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Dr Violette Chidikofan, médecin-pédiatre : « Le paludisme peut avoir des répercussions sévères sur le fœtus » - 29/06/2016 - Actu Bénin - BéninEnvoyer cette page par e-mail Ajouter cette page à mes favoris

L’infection palustre pendant la grossesse représente un problème de santé publique majeur, comportant des risques substantiels pour la mère, le fœtus puis le nouveau-né. Une pathologie associée au paludisme chez la mère et un faible poids de naissance du nouveau-né sont les principales conséquences d’une infection à Plasmodium falciparum. Dr Violette Chidikofan, médecin-pédiatre, fondatrice de la clinique pédiatrique d’Abomey-Calavi, fait la lumière sur les tenants et aboutissants d’une telle pathologie.

Le Matinal : Pouvez-vous nous aider à avoir une idée des risques du paludisme chez la femme enceinte ?

Dr Violette Chidikofan : Le paludisme chez la femme enceinte est une infection fréquente et l’association paludisme et grossesse peut avoir des répercussions sévères sur le fœtus. En ce qui concerne les risques, il convient de notifier que le paludisme peut entraîner chez la femme enceinte beaucoup de dégâts comme l’avortement, les diminutions de l’immunité et la perturbation des échanges entre la mère et son fœtus. Ce sont les risques que court la femme enceinte atteinte du paludisme.

Quels sont alors les causes de cette maladie ?

Le paludisme, comme tout le monde le sait, est une inoculation par le parasite qui passe dans le foie et se multiplie. Donc, c’est l’anophèle qui est le vecteur du paludisme. La femme qui se fait piquer par les moustiques est atteinte du paludisme. Chez la femme enceinte, on dit qu’il faut qu’elle évite la transmission du parasite par le moustique, parce que ce n’est ni bon pour elle ni pour son fœtus.

Comment se fait la prise en charge de la femme enceinte atteinte du paludisme ?

Quand la femme enceinte est atteinte du paludisme, il faut penser à l’enfant et à la mère. Il faut surveiller la mère comme il faut surveiller le fœtus qui est dans le ventre. La femme enceinte chez qui le paludisme est d’office considéré grave doit recevoir la quinine en perfusion. La durée du traitement est 7 jours. Il faut voir aussitôt les signes possibles associés. Une femme enceinte qui souffre du paludisme présente une fièvre qu’il faut gérer. Il faut aussi vérifier s’il n’y a pas une anémie qui constitue aussi un signe de gravité qui peut emmener à la transfusion. Mais le meilleur traitement, c’est la prévention. C’est dormir sous la moustiquaire. Ce qui est d’ailleurs recommandé par l’Oms. Il y a aussi la destruction des gites larvaires et le traitement des Cti par les femmes enceintes qui commence déjà au deuxième trimestre.

Est-ce à dire qu’on peut recommander aux femmes enceintes des médicaments ?

Oui, moi, je ne suis pas en contact avec les femmes enceintes. Je suis pédiatre et mon domaine d’intervention, c’est les enfants de 0 à 15 ans. Ce sont les gynécologues et les sages-femmes qui s’en occupent, et d’office ça fait partie des étapes dans les consultations prénatales.

Revenons au traitement du paludisme chez l’enfant.

D’abord, au cours de la grossesse, la femme enceinte est exposée à plusieurs risques. Je les énumérés plus haut, mais il convient de préciser que nous observons chez ces femmes un mauvais échange entre la mère et le placenta. Donc, ce qui peut entraîner des désagréments graves chez le nouveau-né. Il y a plusieurs risques auxquels le nouveau-né est exposé. Concernant les sujets de 0 à 5 ans, vous savez qu’ils constituent des êtres vulnérables. La manifestation du paludisme chez l’enfant de 0 à 5 ans est toujours caractérisée par la fièvre. Devant un petit qui chauffe, qui se plaint de la céphalée, qui vomit, il faut penser au paludisme et le conduire à l’hôpital ou au centre de santé pour sa prise en charge. Maintenant, si l’enfant qui a le paludisme simple n’est pas vite traité, ça peut entrer dans les cas de gravité : c’est le paludisme grave. Le paludisme grave entraîne irrévocablement l’anémie, les convulsions, le coma, l’insuffisance rénale, les troubles neurologiques. Les cas graves du paludisme peuvent donc prendre toutes les formes possibles. C’est pourquoi, il faut entretenir l’enfant afin qu’il soit épargné des cas graves du paludisme, sinon le décès peut subvenir.

Un mot sur la prise en charge de l’enfant atteint du paludisme.

Dans le cas du paludisme simple, ce qui est conseillé, ce sont les Combinaisons thérapeutiques à base d’artémisinine (Cta). Quand c’est un cas de paludisme grave, l’enfant est d’office hospitalisé et placé sous surveillance. Il y a des arthemether injectables quand la quinine est la molécule conseillée en cas de paludisme grave indiquée. Tous les signes afférents au paludisme doivent être traités. Par rapport à la prévention, c’est ça que nous recommandons souvent puisque prévenir vaut mieux que guérir : c’est dormir sous moustiquaires.

A combien peut-on estimer les charges auxquelles sont exposés les parents quand il s’agit du traitement du paludisme simple ?

Le traitement en lui-même n’est pas cher. Les Cta coûtent 600 FCfa. Mais il faut les prendre à la pharmacie, parce qu’il y a plein de Cta qui courent les rues dont l’efficacité est douteuse. Si nous prenons les frais des consultations, de bilan, le coût revient à 15 ou 20 mille, et le traitement du paludisme simple est réglé. Dans le cas du paludisme grave, on ne peut pas estimer un coût, car cela dépend du tableau que présente la maladie.

Au niveau des structures étatiques, des organisations internationales, on n’a ouï dire que les projets du Programme nationale de lutte contre le paludisme sont destinés à accompagner les malades du paludisme. Quel est donc leur l’impact ?

Oui, il y a les projets et nous remercions l’Etat qui, quand même, met à la disposition du public des moustiquaires et la prise en charge gratuite du paludisme chez les enfants de 0 à 5 ans. Mais, il pouvait aussi jeter un regard vers les centres privés. On parlerait donc du partenariat public-privé, parce qu’à voir tout ce qui se passe avec le personnel du secteur public, on peut dire qu’il y a le matériel, mais on se demande si réellement tout est pris en charge.

Pour finir, dites-nous si dans l’exercice de votre profession, vous aviez rencontré des cas de paludisme grave ?

Le paludisme est une affection courante et malgré tout ce que nous disons, il y a toujours des cas de paludisme qui entraîne des décès ou des séquelles que l’enfant peut traîner jusqu’à la longue. Ce qui est recommandé, c’est d’éviter le paludisme en adoptant des mesures préventives.

Propos recueillis par JockvienTchobo (Stag)

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