Expérience de mobilisation communautaire en faveur de la notification des cas suspects de la tuberculose dans la zone sanitaire de Tchaourou
A l’échelle mondiale, une personne meurt de la tuberculose toutes les 20 secondes, alors même que des médicaments curatifs existent depuis 50 ans et ne coûtent que 25 dollars par personne. Au cours des vingt dernières années, l’Afrique subsaharienne a vu une recrudescence de cette maladie transmise par voie aérienne, qui touche plus souvent les populations pauvres. En Afrique, la tuberculose est la première cause de mortalité chez les personnes vivant avec le VIH/SIDA.
« Le Rapport 2008 de l’OMS sur la lutte mondiale contre la tuberculose constate un ralentissement des progrès réalisés dans la lutte contre l’épidémie de tuberculose. Il est urgent d’accélérer le regain de mobilisation en Afrique », a déclaré le Dr Mario Raviglione, Directeur du programme Halte à la tuberculose de l’OMS. « La Banque peut jouer sur la dynamique actuelle pour faire en sorte que cet objectif soit atteint en Afrique. »
Dans la zone sanitaire de Tchaourou les relais communautaires formés ayant à charge la notification communautaire des cas n’ont plus été recyclés, cette situation doublée du relâchement observé au niveau des responsables des centres de premier contact a conduit à la mise en place d’une expérience communautaire après le recyclage des relais communautaires visant à contribuer à la prévention et à la prise en charge correcte des cas de tuberculose dans la zone sanitaire de Tchaourou et de façon plus spécifique de :
- améliorer le taux de notification des cas suspects de tuberculose,
- prendre en charge correctement les cas confirmés,
- informer tous les acteurs communautaires sur les signes de la tuberculose,
- suivre les activités des relais communautaires formés.
Les étapes de cette initiative sont : séances de concertation entre l’infirmier CDT Tchaourou, le biotechnologiste et le médecin coordonnateur, l’identification des villages et structures à visiter lors de cette première expérience, la visite des villages retenus à travers ses structures clés, l’enregistrement sur place ou de façon différée des cas révélés, la collecte des échantillons de crachats, la réalisation des examens de crachats, la prise en charge des cas de TPM+ et la documentation de l’expérience.
A partir des supports d’information (dépliants, livrets de conseil etc.), l’infirmier PNT Tchaourou aidé de l’infirmier chef de poste de la localité visitée organise une séance d’animation et de causerie axée sur : la définition de cas, le mode de contagion et les facteurs favorisants la tuberculose et la prise en charge (ils insisteront sur le caractère gratuite de la prise en charge ainsi que l’alimentation des malades).
Après cette animation, une phase de question réponse est prévue afin de répondre aux préoccupations des participants.
La séance se termine par une synthèse des principaux points en ce qui concerne la tuberculose et la visite d’éventuels cas suspects si le temps le permet. Dans ce cas contraire, un des acteurs est responsabilisé pour la référence du malade vers le centre de santé de Tchaourou ou vers l’hôpital de zone (Papanè) selon la situation géographique du lieu de résidence.
Au terme de ce travail les principaux résultats suivants ont été obtenus :
- 60 leaders d’opinion, 20 Relais communautaires et 13 structures de soins informels ont été visités.
- 57 cas suspects ont été enregistrés au cours du bimestre Juillet-Août 2008 contre 21 au cours de la même période de 2007.
- Le nombre de cas suspects de tuberculose est passé de 65 à la fin du mois de juin où cette intervention a lieu à 122 cas au 31 Août 2008.
- Le taux de positivité est 14% au cours du bimestre Juillet-Août 2008.
- Tous les cas confirmés sont sous traitement et ont bénéficié de dons alimentaires. Il n’existe pas de co infection, ni de perdus de vus ni de décès.
NB : Il faut signaler que le traitement des cas confirmés de même que l’alimentation des malades est gratuit.
Les perspectives sont :
- Poursuivre la sensibilisation des infirmiers chefs de postes sur la question de la tuberculose ;
- Etendre ses débats causeries avec la communauté d’autres localités de la zone ;
- Poursuivre le suivi des relais communautaires formés sur le terrain ;
- Prévoir le thème de la tuberculose dans l’une des supervisions trimestrielles de la zone.
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