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Avril 2007 - Editorial du Docteur Soliou BADAROU

Pérennisation des activités du PEV : Quelles alternatives ?

La question du financement du programme élargi de vaccination (PEV) fait l’objet de plusieurs discussions depuis quelques années. Pour certains spécialistes de la question il est difficile de mobiliser d'autres ressources autres que celles collectées par les gouvernements, cela du fait qu'il y a peu de demande spontanée de la part des individus et des familles et que les vaccinations sont un programme induit par les professionnels de la santé. Par ailleurs il n’existe pas d’organismes d'assurances maladies qui soutiennent le PEV. Au Bénin, la pratique du recouvrement des coûts et du paiement direct concernant les soins curatifs et les médicaments sert entre autre à subventionner les services préventifs et en premier lieu la vaccination par les gains réalisés sur la vente des médicaments ou d'actes curatifs, cet apport est bien modeste au regard des besoins de financement et des autres dépenses de ces centres.

La communauté bénéficiaire quant à elle, me paraît réduite à un rôle de consommateur passif qui accepte juste l’administration des doses aux enfants dans le meilleur des cas, ou au pire s’opposer même à la réalisation de ces activités à travers divers actions (réticence ou même refus catégorique). Pourtant les bienfaits de la vaccination ne sont plus à démontrer : je n’en veux pour preuve que l’éradication de la variole, la réduction de la mortalité liée à la méningite ou à la rougeole (maladies bien connues de nos populations).

A l’ère de la décentralisation au Bénin où les communes jouissent d’une certaine autonomie, leurs contributions dans la pérennisation des activités du PEV me paraissent indispensable, non seulement en terme de financement mais aussi en terme d’appropriation. Une intégration du PEV par exemple, aux différents plans de développement locaux des communes, faciliterait l'intégration de la vaccination aux initiatives locales et encouragerait son appropriation et une intégration de la pratique aux différents programmes communautaires.

Cette participation forte de la communauté ne réduirait-elle pas les réticences observées de plus en plus au cours des campagnes de masse, ainsi que les dépenses liées aux actions coûteuses récurrentes menées pour faire accepter à la communauté les bienfaits de la vaccination ? D’autres solutions existent certainement, mais le plus important est qu’elles favorisent une véritable appropriation par les bénéficiaires surtout dans une vision d'éradication de certaines maladies auquel le Bénin a souscrit, et dont les actions coûtent énormément chères.


Les structures en charge de la santé communautaire du ministère de la santé doivent inciter de plus en plus nos communes à se doter d’un véritable programme de santé, toute chose qui pourrait améliorer la promotion de la santé à partir des initiatives locales. Une façon d’encourager la pérennisation des pratiques clés en matière de santé qui souvent disparaissent après le départ du promoteur.
Au passage l’équipe de santé tropicale salue la parution du bulletin de rétro information sur le PEV et la surveillance épidémiologique au Bénin du ministère de la santé, toute chose qui contribuera au partage des informations.

 

Parakou, le 5 avril 2007 Docteur Soliou BADAROU
solbis1@yahoo.fr
/ solbis1@mail2world.com

 


 

 
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