| A quand
l’abolition du travail des enfants au Bénin ?
Lorsque l’enfant apparaît le cercle de la famille s’agrandi
dit-on. En Afrique l’enfant constitue une véritable
richesse dont on ne peut se passer. Mais malheureusement ces enfants
ne seront pas à l’abri d’un certain nombre de
vices parfois socialement acceptés entre autre, la traite
sous forme de travail des enfants. Selon les spécialistes
de la question, le travail des enfants touche plusieurs domaines
d’activités dont l’agriculture, les mines etc.
Et il génèrerait des milliards de dollars dans le
monde chaque année. Selon le troisième recensement
de la population et de l’habitat, le Bénin comptait
en 2002, 480023 enfants travailleurs de moins de 14 ans et la majorité
de ces jeunes béninois au travail sont dans l’agriculture
(60%), le commerce (19%). Il y a aussi des ouvriers non agricoles
(9%) et 4% dans les services notamment comme aides familiaux.
Bien que privés de loisirs et ayant l’univers de
travail comme seul mode de vie, ils bénéficient très
peu de la condescendance des populations béninoises qui ont
plutôt tendance à considérer cette situation
qui concerne un effectif important de nos concitoyens comme normal.
Selon le représentant de l’UNICEF au Bénin interrogé
par Radio France international le 11 juin 2007, le Bénin
serait non seulement un pays où cette pratique est très
présente mais aussi il constitue un pays de transit ou d’accueil
des enfants venant des pays frontaliers.
Cette année 2007, à l’occasion de la journée
de l’enfant Africain qui a lieu le 16 juin, l’UNICEF
mettra l’accent sur la traite des enfants, thème qui
serait choisi estime le Comité africain de l’union
africaine, pour maintenir la dynamique dans la lutte contre la violence
à l’égard des enfants qui se développe
de plus en plus sur le continent et qui figure en bonne place dans
l’ordre du jour de nombreux forums continentaux discutant
des questions relatives aux enfants.
Mais la question à ce jour est de savoir qu’est ce
qui empêche l’application stricte des textes réglementant
ce travail des enfants partout en Afrique et au Bénin en
particulier ? Est ce une tolérance déguisée
des autorités publiques ou une résignation devant
le manque de moyens d’intervention ? Comment venir à
bout de ce phénomène quand ce sont les parents eux-mêmes
qui envoient leur enfant dans le secteur ? Ces réflexions
amènent certains spécialistes de la question dont
madame AGOLI-AGBO Micheline du CEFORP/UAC-Bénin à
penser que l’analyse du travail des enfants doit donc être
contextualisée, le phénomène apparaissant aujourd’hui
plus, comme une stratégie des familles en réponse
aux situations de précarité fluctuante vécue.
De plus, il est loin d‘être un phénomène
homogène car il varie énormément selon le contexte
socio-économique et ne revêt pas tout le temps des
formes nuisibles. D’où toute la complexité dans
la lutte contre cette forme de travail au Bénin. En acceptant
selon les termes de la convention 182 de « prendre des mesures
immédiates et efficaces pour assurer l’interdiction
et l’élimination des pires formes de travail des enfants
et ce de toute urgence » nos états avaient-ils perçu
les réelles enjeux et l’ampleur du travail à
abattre pour venir à bout de ce phénomène socialement
accepté ? Espérant que cette édition de 2007
qui couvre au Bénin, la période du 12 au 16 juin soit
une bonne occasion pour conscientiser davantage les parents et réfléchir
sur d’autres stratégies pour le bonheur des futurs
cadres de la nation béninoise.
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