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Non planification des naissances : un choix pour la précarité ? - 21/09/2010 - Fraternitébj - BéninEnvoyer cette page par e-mail Ajouter cette page à mes favoris

Vaincre la pauvreté par la planification familiale, c’est possible. Aujourd’hui, de nombreuses personnes font recours aux méthodes de contraception pour mieux organiser leur avenir et leur vie. Toutefois, beaucoup de personnes résistent encore. Au Bénin, seulement 6,2% des femmes utilisent les méthodes contraceptives pour planifier les naissances. Ceci à cause des nombreux préjugés qui entourent l’utilisation de ces méthodes modernes de contraception.

Offrir de meilleures conditions de vie aux enfants en planifiant leur naissance

Adignon a 30 ans. Commerçante à Porto-Novo, elle est mère de 8 enfants. Elle a eu sa première fille à l’âge de 17 ans. Ainsi, dans l’intervalle de 13 ans, elle a eu 7 autres enfants. Veuve depuis deux ans, elle essaie vaille que vaille de nourrir ses enfants. Sa première fille âgée de 13 ans est aussi mère d’un petit garçon qu’elle a eu avec un jeune homme sans emploi. Adignon, avec son petit commerce nourrit et entretient tout ce monde qui vit avec elle dans sa petite cabane construite en feuille de paille. Installée à Tokpota, non loin de Louho, elle mène une vie précaire et n’arrive même pas à envoyer ses enfants à l’école. « Pour ma dernière grossesse, j’ai failli mourir. J’ai été gardée en hospitalisation 7 mois sur 9. C’est grâce à une césarienne que j’ai eu la vie sauve », raconte-t-elle. Cette jeune femme à l’allure vieille, au visage renfermé avait pourtant le choix. Planifier ses naissances en se référant aux moyens dont elle dispose. Comme Adignon, elles sont nombreuses, les femmes à donner naissance chaque année à un enfant.

Pour la plupart, ce n’est pas grave puisque c’est Dieu qui donne les enfants et qui les nourrit. Mme Kassignin Obinou, rencontrée à la clinique de l’Association béninoise pour la promotion de la famille (Abpf), confie quant à elle qu’elle a perdu sa fille aînée qui voulait donner naissance à son 9ème enfant. Elle s’est rendue à la clinique avec sa nièce pour l’aider à choisir sa méthode contraceptive. « Je ne veux plus perdre une de mes proches aussi facilement. J’ai pourtant tout dit à ma fille, mais elle ne m’a pas écoutée parce que pour son mari, je ne voulais pas qu’elle ait beaucoup d’enfants. Et voilà, aujourd’hui, lui il est vivant et il a même pris une autre femme et moi j’ai perdu ma seule fille qui m’a laissé 8 orphelins de mère », nous raconte-t-elle les larmes aux yeux.

Longtemps considérée comme le fait de ne plus avoir d’enfant, la planification familiale n’est toujours pas ancrée dans les habitudes des femmes béninoises. Si certaines ont préféré se confier à la providence, d’autres utilisent les méthodes traditionnelles pour planifier leur vie. Claudine, mère de deux enfants, affirme que depuis 10 ans qu’elle est mariée, elle compte les jours pour ne pas tomber enceinte. « Les mauvais jours, mon mari et moi, nous nous abstenons ou nous nous préservons », indique-t-elle. Son premier garçon a 10 ans et sa deuxième fille a 7ans. Pour Josette par contre, ce n’est pas le cas. Elle a trois enfants et elle utilise la méthode du collier pour espacer ses naissances. « Mon mari et moi avons choisi de ne pas avoir beaucoup d’enfants afin d’offrir le meilleur à nos enfants. Et c’est pour cela qu’ensemble, nous nous sommes rendus à la clinique Abpf pour avoir des conseils et choisir une méthode de contraception. Ensemble, nous utilisons le collier et par fois lorsque j’oublie, c’est lui qui me rappelle que la période n’est pas bonne. Nous avons trois garçons, le premier a 8 ans, le second 5 ans et le troisième a 2 ans. Ainsi, d’une personne à une autre, les avis divergent sur la façon de planifier et d’organiser les naissances.

