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Réformes dans le secteur de la Santé : Des améliorations sensibles dans les hôpitaux - 26/06/2019 - Actu Bénin - BéninEnvoyer cette page par e-mail Ajouter cette page à mes favoris

Le professeur Benjamin Hounkpatin, Ministre de la Santé, était le 6ème invité de la session d’échanges avec les internautes, AskGouv Bénin. Il s’est prononcé sur le thème : « Réforme dans le secteur de la Santé : une nouvelle dynamique porteuse » et a surtout apporté des réponses pertinentes aux préoccupations des citoyens. Voici la transcription de la session.

Quel est le bilan de la qualité du soin dans nos centres de santé aujourd’hui ? Que pensez-vous faire surtout pour l’amélioration de la qualité de l’accueil dans nos centres de santé ?

Benjamin Hounkpatin : La solution aux problèmes de la qualité de soins dans nos centres de santé est en étroite liaison avec la gouvernance du système sanitaire, qui dépend du leadership des responsables des structures sanitaires ou des services. L’action du gouvernement à cet effet a consisté d’abord à mettre en œuvre des réformes pour améliorer la qualité de la gouvernance et renforcer le leadership des responsables de structures sanitaires ou des services. Ensuite, il a été procédé à des réajustements au niveau de l’effectif des agents de santé. Cela a permis de créer des sites convergence dont la finalité est d’impacter positivement la qualité de service.

De façon concrète, qu’est-ce qui a été fait à ce jour par le gouvernement pour l’amélioration de la qualité de service et des conditions de travail dans nos hôpitaux ?

Selon les réformes du gouvernement, seuls les travailleurs qui émargent au budget national peuvent bénéficier des évacuations sanitaires. Plusieurs agents conventionnés du Cnhu-Hkm ont vu leurs dossiers rejetés sous prétexte qu’ils ne sont pas des agents de l’État. Vu sous cet angle, nous travaillons pour l’État sans être ses employés parce que nous sommes écartés des avantages auxquels ont droit les agents de l’État. Si ce principe est acquis, pourquoi alors empêcher les agents conventionnés du Cnhu-Hkm de bénéficier de l’autorisation d’exercice en clientèle privée ?

S’agissant toujours de la qualité des soins autour de laquelle il y a beaucoup à dire, aussi bien du point de vue des normes que de l’accueil, le gouvernement a mis en place la commission de contrôle de la qualité. Cette commission s’est révélée d’une très grande pertinence et d’une véritable utilité pour le système sanitaire. Elle permet non seulement d’accompagner certains agents dans leur quête de professionnalisme, mais elle a surtout les pleins pouvoirs pour prendre les mesures qui s’imposent face à tout dysfonctionnement et dégât, même avant d’en référer au Ministre ou au gouvernement.

Grâce à ces actions hardies que le gouvernement a posées, des améliorations sensibles sont déjà perceptibles dans les hôpitaux et l’on peut être davantage satisfait de ce début de changement d’autant plus que 70% des recommandations faites par la commission ont déjà été prises en compte.

La qualité des services est fonction de la qualité de la ressource humaine, mais aussi des conditions de travail. Le constat avant le début de la mise en œuvre des réformes était que les agents de santé qui sont censés donner des soins de qualité aux populations dans les hôpitaux publics abandonnaient plutôt leurs postes dans ces hôpitaux pour passer le clair de leur temps à s’occuper des patients dans le privé. Face à cela, le gouvernement, à travers un décret en date du 17 juillet 2018, a suspendu l’exercice en clientèle privée aux agents de santé de l’État.

Cette mesure a induit certaines attitudes déplorables de la part de certains agents qui se rendent à leurs postes, soit pour passer le temps à se tourner le pouce ou bien pour procéder à la limitation du nombre de patients qu’ils sont censés recevoir par jour. Cela à conduit le gouvernement à mettre en place une nouvelle organisation en ce qui concerne les gardes et astreintes des agents de santé. A la faveur de cette organisation, il a été défini un cahier de charges minimum sur la base duquel un salaire est payé aux agents de santé. Ce sont environ 2 milliards de francs Cfa que l’Etat a décidé de débourser pour accompagner les hôpitaux qui devront assumer cette charge au bout de deux ans. Mais à côté du souci que le gouvernement a de motiver les agents de santé à travers l’institution de ces avantages, le gouvernement reste attaché au fait que les fonds à mettre à la disposition des hôpitaux dans ce cadre, fassent l’objet d’une gestion rigoureuse et transparente. Un mécanisme est donc en train d’être pensé à cette fin de manière à ce que le paiement puisse commencer dans les tout prochains jours.

