| Lutte contre
le paludisme au Bénin : Point et perspectives
Situé au premier rang des principales maladies au Bénin,
le paludisme est retrouvé chez quatre malades en moyenne
sur dix consultés. On estime à 108‰ l’incidence
du paludisme simple au Bénin avec des chiffres beaucoup élevés
chez les enfants de moins de cinq ans. Depuis quelques années,
le paludisme est devenu tout comme d’autres maladies une grande
priorité pour la communauté internationale en générale
et le Bénin en particulier, depuis lors des initiatives se
sont multipliées pour venir à bout de ce « meurtrier
», mais depuis 2002, des études ont démontré
que la lutte contre le paludisme est confrontée à
trois défis majeurs :
- La résistance des parasites aux antipaludiques, notamment
la Chloroquine (Taux d’échec thérapeutique
de 35,20%) et la Sulfadoxine-Pyriméthamine (Taux d’échec
thérapeutique de 22,80%) ;
- La non ré imprégnation systématique des
moustiquaires par les communautés ;
- La résistance du vecteur (Anophèle) aux insecticides
utilisés (la Perméthrine).
Face à ces défis, le Programme National de Lutte contre
la Paludisme (PNLP) a adopté une nouvelle politique dont
l’objectif est de réduire (d’au moins 50 % par
rapport à 2001), la morbidité et la mortalité
imputables au paludisme d’ici à 2010.
Au nombre des stratégies retenues pour la nouvelle politique
on retrouve le remplacement de la chloroquine et de Sulfadoxine-Pyriméthamine
par les combinaisons thérapeutiques à base d’Arthémisinine
(CTA) pour le traitement du paludisme simple. Les CTA retenues au
Bénin sont : L’Arteméther-Luméfanthrine
(COARTEM®) et l’Artésunate-Amodiaquine (ARSUCAM®)
utilisés en cas de non disponibilité ou en cas d’intolérance
au premier et chez l’enfant de moins de six mois ;
Par ailleurs la quinine est recommandée pour le traitement
pré transfert du paludisme grave. Par rapport à la
prévention, outre les méthodes traditionnelles, les
responsables de lutte prônent l’utilisation des Moustiquaires
Imprégnées d’Insecticide de Longue Durée
d’Action (MIILD) et l’adoption du Traitement Préventif
Intermittent (TPI) à la Sulfadoxine-Pyriméthamine
(SP) chez la femme enceinte.
Ce programme n’occulte pas bien sûr la surveillance
épidémiologique et entomologique, la recherche et
la communication intégrée aux initiatives à
base communautaire.
Mais, il demeure dans les formations sanitaires le problème
de la disponibilité du COARTEM® pour la prise en charge
correcte des cas de paludisme simple, la pénurie de sang
dans les unités transfusionnelles et l’insuffisance
des moyens financiers des parents. Une évaluation a d’ailleurs
montrée que l’incidence du paludisme (simple+grave)
semble plus élevée dans les départements du
Littoral (182 ‰), de l’Ouémé (169 ‰),
du Borgou (148 ‰) et de l’Alibori (162 ‰).
D’autre part, la létalité pour le paludisme
grave reste en progression. Ceci pourrait s’expliquer par
les raisons sus énumérées et l’amélioration
du système de notification mis en place par le PNLP Bénin
qui en outre, depuis quelques années met l’accent sur
la formation du personnel, la promotion des bonnes pratiques au
sein de la communauté et l’approvisionnement en médicaments
et consommables. Toutes ces difficultés montrent la nécessité
d’une plus grande mobilisation de tous les béninois
et amis du Bénin afin d’assurer l’accès
universel aux interventions de traitement et de prévention
et obtenir un impact sur la morbidité et mortalité.
La lutte contre le paludisme contribuerait à réduire
le taux d’absentéisme et par conséquent améliorer
la productivité et le développement de notre cher
et beau pays : le Bénin.
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