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Procréation médicalement assistée (PMA) : Des "bébés-éprouvette" made in Burkina - 05/09/2006 - L'Observateur - Burkina FasoEnvoyer cette page par e-mail Ajouter cette page à mes favoris

En juillet 1978 est née, en Grande-Bretagne, Louise Brown, le premier "bébé-éprouvette", c’est-à-dire conçu par fécondation in vitro (FIV). 28 ans après, cette technique de "procréation médicalement assistée (PMA)" est possible au Burkina à la clinique "La Grâce Marie" avec le Dr Eric Konyaolé, gynécologue-accoucheur, spécialiste du traitement de fertilité et ses collègues Salifou Traoré, Monique Kibora et Charlemagne Ouédraogo. Nous avons rencontré les deux premiers cités. Il nous parle de ces pratiques qui permettent au couple stérile d’avoir un enfant.

En quoi consiste la procréation médicalement assistée (PMA) ?

Dr Eric Konyaolé : La PMA est simplement un ensemble de techniques qui visent à permettre aux couples stériles d’avoir des enfants.

On entend parler d’insémination artificielle (IA) et de fécondation in vitro (FIV). Quelle différence y a-t-il entre ces concepts ?

Dr Eric Konyaolé : L’insémination artificielle (IA) est pratiquée lorsque les spermatozoïdes de l’homme ne sont pas assez mobiles ; ce qui induit une stérilité. On renforce alors la capacité fécondante des spermatozoïdes et on les injecte à la femme au moment de son ovulation pour qu’il y ait fécondation. Dans la fécondation in vitro (FIV), il y a une anomalie au niveau des trompes de la femme (elles sont bouchées par exemple), qui empêche les spermatozoïdes et les ovules de se rencontrer. Il y a le cas de spermatozoïdes déficients en quantité et en qualité. Enfin, il y a les stérilités inexpliquées. Le principe de la FIV consiste à contourner cet obstacle en provocant une sorte d’ovule chez la femme. Nous recueillons par une technique les ovocytes chez la femme et, concomitamment, le sperme de son conjoint. Nous mettons les deux produits en contact dans une machine appelée incubateur, après plusieurs étapes.

Pendant 48 à 72 heures, nous surveillons la division cellulaire. Au bout de ce temps, nous avons un ou plusieurs embryons qui se forment en fonction du nombre d’œufs que nous avons pu obtenir. Nous les réimplantons chez la femme. Au bout de deux semaines, la grossesse est confirmée par un test. La dernière technique est l’injection intra-cytoplasmique de sperme (ICSI). Elle est indiquée chez les couples où la quantité de spermatozoïdes est très insignifiante. C’est dire que vous retrouvez un nombre inférieur à 500 000 spermatozoïdes, sachant que le pouvoir de fécondité est au minimum de 20 millions de spermatozoïdes. Nous sélectionnons, de ce fait, les meilleurs et les introduisons directement dans l’ovocyte avec un appareil spécial appelé micro-injecteur, connecté à un microscope inversé. Pour le moment, nous faisons l’insémination artificielle (IA) et la fécondation in vitro (FIV). L’IA a donné un enfant sur 6 couples, qui a aujourd’hui 12 mois.

Votre clinique est-elle la seule en la matière au Burkina ?

Dr Eric Konyaolé : En ce qui concerne l’IA, nous ne sommes pas les seuls. Mais, s’agissant de la FIV, nous ne connaissons pas d’autres structures, pour le moment, à mettre en pratique cette technique.

Cette technique est assez récente dans notre pays. Quel est, à ce jour, le nombre de couples qui ont demandé vos services en la matière ?

Dr Eric Konyaolé : Nous avons effectué notre première FIV le 24 juillet 2006. Nous avons bénéficié, à l’occasion, de la collaboration d’un laboratoire français spécialisé en assistance médicale de la procréation (le Laboratoire Drouot du Dr Guy Cassuto) et de l’expertise du premier laboratoire de FIV en Afrique centrale (1997) précisément au Cameroun (Douala) avec le Dr Guy Sandjon. Dr Salifou Traoré : Nous avons travaillé sur une douzaine de patients et il y a trois grossesses en cours.

Quel est le taux de succès de l’opération ?

Dr Eric Konyaolé : Il est de 20% à 25% dans les centres vraiment bien entraînés en ce qui concerne la FIV. Pour l’IA, le taux oscille entre 9 et 10%. Dr Salifou Traoré : Il faut que les gens comprennent que la FIV ou l’IA ne sont pas à l’abri des risques d’avortement (10 à 15%) que peut encourir une femme en grossesse normale. Ces taux sus-cités sont faibles, mais il faut savoir que pour des couples normaux, la capacité de fécondation est de 25%, c’est-à-dire qu’il y a 25% de chances que la femme soit enceinte normalement. C’est donc pratiquement les mêmes chances qu’avec la FIV. Même en Europe, les taux tournent autour de ces chiffres.