Comment se fait-il que depuis le 17 avril 2019 où le conseil des ministres a pris le décret fixant les primes de gardes et astreintes des agents de santé et des internes des hôpitaux et des étudiants en Des, c’est le silence radio chez les Des jusqu’a ce jour ? Doit-on réclamer l’application des décrets pris en Conseil des ministres ?

Les médecins et les infirmiers ne bénéficient pas des mêmes traitements en ce qui concerne leurs salaires et il en est autant s’agissant des avantages relatifs aux gardes et astreintes. En cela, le Bénin est en phase avec les autres pays du monde. Par ailleurs, ces avantages, tels que définis, sont les fruits d’un processus conduit de concert avec les syndicats qui ont participé à la validation des résultats à toutes les étapes, celle de la commission paritaire y compris. Parlant des taux définis pour les différentes catégories d’agents de santé pour ce qui est des gardes et astreintes, la raison fondamentale qui a poussé à ne pas aller à des taux exorbitants est que les hôpitaux se retrouveront dans l’impossibilité de faire face à la charge financière que cela va induire, vu les effectifs non négligeables des infirmiers pour chaque hôpital. Mieux, tout au long du processus de définition des taux pour les différentes catégories d’agents de santé, le gouvernement a toujours eu à cœur de préserver l’image et la considération que requiert chacune d’elle. Aucune catégorie n’a donc bénéficié indûment d’un avantage ou privilège au détriment d’une autre.

Trouvez-vous normal que des étudiants internes de la Fss soient mieux payés que les professionnels infirmiers ? Les mesures prises pour le payement des primes de garde humilient les infirmiers et les jettent à la barbe des étudiants et des médecins. Ensuite, les étudiants infirmiers et sages-femmes ne peuvent-ils pas bénéficier eux aussi de quelque chose, M. le ministre ?

Quand je prends le cas des internes, il ne s’agit pas des étudiants en médecine. Il s’agit des internes des hôpitaux. Il y a là une différence majeure et en termes d’équivalence, les internes des hôpitaux ont le même rang que des médecins en spécialité. Ces médecins ne peuvent donc pas être traités d’une manière différente de celle des médecins en Des. Soyez donc rassurés de ce qu’il n’y a dans cette mesure aucune intention de clochardisation de la corporation des paramédicaux. Le gouvernement a pris la mesure des choses avant d’acter ses décisions et la prise des décisions a aussi été consensuelle.

Pour les boursiers de la Fss, je vous suggère de trouver un moyen de les contraindre par un contrat par exemple, à servir la nation pendant au moins 1 ou 2 ans après leurs études. On pourra ainsi les envoyer dans des zones où il y a des déserts médicaux et ils pourront servir les populations, celles-là mêmes qui ont financé leurs études. Ce faisant, on pourrait être sûr qu’on aura du personnel soignant même dans les zones les plus déshéritées du pays.

A ce propos, il faut dire que le gouvernement a pensé à ce projet novateur et est déjà très avancé dans sa mise en œuvre. Il est même envisagé de l’étendre aux paramédicaux de manière à ce que, sur la base d’un contrat de deux ans, que l’État pourrait signer avec ceux-ci, ils soient répartis sur toute l’étendue du territoire national et surtout dans les zones où il manque du personnel qualifié de qualité pour servir les populations qui ont contribué à payer leurs études. Il n’est pas à exclure que ce contrat comprenne pour ces personnes, un accompagnement qui puisse leur permettre, soit de s’installer, soit de poursuivre leurs études de spécialité.

Concernant les plans de formation, à quand leur actualisation ? Seuls ceux qui ont les bras longs arrivent à s’inscrire. Je suggère à ce propos que désormais un mini test soit institué pour promouvoir l’excellence dans la santé. Ne pourront s’inscrire sur un plan de formation que ceux qui sont admis pour ce test. Cette mesure doit être étendue aux bourses d’étude aussi. Ce sera une grande révolution dans le secteur de la santé, si ces mesures sont prises en compte.

