| Pérennisation
des activités du PEV : Quelles alternatives ?
La question du financement du programme élargi de vaccination
(PEV) fait l’objet de plusieurs discussions depuis quelques
années. Pour certains spécialistes de la question
il est difficile de mobiliser d'autres ressources autres que celles
collectées par les gouvernements, cela du fait qu'il y a
peu de demande spontanée de la part des individus et des
familles et que les vaccinations sont un programme induit par les
professionnels de la santé. Par ailleurs il n’existe
pas d’organismes d'assurances maladies qui soutiennent le
PEV. Au Bénin, la pratique du recouvrement des coûts
et du paiement direct concernant les soins curatifs et les médicaments
sert entre autre à subventionner les services préventifs
et en premier lieu la vaccination par les gains réalisés
sur la vente des médicaments ou d'actes curatifs, cet apport
est bien modeste au regard des besoins de financement et des autres
dépenses de ces centres.
La communauté bénéficiaire quant à
elle, me paraît réduite à un rôle de consommateur
passif qui accepte juste l’administration des doses aux enfants
dans le meilleur des cas, ou au pire s’opposer même
à la réalisation de ces activités à
travers divers actions (réticence ou même refus catégorique).
Pourtant les bienfaits de la vaccination ne sont plus à démontrer
: je n’en veux pour preuve que l’éradication
de la variole, la réduction de la mortalité liée
à la méningite ou à la rougeole (maladies bien
connues de nos populations).
A l’ère de la décentralisation au Bénin
où les communes jouissent d’une certaine autonomie,
leurs contributions dans la pérennisation des activités
du PEV me paraissent indispensable, non seulement en terme de financement
mais aussi en terme d’appropriation. Une intégration
du PEV par exemple, aux différents plans de développement
locaux des communes, faciliterait l'intégration de la vaccination
aux initiatives locales et encouragerait son appropriation et une
intégration de la pratique aux différents programmes
communautaires.
Cette participation forte de la communauté ne réduirait-elle
pas les réticences observées de plus en plus au cours
des campagnes de masse, ainsi que les dépenses liées
aux actions coûteuses récurrentes menées pour
faire accepter à la communauté les bienfaits de la
vaccination ? D’autres solutions existent certainement, mais
le plus important est qu’elles favorisent une véritable
appropriation par les bénéficiaires surtout dans une
vision d'éradication de certaines maladies auquel le Bénin
a souscrit, et dont les actions coûtent énormément
chères.
Les structures en charge de la santé communautaire du ministère
de la santé doivent inciter de plus en plus nos communes
à se doter d’un véritable programme de santé,
toute chose qui pourrait améliorer la promotion de la santé
à partir des initiatives locales. Une façon d’encourager
la pérennisation des pratiques clés en matière
de santé qui souvent disparaissent après le départ
du promoteur.
Au passage l’équipe de santé tropicale salue
la parution du bulletin de rétro information sur le PEV et
la surveillance épidémiologique au Bénin du
ministère de la santé, toute chose qui contribuera
au partage des informations.
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