Il faut dire que sur 5 femmes que nous avons rencontrées lors de notre investigation, 4 ont refusé d’utiliser les méthodes contraceptives. Une situation qui prouve que de plus en plus, la planification familiale n’est plus une priorité pour les Béninoises.

Planifier sa vie, c’est dire non à la pauvreté à un coût dérisoire...

Véritable souffre-douleur des couches vulnérables et indigentes, la pauvreté est aujourd’hui un problème crucial pour le développement de notre pays. Au Bénin, le Seuil de pauvreté globale (Spg) qui était établi à 42.075 Fcfa par an par tête en 1994-1995 est passé en 1999-2000 à 51.413 Fcfa, soit un accroissement de 22%. En milieu rural, le Spg est de 74.297 Fcfa et de 91.705 Fcfa en milieu urbain. De même, la prévalence contraceptive qui était de 7,2% en 2001 est passée à 4,2% en 2003 et puis à 6,2% en 2006.

Ces chiffres montrent bien qu’il y a une relation interdépendante entre la santé et la pauvreté. La relation entre la fécondité et la pauvreté s’appuie sur les arguments économiques reposant sur la demande d’enfants. Malgré un taux toujours élevé de la morbidité des enfants, celle-ci a connu une baisse importante, glissant de 203,4% pour mille en 1990 à 90 pour mille en 2003. En ce qui concerne la santé maternelle, elle demeure une préoccupation inquiétante. Le taux de mortalité maternelle, loin de s’améliorer s’est accru de 473 à 474,4 pour 100.000 naissances vivantes. Cette situation déplorable des femmes mourant en voulant donner la vie s’explique par le nombre quasi important des accouchements rapprochés, faits en présence de personnel non qualifié et d’importants besoins obstétricaux non couverts. L’accès aux services de la santé reproductive est encore faible (53,6%). A en croire le docteur Esther Traoré, conseillère chargée de la santé familiale et la planification à l’Organisation mondiale de la santé (Oms) à la retraite, la planification familiale présente nombre d’avantages que de problèmes pour la santé familiale. En effet, selon elle, la planification familiale contribue au bien-être individuel, familial et social, ce qui démultiplie les rendements sur les investissements consentis par les gouvernements.

Au nombre de ces avantages non médicaux de la planification familiale, le Docteur Esther Traoré a cité pour les particuliers : moins de craintes de grossesses non souhaitées, l’amélioration de l’estime de soi et du pouvoir décisionnel, notamment chez les femmes, plus de temps à passer avec les enfants, plus d’opportunité d’éducation et d’emploi notamment pour les femmes et les fillettes, la participation accrue à la société civile. Pour les familles et les ménages, la conseillère dira que la planification familiale favorise la diminution des dépenses de santé, de nutrition et d’éducation pour chaque enfant. Pour elle, ces objectifs pourraient être atteints si et seulement si, on pensait au repositionnement de la planification familiale. Car, a-t-elle reconnu, de nombreuses études montrent aujourd’hui que le taux de prévalence contraceptif est de plus en plus faible dans les pays en développement comme le Bénin. En effet, seulement 6,2% des femmes béninoises font recours aux méthodes contraceptives pour planifier leurs naissances.

Dans les 7 cliniques que compte l’ABPF sur toute l’étendue du territoire national, vous disposez d’une gamme variée de méthodes contraceptives à un coût très bas. De 50 Fcfa à 600 Fcfa, le prix des produits est accessible à tous. En effet, le gouvernement du Bénin, conscient de l’importance de la promotion du planning familial, avec le soutien des partenaires au développement tels que l’Unicef, l’Unfpa et l’Oms a subventionné les produits contraceptifs. Ils sont donc cédés à des prix très bas dans les cliniques de l’Abpf. Ceci, afin de faciliter l’accès d’un plus grand nombre aux services de la planification familiale. Du préservatif au Norplan en passant par les pilules, les hormones injectables, les prix sont revus à la baisse pour faciliter l’accès à un grand nombre. « Loin d’être une politique de diminution des naissances, la planification familiale permet aux ménages d’espacer et de programmer le nombre d’enfants qu’ils veulent avoir », a déclaré, Josiane Agbabi, sage-femme à la clinique de l’Abpf sise à Porto-Novo. Selon elle, cette clinique reçoit en moyenne, 50 patientes par jour. Un chiffre qui est loin de combler les attentes.