S’agissant des plans de formation au niveau du ministère de la Santé, il faut dire qu’à l’étape actuelle des choses, il n’y a aucune place à la compromission et à la fraude. Le plus important reste juste que chacun puisse savoir ce qu’il a envie de faire et qu’il ait le profil requis pour le faire. A ce propos, l’un des chantiers sur lesquels le ministère de la Santé travaille actuellement de concert avec le ministère de l’Economie et des Finances, celui de la Fonction publique et celui de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, est celui de trouver un mécanisme qui puisse permettre aux sages-femmes qui n’ont pas achevé leur formation en étant titulaires d’une licence, d’accéder à la licence aux fins de pouvoir jouir des mêmes possibilités de formation que leurs collègues qui ont fini en étant titulaires d’une licence. Ce sont là autant d’initiatives que le gouvernement travaille à concrétiser pour l’amélioration de la qualité de la ressource humaine disponible. Et je rassure donc les uns et les autres de ce que le plan de formation de cette année sera disponible sous peu.

Où en est la construction de l’hôpital de référence de Calavi ? Est-ce au privé ou au public que la gestion sera confiée lorsque sa construction sera achevée ?

La question des infrastructures a fait l’objet d’une attention particulière au niveau du Pag. A ce propos, on peut dire que toutes les études préalables sont maintenant achevées et que la construction de l’hôpital de référence de Calavi va démarrer avant la fin de l’année. Cet hôpital va permettre de résoudre les problèmes relatifs aux évacuations sanitaires et à la qualité de soins. Le gouvernement s’active pour mettre en place au niveau de ce centre, un mode de gestion qui puisse garantir la qualité des soins et permettre dans le même temps la pérennité de l’hôpital et la durabilité des infrastructures. Ce sont tous ces paramètres qu’il faut prendre en compte dans la définition du modèle économique de l’hôpital.

D’autres chantiers tels que ceux relatifs aux hôpitaux de zone sont à mentionner sur ce même registre où l’hôpital de zone d’Allada est déjà construit et désormais fonctionnel. Le projet de construction des hôpitaux de zone de Adjarra-Avrankou-Akpro-Missérété et de Zogbodomè-Bohicon-Zakpota démarreront sous peu. La carte sanitaire de notre pays est donc en pleine mutation et cela ne peut qu’impacter positivement l’offre de santé dans le pays.

Quel est le bilan de l’affermage de certains hôpitaux de zone ?

Je suis un agent conventionné du Cnhu-Hkm depuis 1999. Le gouvernement a promis l’affermage de notre structure depuis au moins deux ans. Où en sommes-nous car nous avons la certitude que ce mode de gestion améliorera les conditions sociales des employés que nous sommes ?

Le gouvernement a retenu l’affermage pour améliorer les prestations au niveau des structures sanitaires de notre pays et à cet effet, les réflexions sont toujours en cours. Très bientôt, nous serons véritablement situés sur les approches retenues par le gouvernement. Cependant, il importe de souligner que l’affermage ne se fera pas sans la prise en compte des réalités sociales de nos concitoyens et l’obligation pour l’État de leur garantir un accès à des soins de qualité dans le même temps. C’est là aussi que l’Assurance pour le renforcement du capital humain entre en jeu et se révèle une approche très pertinente.

Où en êtes-vous par rapport à l’assurance maladie du projet Arch ?

Au sujet de l’Arch, le gouvernement du Président Patrice Talon évolue méthodiquement comme à son habitude et les résultats sont satisfaisants. Toutes les études préalables sont à présent terminées et la mise en œuvre a commencé dans les zones pilotes que sont Abomey-Calavi et Sô-Ava; Dassa-Zoumè et Glazoué; Djougou-Ouaké-Copargo. Les stocks de médicaments nécessaires ont deja été mis en place et les agents de santé qui doivent intervenir dans le dispositif ont déjà été formés. La phase d’identification des pauvres et extrêmes pauvres a déjà eu lieu et la distribution des cartes qui permettront de jouir de la composante assurance du projet seront distribuées dans les tout prochains jours de manière à ce que le lancement officiel de cette composante de l’Arch puisse avoir lieu courant juillet 2019. Il est une évidence que ce volet de l’Arch va impacter positivement la santé de nos populations.