Dr Eric Konyaolé : Si vous regardez les statistiques en matière d’infécondité, le taux est de 50% chez l’homme tout comme chez la femme. Il y a même une légère prédominance de l’infertilité du côté du sexe masculin. C’est vous dire qu’une femme qui n’est pas sous contraception a 25% de chance de tomber enceinte. Il ne faut pas que les gens pensent que dès qu’on se marie, 3 mois après, la femme doit être enceinte. C’est au minimum après deux années de vie commune avec des rapports sexuels réguliers qu’on peut consulter un médecin si l’on n’arrive pas à avoir d’enfant. Dr Salifou Traoré : En fait, on confond souvent la virilité et la fertilité. Un homme peut être virile, mais avoir des spermatozoïdes fatigués ou en quantité insuffisante.

Compte tenu de l’éthique, une femme sans mari peut-elle faire de la fécondation in vitro (FIV) ?

Dr Eric Konyaolé : Non. Puisque nous faisons signer un engagement, qui est un consentement, avec les pièces d’identité des conjoints. Puis, nous leur expliquons le principe de la technique utilisée. Nous ne prenons pas encore des personnes non mariées.

Quand vous parlez de couples, faut-il qu’ils soient forcément mariés ?

Dr Eric Konyaolé : Effectivement et vivant sous le même toit. Généralement, nous demandons l’acte de mariage, mais tout le monde n’est pas marié civilement en Afrique. En dehors de cela, nous acceptons une attestation sur l’honneur, dûment signée des 2 conjoints. Un "bébé-éprouvette" a-t-il la même constitution qu’un enfant né naturellement ? Dr Eric Konyaolé : Tout à fait. Prenez l’exemple du premier bébé-éprouvette, Louise Brown, née en 1978 en Grande-Bretagne ; elle a accouché il y a quelque un à deux mois. Ce sont des enfants normaux comme ceux conçus naturellement. Dr Salifou Traoré : Il faut que l’on comprenne que nous accompagnons simplement un processus naturel, en contournant des obstacles qui empêchent les spermatozoïdes de rencontrer les ovules, à l’aide d’une machine qui revêt les mêmes conditions que l’utérus.
Si vous voulez, c’est un utérus artificiel. Ensuite, nous replaçons l’embryon à l’endroit naturel afin qu’il poursuive son processus. Dr Eric Konyaolé : Ce que nous faisons est différent du clonage. Nous accompagnons, comme a dit mon collègue, un processus normal en contournant des obstacles. C’est tout. Il n’y a donc pas de différence entre les enfants qui naîtront dans l’un et l’autre cas.

Quittons l’aspect technique. Quel est le coût de tous ces services ?

Dr Eric Konyaolé : La PMA varie entre 150 000 et 1 200 000 FCFA. En réalité, ce sont les produits pharmaceutiques et les bilans de santé qui coûtent cher. Avant de recourir à une technique donnée, il y a une gamme d’examens à faire (pour connaître le statut sérologique, par exemple). Le coût des médicaments est variable selon l’âge : plus la patiente est jeune, plus la quantité de produits est petite et moins cela coûte ; plus elle évolue vers la ménopause, plus la quantité de médicaments est importante. Donc, on peut partir de 300 000 FCFA à 1 000 000 FCFA. C’est dire que ce n’est pas l’acte qui coûte, mais les médicaments.

Dans le cas où le couple est séropositif, que faites-vous ?

Dr Salifou Traoré : Un couple séropositif a toutes les chances de faire un enfant. En fait, nous procédons à un lavage du sperme, or toutes les études réalisées sur les cas d’espèce ont montré que cela permettait de stériliser tous les facteurs susceptibles d’entraîner une contamination à VIH ou à tout autre vecteur de maladie (hépatite, etc.). La PMA est actuellement un des moyens qui permet au couple séropositif de procréer. Quand l’un ou l’autre sont infectés, les rapports, protégés, empêchent d’avoir des enfants. Avec cette technique, ils peuvent en avoir sans risque. Dr Eric Konyaolé : Ce qu’il faut en déplorer, c’est le coût. Nous voudrions qu’il soit accessible au commun des Burkinabè, mais nous ne sommes pas au stade où nous pouvons fabriquer nous-mêmes nos produits pharmaceutiques ; nous les importons. Sans quoi, c’est une technique louable, qui apporte un plus à l’humanité et à la population burkinabè en particulier. De nombreux couples quittent notre pays pour recourir à cette pratique en Europe, alors que sur place, ici à Ouagadougou, nous en faisons profiter à moindre coût.

Entretien réalisé par Alain Saint Robespierre et Adama Ouédraogo Damiss

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