Pour le directeur de l’Abpf, Edgar Odjo Clédjo, le gouvernement doit s’impliquer davantage dans une politique d’augmentation des cliniques devant orienter et conseiller les familles dans la planification de leur vie. « Une clinique Abpf coûte très cher alors que tous les produits sont subventionnés. Comment payer le personnel et entretenir les locaux avec des revenus faibles ? Sans l’aide des autorités sanitaires et des Partenaires techniques et financiers (Ptf) nous ne pourrons pas installer des cliniques dans toutes les communes du Bénin. Les hôpitaux qui nous aident dans cette tâche n’ont pas souvent le temps pour se consacrer aux patientes venues exclusivement pour cela. Si la sage-femme devant recevoir le couple n’est pas occupée à un accouchement, c’est qu’elle consulte les femmes enceintes », déplore-t-il. Ainsi, les besoins existent mais restent non couverts. Pour cela, il est important de mettre à la disposition de la planification familiale les moyens nécessaires afin d’installer et d’équiper de nouvelles cliniques Abpf. Les méthodes de planification familiale varient selon leur degré pratique, leur coût, leur efficacité, les effets secondaires et les avantages pour les utilisateurs. Ces derniers sont en effet, les mieux à même d’évaluer l’importance relative de ces facteurs en fonction de leur préférence, du nombre d’enfants qu’ils souhaitent avoir, de l’étape de leur vie, de leurs moyens financiers, de leurs objectifs, leur état de santé, leur situation de famille et leurs conditions de vie.

Pourquoi planifier les naissances ?

Grâce aux progrès de la technologie médicale, il est maintenant possible pour les femmes et les hommes de planifier leur famille. Les méthodes de planification familiale comprennent notamment les contraceptifs oraux à savoir la pilule, les injectables hormonales, les implants transdermiques, les dispositifs intra-utérins (Diu), la stérilisation masculine et féminine et les méthodes barrières telles que le préservatif masculin ou féminin, le diaphragme et les spermicides. Selon Laurence Montéiro, maîtresse sage-femme à la Clinique universitaire de gynécologie et d’obstétrique (Cugo) au Centre national hospitalier et universitaire Hubert Koutoukou Maga (Cnhu-Hkm), il existe d’autres méthodes telles que la Mama ou méthode de l’aménorrhée maternelle, la méthode de sensibilisation, comme le collier du cycle, et les méthodes basées sur les symptômes et l’observation des signes de fécondité chez certaines femmes.

Quant à la contraception d’urgence, elle permet à la femme de ne pas tomber enceinte après un rapport sexuel non protégé. Selon le directeur de la santé familiale, le docteur René Daraté, la planification familiale présente de nombreux avantages non seulement pour la santé des femmes, de leurs partenaires sexuels que des enfants. Elle contribue à prévenir les grossesses non souhaitées et le nombre d’avortements effectués dans des conditions à risque, ce qui permet de réduire les décès et les incapacités maternels, l’infécondité. La planification familiale permet également de prévenir les grossesses à risque chez les adolescents, les femmes âgées de plus de 35 ans, des femmes ayant eu de nombreuses grossesses ou des accouchements trop rapprochés, et les femmes porteuses du Vih-Sida. L’espacement des naissances a des résultats probants sur la diminution du taux de mortalité à la naissance, de mortalité infantile et de mortalité enfantine.