La césarienne est-elle toujours gratuite dans notre pays et quelles sont les conditions pour en bénéficier ?

Depuis le régime passé, la césarienne n’est pas gratuite, mais elle est subventionnée. Et le gouvernement actuel poursuit le programme. L’État met en place dans ce cadre un montant de 100.000 francs Cfa par personne césarisée, à la disposition des hôpitaux éligibles pour leur permettre d’amortir les frais qui sont engagés dans l’offre de la césarienne. Cette offre va fusionner dans l’avenir avec le volet assurance santé de l’Arch.

Mais ce qu’il faut aussi savoir au sujet de la césarienne, c’est que depuis environ un an maintenant, l’Agence Nationale de la Césarienne exige les cartes d’identité avant toute prise en charge de femme devant bénéficier de cette offre. Cela s’inscrit dans la dynamique que le gouvernement s’impose pour ce qui est de la promotion de la bonne gouvernance et de l’assainissement des finances publiques dans notre pays.

Parlant toujours de la prise en charge dans nos hôpitaux, il faut dire que la hausse du taux d’accouchement par césarienne au niveau des hôpitaux de référence tels que l’hôpital de zone d’Abomey-Calavi n’est pas systématiquement synonyme d’une mauvaise foi des sages-femmes dans la prise en charge des femmes enceintes. Elle est plutôt une conséquence de ce que ce sont les cas les plus compliqués qui sont référés vers ces centres-là. Ce taux varie donc entre 40 et 50% au niveau des hôpitaux de référence alors qu’il est beaucoup plus faible au niveau des centres de la périphérie.

Où en sommes-nous M. le ministre par rapport à la lutte contre les cabinets privés illégalement installés ?

L’assainissement du système sanitaire de notre pays a aussi requis plusieurs actions de la part du gouvernement du président Talon. Au plan de la lutte contre les cabinets illégalement installés, de grandes avancées ont été réalisées. Retenons simplement que le fait d’être vêtu de rose ou de blanc n’est en rien un signe de ce que l’on a la qualification requise pour administrer des soins de qualité. Cela a amené le gouvernement à déclarer la guerre à ceux que l’on peut appeler à juste titre “les donneurs de mort”. Dans la même veine, le gouvernement a dû suspendre à un moment donné l’exercice en clientèle privée pour ramener le compteur à zéro. Mais l’attribution des autorisations d’exercice en clientèle privée a repris à un rythme accéléré au cours de l’année 2018 où en lieu et place des 4 sections prévues pour une année il y a même eu 2 sessions par mois à des moments donnés. Grâce à ce rythme, plus de 3000 autorisations ont été délivrées et plus de 500 demandeurs d’autorisation de structures sanitaires privées ont aussi été satisfaits pendant que d’autres sont encore en attente.

J’ai déposé une demande d’exercice en clientèle privée depuis décembre 2018 mais jusqu’à ce jour, M. le ministre je n’ai pas eu de suite. J’ai été plusieurs fois au ministère et on me demande toujours de revenir au motif que vous n’avez pas encore signé ces attestations. Nous voulons alors comprendre ce qu’il faut faire M. le ministre.

La délivrance des autorisations prend un peu de temps en raison de ce que notre système sanitaire est perverti au point même où des concitoyens à nous brandissent parfois des diplômes falsifiés ou délivrés dans d’autres pays pour essayer de se faire délivrer ces autorisations. Du coup, nous sommes obligés, pour aboutir à des conclusions fiables, de vérifier minutieusement tous les détails. Mais les choses évoluent bien de ce côté là aussi.

A propos de l’Inmes, pourrait-on avoir un concours ou une autorisation d’exercice en clientèle privée? Il s’agit des masters en gynécologie, santé mentale, anesthésie réanimation et pédiatrie puériculture.

Les titulaires des Masters de l’Inmes dans les spécialités de gynécologie ou de santé mentale peuvent bel et bien déposer leurs dossiers pour l’autorisation en clientèle privée. Leurs qualifications le leur permet. Mais il faudrait déjà qu’ils ne soient pas des agents de l’État. Je saisis donc cette brèche pour dire que les différentes demandes d’autorisation que l’on peut adresser tiennent aussi compte du profil des demandeurs. Un infirmier ne peut avoir l’autorisation que pour un cabinet de soins alors qu’un médecin peut être autorisé à ouvrir une clinique par exemple.

