| L’auto-évaluation
des compétences des communautés pour mieux faire face
au paludisme
Plus qu’un problème de santé publique, le
paludisme est devenu aujourd’hui un problème de développement.
Malgré les succès enregistrés au Bénin,
des efforts restent encore à consentir quant à l’atteinte
des objectifs d’Abuja, surtout dans un contexte de limitation
des ressources financières, de faible implication et d’appropriation
des initiatives de lutte contre le paludisme par les communautés
à la base. Conscient de cette réalité, le médecin-appui
paludisme des départements du Borgou et de l’Alibori,
Dr Akogbéto Pétas et son équipe a initié
à titre expérimental, une approche dite d’auto-évaluation
des compétences des communautés face au paludisme
qui est une initiative qui vise d’une part à mieux
faire adhérer les populations à la lutte contre le
paludisme et d’autre part à renforcer leurs compétences
face au paludisme. Cette initiative a ciblé les villages
de Guinagourou, de Nassy, de Gninsy, de Sontou et de Sandilo dans
la commune de Pèrèrè (département du
Borgou) au nord-est du Bénin. Elle a duré de septembre
2006 à Avril 2007 et vise deux objectifs, il s’agit
:
- d'amener les communautés de ces 5 villages à
auto-évaluer A leurs compétences face au paludisme,
- d'amener les communautés des 5 villages ciblés
à la plAanification et à la mise en œuvre d’interventions
qui concourent d’une part au renforcement de leurs compétences
et d’autre part à la lutte contre le paludisme.
Les différentes phases de cette approche peuvent être
résumées comme suit (évaluation de base, formation
des facilitateurs communautaires, auto-évaluation des compétences,
atelier de partages d’expériences, réunion de
microplanification, mise en œuvre des microplans, suivi de
la mise en œuvre, évaluation finale).
Principaux résultats obtenus :
- Pourcentage d’enfants de moins de 5 ans ayant accès
à un traitement rapide et adéquat dans les 24 heures
suivant l’apparition de la fièvre est passé
de 38 à 88%,
- Pourcentage de ménages disposant de moustiquaires imprégnées
de 20 à 62%,
- Pourcentage de femmes enceintes qui dorment sous moustiquaires
imprégnées de 20 à 40 %,
- Pourcentage des femmes enceintes ayant bénéficié
d’un traitement préventif intermittent correct à
la sulfadoxine-sulfadoxine de 36 à 70%.
Cette approche qui mérite d’être généralisée
à l’ensemble de nos contrées a l'avantage de
faciliter la responsabilisation et l’implicAation effective
des populations dans la planification et la mise en œuvre des
activités de lutte contre le paludisme, encourager l’appropriation
par les communautés des initiatives de lutte contre le paludisme,
de minimiser les coûts des activités et par conséquent
la rationalisation des ressources financières et enfin promouvoir
l’apprentissage et l’échange au sein des communautés
et avec d’autres communautés en vue de l’acquisition
de compétences.
Vivement que cette belle initiative du Dr Akogbéto et son
équipe ne s’arrête pas et que d’autres
puissent lui emboîter le pas.
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