La contraception d’urgence : un couteau à double tranchant

Dans la vie de couple, la contraception d’urgence est une méthode d’appoint utilisée dans des cas extrêmes. En cas d’oubli d’une pilule, par exemple, ou par la femme dont le mari, en voyage, arrive inopinément et qu’elle n’a pas eu le temps de se mettre sous contraceptifs. Ou encore, en cas de déchirure inopinée d’un préservatif. Au Bénin, certains prestataires évitaient, comme l’ont démontré les enquêtes menées par souci moral ou par conviction religieuse, de conseiller cette méthode aux adolescentes, de crainte qu’elle ne les incite à la débauche. Dans le même souci, certaines personnes interrogées se sont montrées réticentes face à la vulgarisation de ce type de contraception à travers les médias et ont préféré une approche de proximité au niveau des centres de santé, a confié le Dr René Daraté. Toutefois, pour les acteurs de la santé présents lors de l’atelier, il faudrait mettre en avant les conséquences socio-économiques et psychologiques que les grossesses indésirées peuvent engendrer, ainsi que les risques liés aux avortements clandestins.

Car, il y va de la santé et du bien-être des jeunes. Une autre enquête menée dans les établissements scolaires et universitaires et réalisée par le Centre de formation et de recherche en santé de la reproduction (Ceforep) montre, en effet, que les jeunes, même s’ils ne connaissent pas cette méthode, en ont besoin. Les pratiques, souvent issues de croyances erronées qu’ils utilisent dans l’espoir de se débarrasser d’une éventuelle grossesse, témoignent de ce fait. Les participants ont insisté sur la nécessité, dans tous les cas, de sensibiliser les jeunes sur cette méthode afin qu’ils puissent y avoir accès en cas de nécessité, en mettant toutefois l’accent sur le fait qu’elle ne protège pas des Infections sexuellement transmissibles (Ist) et ne peut se substituer à une contraception régulière.

Entretien avec Edgard Odjo Cledjo, Directeur exécutif de l’Abpf

« … le mari et la femme doivent ensemble déterminer le nombre d’enfant…compte tenu des moyens dont ils disposent… »

Fraternité : Comment se porte la planification familiale au Bénin ?

Edgard Odjo Clédjo : La planification familiale se porte très mal dans notre pays.

Qu’est-ce qui vous permet de l’affirmer ?

En fait, l’indicateur le plus éloquent pour voir comment se porte la planification familiale, c’est justement la prévalence contraceptive, c’est-à-dire le pourcentage de couples ou de ménages qui utilisent les méthodes contraceptives pour planifier les naissances de leurs enfants. Au Bénin, ce pourcentage est très bas. Seulement 6,2% des ménages béninois font recours aux méthodes contraceptives pour espacer les naissances de leurs enfants.

Est-ce à dire que les ménages se désintéressent de la planification familiale ?

Oui, puisque sur 100 Béninoises il n’y a que 6 qui utilisent les méthodes de contraception pour planifier leur famille. Donc, il y a encore énormément de femmes qui n’ont pas accès aux services de la planification familiale, pas seulement parce qu’elles ne le désirent pas mais parce qu’elles n’ont pas les services de qualité à côté. Il y a 30% de la population qui exprime les besoins d’utilisation de méthodes de planification qui sont non couverts.

Qu’est-ce qui justifie ce désintéressement de la planification familiale ? Est-ce les effets secondaires ?

Il faut bien nuancer le problème tel qu’il se pose. Si les femmes ne vont pas vers le planning familial, c’est une chose. L’autre chose, c’est que les femmes n’ont pas les services de qualité à côté. Les problèmes liés aux produits contraceptifs comme les effets secondaires, les rumeurs et autres sont des choses que nous connaissons et qui ont toujours existé. Il faut démêler vraiment ce problème. La première chose, c’est qu’il y a beaucoup de personnes qui pensent qu’ils ont intérêt à tuer la planification familiale en faisant écho inutilement des problèmes secondaires liés à la prise des produits. Il est vrai que plusieurs femmes ont eu des problèmes après avoir utilisé les méthodes contraceptives. Mais c’est souvent dans les cas où ces femmes n’ont fait aucun examen préalable pour préparer l’organisme à recevoir ces produits faits à base d’hormones. Il faut dire que c’est surtout les hommes qui découragent les femmes. En effet, dans certaines régions, le planning familial pousserait la femme mariée à l’adultère parce qu’en utilisant ces produits, la femme ne tombera pas enceinte et son mari qui peut-être ne vit pas avec elle n’en saura rien. C’est un fait qui freine l’évolution de la promotion de la planification familiale dans notre pays. Mais aujourd’hui, les contextes économique et social ont tellement changé que même si vous habitez en permanence avec votre femme et qu’elle veut vous tromper, elle le fera sans que vous le sachiez. Les produits contraceptifs utilisés au Bénin sont les mêmes utilisés dans les pays américains et en Amérique du nord. Ce sont les mêmes laboratoires qui fabriquent ces produits. Il n’y a pas de produits destinés pour l’Afrique. Donc, si les autres l’utilisent, pourquoi, nous, nous faisons tant d’histoires autour de ces produits. Il faut juste vérifier si la femme a les prédispositions pour prendre tel ou tel autre produit. C’est pour cela qu’à la clinique de l’Abpf, nous faisons toujours des analyses avant de proposer aux femmes les méthodes existantes. Ainsi, il y a des effets qui apparaissent dès le début et qui disparaissent avec le temps. Alors il ne faut pas tenir compte de ces rumeurs pour faire beaucoup d’enfants alors qu’on a les moyens limités.