A quelle condition le secteur privé, c’est-à-dire les investisseurs privés peuvent-ils investir dans la réalisation des centres hospitaliers privés dans les grandes villes de notre pays ?

Il n’est pas rare dans les zones reculées de notre pays ou même certaines grandes villes, des jeunes ayant à peu près le niveau 4ème et ayant reçu une formation dans les cliniques récemment fermées, se promènent avec leurs petits sacs contenant seringues, thermomètres et autres. Ces derniers ne font que paralyser les enfants et les vieux, ne maîtrisant rien à l’organisation du corps humain. Doit-on laisser les cliniques continuer de former les agents ambulants communément appelés « frères doto » et les « soeurs doto » en République du Bénin?

La loi qui régit l’exercice en clientèle privée au Bénin n’autorise dans son état actuel, que les professionnels de la santé à bénéficier d’une autorisation. Cela ne se peut donc pas pour les investisseurs privé qui ne sont pas des professionnels de la santé. Mais il est possible qu’avec les réformes à venir cet état de chose évolue et que cette possibilité en vienne à exister. L’assainissement du système sanitaire dans son aspect relatif à la lutte contre les cliniques illégalement installées nécessite une veille permanente dans laquelle les forces de l’ordre et les dispositifs de suivi et d’information qui existent ne peuvent réussir seuls. L’apport de chacun des citoyens que nous sommes est nécessaire à cette fin.

Nous devons observer la tolérance zéro face à toutes les manifestations de la médiocrité et de l’incompétence, s’agissant du personnel du système sanitaire de notre pays. Il existe des centres qualifiés pour la formation des agents de santé et il faut que nos populations aient conscience de cela pour éviter de se rabattre sur des gens qui ne peuvent les former que pour donner la mort à nos naïves et vulnérables populations.

Nous voudrions savoir où nous en sommes par rapport aux évacuations sanitaires. La question s’invite dans le débat parce que nous apprenons que des gens sont évacués officieusement alors que d’autres sont en train de patienter indéfiniment.

La réforme des évacuations sanitaires était plus que nécessaire. Avant cette réforme, la situation était telle que l’État dépensait plusieurs milliards de FCfa pour évacuer soit des patients pour qui il était établi qu’il n’y a plus d’issue possible au plan médical ou bien des patients souffrant d’affection dont la prise en charge est bel et bien possible ici au Bénin. Mais pendant ce temps, le même État n’arrive pas à débourser de l’argent pour faire face aux cas des milliers d’autres patients qui n’ont besoin que d’une somme dérisoire pour recouvrer la santé. Devrions-nous continuer de laisser des enfants mourir d’anémie parce que leurs parents manquent de 8.500 FCfa alors que de l’autre côté, nous dépensons plusieurs milliards de FCfa dans des évacuations qui n’ont pas leur raison d’être ? Ce dysfonctionnement ne pouvait pas perdurer et le gouvernement a tôt fait de prendre ses responsabilités en réorganisant le système d’évacuation.

Avec cette réorganisation, le Conseil national de santé est désormais le seul organe qui décide de l’opportunité ou non d’une évacuation et cela avec objectivité et dans la plus grande équité. Les résultats que nous enregistrons depuis lors sont très probants et réconfortants et le gouvernement n’entend pas s’arrêter en si bon chemin. En même temps que nous travaillons à construire dans notre pays des hôpitaux de référence répondant aux normes internationales aussi bien du point de vue du plateau technique que de la qualité des soins, nous avons aussi entrepris de former les ressources humaines de notre système sanitaire à la prise en charge des pathologies telles que les cancers et les troubles cardiologiques pour lesquelles nous n’avions jusque-là pas d’autre choix que celui des évacuations sanitaires. Aussi douloureuse que cette réforme se révèle parfois, il faut reconnaître qu’elle était indispensable.

Quelles sont les mesures prises par le gouvernement pour limiter les risques pour nos populations de contracter la dengue quand on sait que ce sont des piqûres de moustiques qui sont à l’origine de cette maladie ?

