur la base des symptômes cliniques présentés par les patients, soit forte fièvre, douleurs articulaires, enflures au niveau des jointures, etc. Les tests sanguins se font toujours mais au hasard. «Ils n’influencent pas les chiffres étant donné que le recensement se fait suite au diagnostic clinique.» Contrairement à ce que disent les médecins de la PMPA, le ministère déclare que la notification des médecins du privé par téléphone, fax ou «courriel» «fonctionne très bien» et précise que les bureaux sanitaires sont ouverts de 9 à 18 heures pour réceptionner ces appels. «Tout médecin est tenu par la loi de rapporter les cas aux bureaux sanitaires et il n’y a jamais eu de ressortissant étranger à R.-du.-Rempart.» Le ministère affirme qu’un protocole de soins a été circulé parmi les médecins du secteur public. Mais il ne peut l’imposer aux médecins du privé. Il ajoute que «même si les cas sont en régression, jamais le ministère n’a baissé les bras».Dès fin janvier, quand il n’y avait qu’une quinzaine de cas recensés, le ministère dit avoir utilisé tous les moyens de communication pour toucher le public. Et la démoustication, qui comprend le larvicide et la fumigation, se poursuit selon un programme établi et continu. Le premier exercice se fait à travers l’île et le second là où les foyers sont recensés et dans les écoles pendant le week-end. Il est répété quand il y a résurgence.

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