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Vente de faux médicaments : travailler à changer les habitudes - 03/03/2017 - Actu Bénin - BéninEnvoyer cette page par e-mail Ajouter cette page à mes favoris

La grande croisade lancée par le gouvernement contre la vente des faux médicaments se poursuit. Mais au-delà de la force publique qui fait douter déjà grossistes et détaillants, il y a aussi la question des habitudes qui ont la peau dure au niveau d’une certaine couche de la société. Comment réussir à inverser la tendance ?

Gabin, jeune conducteur noctambule de taxi-moto dit "Zémidjan" est un abonné aux faux médicaments. Pour se doper à fond et être, dit-il, lucide la nuit, il prend deux gélules d’une plaquette de 12 comprimés sans notice contenus dans une boîte aux étiquettes dont les notes sont inscrites en anglais. Gabin consomme ce produit depuis bientôt trois ans et s’empresse de vanter ses mérites. « Ce médicament est très efficace. Quand je le prends, je ne sens pas la fatigue. Je suis en éveil et je travaille comme un turbo. En plus, cela ne coûte pas les yeux de la tête », a-t-il déclaré. Quand Gabin sent un petit malaise, le réflexe, ce n’est pas la pharmacie d’à côté. « Je peux compter le nombre de fois que je me suis rendu à la pharmacie. A part la naissance de mon benjamin dont la venue au monde a été un peu difficile où on nous a prescrit une ordonnance, je ne suis plus allé à la pharmacie. Quand j’ai un mal de tête, quand les enfants sentent un malaise, c’est la bonne dame du coin qui nous soulage », a-t-il déclaré. Marcelline, vendeuse ambulante et épouse de Marc, traîneur d’engin à deux roues appelé "pousse-pousse" à Dantokpa affirme sans ambages que les faux médicaments, c’est pratiquement sa chapelle. « J’ai 5 enfants. L’aîné a maintenant 13 ans. C’est avec les faux médicaments que je les ai élevés. On entend les communiqués à la radio prohibant la vente de ces produits, mais on continue d’en acheter parce que cela soulage », a-t-elle déclaré. Tout comme Marcelline et Gabin beaucoup d’autres concitoyens au revenu relativement bas ne sentent aucune gêne à s’abonner aux vendeurs de faux médicaments. Ouvriers, artisans, paysans, petits commerçants sans grand revenu, tâcherons, à revenu faible, c’est justement la couche cible. A cette importante couche de la société, s’ajoutent ceux disposant d’un revenu moyen qui usent de temps en temps ce détour pour se soulager lorsque les finances sont au rouge. Pourtant, il est connu de tous que les faux médicaments tuent. Qu’est-ce qui peut bien expliquer cette tendance si poussée de plusieurs concitoyens à rechercher avec une lampe torche ces vendeurs en ces périodes de traque systématique ?

Une question d’habitude

L’usage des faux médicaments est pratiquement devenu culturel. Après des décennies de pratique constante, ce commerce a gagné les habitudes. Le réflexe de se rendre à la pharmacie a totalement disparu. Le drame à ce niveau est que la plupart de ceux qui s’abonnent de façon constante aux vendeurs de faux médicaments sont très bien conscients du danger. « Je sais que c’est dangereux de prendre ces médicaments. J’entends les communiqués à la radio », affirment pourtant Gabin et plusieurs artisans interrogés. Mais qu’est-ce qui peut bien expliquer ce pacte avec ces produits dont ils sont tout aussi conscients de la dangerosité ? Les raisons avancées sont diverses et multiples. « Les médicaments des pharmacies sont trop chers. Ce que tu peux avoir à 150 francs la plaquette dans le marché noir, on l’obtient à 700 FCfa, 1000 FCfa à la pharmacie. Combien je gagne pour mettre 1000 FCfa dans un médicament. Autant mettre ces 1000 FCfa dans la tontine que de les remettre à ces pharmaciens qui sont déjà riches », affirme sans ambages Mounirou, jeune mécanicien. Marcelline, mère de plusieurs enfants dont le revenu journalier n’atteint pas 1000 FCfa, avance aussi la question de coût, mais aussi de distance car, elle vit dans un coin retranché à Ouèdo où l’ombre d’une pharmacie n’est pas la porte d’à côté. Mais ce n’est pas tant ce qui dérange dans le constat général au niveau de cette couche. Le comble est que la plupart ne savent pas ce qu’on appelle médicament générique. L’ignorance de ces concitoyens surprend, mais il reste un fait. Il semble que tant qu’il y aura encore une petite boîte de faux paracétamol dans une cabane retranchée de Cotonou ou de Kalalé, et que parallèlement, aucune mesure d’information et d’incitation à la prise de ces médicaments génériques n’existerait, le combat sera inachevé.

Eduquer les professionnels et les populations

Les pharmaciens sont, quoiqu’on dise, lespremiers avant-gardistes de cette lutte contre lesfaux médicaments. L’information à l’usage des médicaments génériques devra être une campagne générale dans toutes les pharmacies du Bénin. Il leur est nécessaire désormais de relayer l’Etat dans la sensibilisation de proximité pour faire comprendre à ces couches qui se disent exclues, qu’il y a une chance qui s’offre à elles pour sauver leur santé du désastre des faux médicaments. Mais en plus de tout ceci, il y a également à gérerla question de la spontanéité et de ladisponibilité des médicaments génériques au niveau des pharmacies. « Quand on se rend à la pharmacie, les pharmaciens ne sont pas prompts à vous proposer des médicaments génériques. Il faut toujours demander. Des fois même, certains vous disent qu’il n’y en a pas », indique un concitoyen habitué aux pharmacies. Par rapport à cette question, le Représentant des pharmaciens FalilouAdébo clarifie. « Les médicaments vendus à la pharmacie sont faites sous prescription. Si un patient se rend en pharmacie, il faut qu’il présente l’ordonnance, mais il faut qu’il insiste qu’il veut acheter le médicament générique. Les médicaments génériques ne peuvent pas manquer. La Came (Centrale d’achat des médicaments essentiels) a fait un gros effort dans ce sens pour rendre disponibles les médicaments génériques en quantité », a-t-il déclaré. Mais il n’exclut pas la nécessité de sensibiliser à la fois les médecins et les pharmaciens. Les premiers, affirment-ils, doivent être davantage formés à prescrire aux patients des médicaments génériques. « Paracétamol, Doliprane, Efferalgan par exemple, tous ont leur noms génériques et les médecins les maîtrisent. S’ils le prescrivent, le pharmacien devra le vendre au patient. Il faudra sensibiliser et éduquer tous ceux-là à la nouvelle dynamique. Il faut une volonté politique pour accompagner la dynamique », a-t-il déclaré.

HA

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