Les campagnes de distribution à grande échelle de moustiquaires imprégnées gratuites ont toujours eu lieu et cette année encore, cette campagne va avoir lieu. Mais au-delà de l’utilisation de la moustiquaire imprégnée, la lutte contre le paludisme passe aussi par l’assainissement de notre cadre de vie et la pulvérisation intradomiciliaire. Concernant la pulvérisation, plus particulièrement, nous devrions travailler à laisser ceux qui en ont la charge le faire dans nos maisons en dépit de ce que cela implique parfois que ces derniers puissent avoir accès à nos chambres à coucher par exemple.

Et par rapport à la dengue qui se transmet aussi par un moustique, je voudrais attirer l’attention de nos concitoyens sur le fait que l’utilisation des anti-inflammatoires tels que l’aspirine, l’ibuprène et le diclofénac peut en aggraver le tableau clinique. J’invite donc toute personne qui ressent des symptômes de paludisme à se rendre dans une formation sanitaire en vue d’une prise en charge efficace et sûre.

L’ordre des pharmaciens est suspendu depuis un an maintenant alors qu’au départ c’était prévu pour durer juste 06 mois. En tant que nouveau diplômé, à quel niveau dois-je m’inscrire pour exercer ma formation et réclamer mes droits au besoin ?

La réforme du secteur pharmaceutique était nécessaire et elle est même salutaire au regard du taux élevé de dialysés qu’il y a dans notre pays aujourd’hui. La question que nous devrions nous poser à ce sujet est la suivante : au-delà du diabète et de l’hypertension, quelle part occupent les médicaments que nous consommons dans la survenue des cas d’insuffisance rénale qui finissent par conduire à la dialyse? Je voudrais donc nous exhorter à ne pas livrer notre santé à la maladie et nos vies à la mort par la consommation de médicaments contrefaits. Le gouvernement pour sa part, poursuivra les réformes qu’il a engagées pour la disponibilité aussi bien des soins que des médicaments de qualité.

La carte pharmaceutique, qu’en est-il ?

La réforme au niveau du secteur pharmaceutique évolue très bien et aboutira dans les tout prochains jours à la mise en place de nouvelles institutions qui vont régir le secteur pharmaceutique. Mais en attendant cela, la Direction des Pharmacies qui est logée dans l’enceinte du ministère de la Santé continue de recevoir les dossiers de demande d’adhésion à l’Ordre des Pharmaciens, en vue de leur traitement à travers la commission des réformes. Mais je tiens à préciser que tout est fin prêt pour que la carte pharmaceutique puisse être disponible très bientôt.

Que peut-on attendre de vous, de votre équipe et du gouvernement en matière de participation médicale et sanitaire des citoyens béninois de la diaspora, en vue de contribuer à la promotion sanitaire et sociale, à leur installation et au développement de la médecine dans les villes et campagnes du Bénin ?

La diaspora joue déja un rôle fondamental à cet effet et elle peut en faire davantage à travers des apports en expertise et des missions ponctuelles. Mais nos concitoyens de la diaspora peuvent aussi revenir au pays pour investir dans la mise en place de structures sanitaires de qualité. Leur contribution et leur soutien sont indispensables pour le redressement de notre système sanitaire qui est actuellement en cours, grâce à la volonté politique du gouvernement du Président Patrice Talon.

De quels moyens dispose un patient lambda qui reçoit de mauvais services dans un centre de santé au Bénin pour rapporter les faits ?

Le ministère a prévu deux canaux pour être informé de ces situations ou de toutes autres doléances aux fins de les traiter avec diligence. Il s’agit du 91 44 44 44 ou du 136 qui est un numéro vert.

Conclusion

Le gouvernement du Président Patrice Talon s’attèle, de jour comme de nuit, à la mise en œuvre de réformes dont il est attendu l’amélioration de la qualité des services sanitaires au profit des populations béninoises. Il est indispensable et impérieux que dans notre pays, chacun puisse jouir pleinement de son droit à la santé. Cela implique que l’on puisse, en toute confiance, se rendre dans un centre de santé en cas de maladie, y recevoir les meilleures qualités de soins qui soient aux fins de pouvoir rentrer chez soi en étant mieux portant. Il est important que les agents de santé puissent comprendre que les réformes en cours dans le secteur de la santé sont salutaires pour tous, surtout dans la mesure où nul ne sait à quel moment qui peut se rendre dans quelle formation sanitaire pour se faire prendre en charge pour quel souci de santé.

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