Bénin Santé Benin  

Sommaire
Page d'accueil
Présentation du site
Forum de la santé en Afrique
Annuaire de la santé en Afrique
Contacts


Mai 2007 - Editorial du Docteur Soliou BADAROU

Les infirmier (es) et le risque du métier : Osons en parler !

Le 12 Mai est la journée consacrée aux infirmier (es), une catégorie d’agent de santé dont on parle peut-être peu, mais qui pourtant est très exposée du fait des tâches à elle destinée, et c’est à juste titre que le thème de cette année 2007 est : Environnements favorables à la pratique des métiers de la santé : qualité au travail = qualité des soins pour les patients.

En effet, les infirmières enregistrent le plus haut taux de blessures par piqûre de seringue parmi les professionnels de la santé. Le bureau international du travail (BIT) estime que la probabilité qu’une simple piqûre de seringue entraîne une maladie est de 3 à 5 pour mille pour le VIH, 300 pour mille pour l’hépatite B et 20 à 50 pour mille pour l’hépatite C. Selon l’Association des hôpitaux américains, un cas d’infection grave due à un agent pathogène transmis par le sang peut entraîner un coût d’1 million de dollars pour l’employeur pour couvrir les tests, le suivi médical, le temps perdu et les indemnités d’incapacité. Les hôpitaux de Californie pourraient ainsi économiser 100 millions de dollars par an grâce à la mise en œuvre d’une législation imposant l’usage de seringues sûres.

Si dans nos pays en général et au Bénin en particulier, ces genres d’accident préjudiciables à la fois pour les infirmières et pour les patients, sont largement sous estimés, car nombreux sont ceux et celles qui en sont victimes tous les jours sans notification et dispositions particulières, ce mois de mai constitue une occasion pour attirer l’attention des uns et des autres sur la nécessité de sensibiliser d’avantage les infirmier (es) sur ces risques professionnelles, les mesures préventives et la procédure de prise en charge qui existe pourtant au Bénin.

Une convention du BIT appelle d’ailleurs les états membres à améliorer les lois et les réglementations sur la sécurité et la santé au travail en les adaptant aux spécificités du travail infirmier. La recommandation n° 157 développe davantage les mesures de prévention pour réduire ou éliminer les risques pour la santé du personnel infirmier, y compris une politique de santé professionnelle nationale, la création de services de santé au travail, l’accès à la surveillance médicale, la compensation financière pour ceux exposés à des risques spéciaux et la participation à tous les aspects des dispositifs de protection.

Mais l’amélioration de ces conditions de travail incombe aussi aux différents groupements des infirmiers qui tout en faisant du syndicalisme doivent également se pencher sur ces questions précises qui touchent à leur vie et rechercher avec les différents acteurs les voies et moyens. Les accidents avec exposition au sang doivent également à mon avis à l’instar des maladies à potentiel épidémique, bénéficier de la mise en place d’un système de surveillance bien codifié qui amène les différents acteurs du système à des déclarations périodiques. Nul ne doute aujourd’hui du rôle important que jouent ces infirmier (es) surtout dans les postes de santé des régions rurales, rôle qui va largement au-delà des seuls aspects de soins curatifs, mais au delà des risques sus énumérés, les infirmiers et infirmières du Bénin doivent profiter de ce mois spécial pour se pencher également sur les questions liées à l’éthique et la déontologie régissant la profession, et sensibiliser davantage la troupe sur la nécessité d’adopter des comportements sains pour le bien-être des populations.

Bonne fête à toutes et à tous.

 

Parakou, le 21 mai 2007 Docteur Soliou BADAROU
solbis1@yahoo.fr
/ solbis1@mail2world.com

 


 

 
NG COM Santé Tropicale
Copyright © 2007 NG COM Santé tropicale. Tous droits réservés.