Pensez-vous qu’en planifiant sa vie, on peut vaincre la pauvreté ?

Bien entendu. La planification familiale aide les hommes à organiser leur vie. Nous sommes dans un système où bon nombre de personnes n’ont pas d’assurance maladie. Ce qui veut dire que lorsque vous tombez malade, vous payez directement de votre poche les soins. Premièrement, le revenu des Béninois est ce qu’il est. Si vous avez une femme qui tombe régulièrement malade parce que vous n’avez pas espacé les naissances, c’est « idiot » à mon avis. Il n’y a rien qui vous oblige à ce que votre femme tombe enceinte alors qu’elle a un bébé d’un an. L’intervalle recommandé entre deux naissances, c’est deux ans. Et lorsque la femme ne respecte pas cela et tombe enceinte, elle a des problèmes de santé parce que son organisme n’est pas préparé. Après un accouchement, il y a un temps pour permettre aux organes de se reconstituer parce que la grossesse sollicite tous. Deuxièmement, si la femme doit passer tout son temps à faire des enfants, elle ne pourra pas vaquer à ses occupations et l’homme se retrouve seul à supporter aussi bien les charges de la famille que les soins de santé. Troisièmement, il est important que le mari et la femme s’asseyent pour déterminer le nombre d’enfants qu’ils veulent avoir, compte tenu des moyens dont ils disposent. Par le passé, on ne posait pas ses questions puisque l’enfant était considéré comme une richesse. Aujourd’hui, les choses ont changé.

Quels sont les risques auxquels on s’expose en faisant recours aux méthodes contraceptives ?

A mon avis, il n’y a pas de risque. Il n’y a que des avantages. Cependant, les méthodes contraceptives ne sont pas souvent efficaces à 100%. Il y en a qui sont exigeantes et qui demandent beaucoup d’attention. Par exemple, si vous prenez les pilules, il ne faut pas les rater. C’est pour cela que nous cherchons à savoir si la femme, compte tenu de ses activités peut prendre tous les jours les pilules. Aussi, il y a des méthodes de longue durée qui ne donnent aucun effet secondaire. Par exemple avec les Norplan, vous êtes protégés pour 5 ans. Si vous décidez d’arrêter, on vous l’enlève et on vous aide à reconstituer votre cycle pour avoir éventuellement une autre grossesse. Par ailleurs, aucune méthode de contraception n’est efficace à 100%.

Comment pensez-vous qu’on peut repositionner la Planification familiale afin d’amener plus de femmes à utiliser les méthodes contraceptives ?

Quand on parle de repositionnement cela veut dire que ça a disparu, et qu’il faut le rétablir. Pour y parvenir, je pense qu’il faut mettre en place des mécanismes de plaidoyer. Le rôle des médias dans ce mécanisme est très important. Les décideurs politiques doivent mettre des moyens à disposition pour appuyer les programmes de planification familiale qui doivent rentrer dans les priorités de l’Etat. Les liens entre le repositionnement de la planification familiale et l’atteinte des Objectifs du millénaire pour le développement (Omd) sont très étroits.

Reece H. ADANWENON

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