| Les piqueurs
sauvages !
Progressivement et sans inquiétude, le phénomène
dit « des piqueurs sauvages » prend de l’ampleur
dans notre pays surtout en milieu rural. En réalité
de quoi s’agit-il ?
Ce sont des hommes ou des femmes en général sans
qualification qui sont soit des anciens secouristes ou des aides
soignants formés sur le tas, ou ayant travaillé auprès
des agents de santé, parfois des aventuriers à la
recherche du gain facile, qui avec une sacoche bourrée de
médicaments (en général des injectables) passent
de maison en maison dans les hameaux les plus reculés à
motos pour prodiguer des soins aux populations. Ils administrent
divers produits d’origine inconnu : antibiotique, antalgique
antipyrétiques etc. pose même des actes de petite chirurgie.
Moyennant par exemple une somme de 300 francs CFA, le pauvre paysan
a droit à une injection.
Pas de souci pour la continuité des soins : le tout dépend
de la poche de son client. Pour ce dernier c’est un ouf de
soulagement car il n’a plus besoin de se déplacer pour
aller au centre de santé, il pouvait se faire soigner chez
lui, il offre même toutes les garanties de protection à
ce dernier afin qu’il ne soit pas dénoncé. Les
conséquences de ce phénomène sont énormes,
elles ont pour noms : résistance aux antibiotiques, faible
fréquentation des centres, complications diverses, recours
tardif aux centres de soins, sous notification de certaines maladies
sous surveillance voire décès pour ne citer que celles
là.
Face à ce phénomène, les collègues
ne sont évidemment pas restés les bras croisés.
Mais combien d’entre eux ne se sont ils pas retrouvé
parfois entre le marteau du politique qui se refuse de les appuyer
dans cette lutte et l’enclume de la population inconsciente
des risques de ce phénomène qu’elle applaudit
plutôt.
Dans un pays comme le Bénin, où d’énormes
efforts sont faits tant sur le plan de la construction des infrastructures
sanitaires, de l’équipement en personnel, en matériel
et de la mise en place des services à base communautaire,
je pense qu’il urge de bouter ce phénomène hors
de nos contrées. Certes des efforts restent à faire
pour améliorer l’accessibilité à toutes
et à tous, mais je voudrais me faire le porte parole de cette
couche de la population inconsciente des risques pour en appeler
au secours de tous ceux qui peuvent contribuer à endiguer
ce phénomène : personnels de santé qui ne doivent
pas baisser les bras, politiques qui doivent soutenir la lutte car
seuls les biens portant peuvent militer à vos cotés,
autorités de tout ordre et toutes les bonnes volontés.
Je n’ai certainement pas la solution, mais une contribution
de toutes et de tous (béninoi (ses) de l’intérieur
et de l’extérieur, amis du Bénin) à travers
des propositions concrètes seraient les bienvenues, car c’est
de la santé d’un de nos parents qu’il s’agit
: si aujourd’hui ce n’est pas vous, demain ce sera un
des vôtres qui sera la victime.
|