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Revue de presse

Docteur Mahamoudou Harouna Djingarey (coordonnateur du projet des vaccins contre la méningite) : « Il y a une avancée majeure dans la lutte contre la méningite » - 23/01/2013 - Le pays - Burkina FasoEnvoyer cette page par e-mail Ajouter cette page à mes favoris

Au moment où tous les burkinabè redoutent une nouvelle épidémie de méningite et que les autorités sont en alerte, nous avons rencontré le Docteur Mahamoudou Harouna Djingarey, coordonnateur du Projet des vaccins contre la méningite en Afrique basé à l’OMS/Ouagadougou au siège de l’équipe inter-pays. Docteur Mahamoudou Harouna Djingarey a relaté le processus qui a conduit à la production du vaccin « Menafrivac », nouveau vaccin contre la méningite utilisé pour la première fois au Burkina en 2010. Pour lui, le vaccin qui immunise pendant 10 ans a plusieurs avantages, ce qui fait sa spécificité. Menafrivac est non seulement produit à un coût abordable mais est aussi adapté au climat subsaharien.

Votre Santé : Quelles sont les avancées dans la lutte contre la méningite en Afrique ?

Docteur Mahamoudou Harouna Djingarey : La méningite est une maladie terrible qui sévit dans la bande sahélienne : du Sénégal jusqu’en Ethiopie. Elle survient pendant la saison sèche particulièrement aux mois d’avril-mai où elle s’intensifie. Toutes les populations la connaissent sous la forme de « maladie du cou raide ». Elle se traduit par la fièvre, des maux de tête intense, quelquefois des vomissements et à la phase d’état de la maladie, le cou devient raide. Depuis des temps immémoriaux, les gens luttent contre cette maladie par la prise en charge et la vaccination. Et c’est la vaccination qui nous intéresse aujourd’hui. Depuis 2010, il y a eu une avancée majeure en ce sens qu’un vaccin a été conçu contre la forme de méningite appelée méningite à méningocoque ‘A’. Cette forme est d’ailleurs responsable des grandes flambées épidémiques que nous rencontrons dans les pays situés dans la ceinture africaine de la méningite.

Quel vaccin utilisait-on avant l’avènement de Menafrivac ?
Avant ce vaccin, on utilisait un vaccin polysaccaride qui est un vaccin conjugué. La différence entre ce vaccin et Menafrivac est que le vaccin polysaccaride s’utilise chez les sujets de 2 à 30 ans. Pourquoi 2 ans ? parce que même si on administrait le vaccin au moins de 2 ans, la mémoire immunologique de ces enfants ne permet pas de produire des anticorps qui leurs permettent de lutter contre la maladie. Donc le vaccin est inefficace chez les moins de 2 ans. Le vaccin est utilisé chez les sujets de 2 à 30 ans parce que plus de 95% des cas de méningite se rencontrent dans cette tranche d’âge.

Et quels sont les avantages du nouveau vaccin ?
Le Nouveau vaccin, Menafrivac, peut être utilisé chez les sujets de 1 an ou moins. Nous verrons plus tard comment l’introduire dans les PEV (Programme élargi de vaccination) de routine. Menafrivac a une plus longue durée de protection, 10 ans , tandis que l’ancien vaccin qu’on utilisait jusque-là ne protégeait que pendant 3 ans. Le germe de la méningite se trouve dans les voies respiratoires. En éternuant, en toussant, en parlant fortement, le porteur sain excrète le germe qui contamine l’entourage. L’ancien vaccin ne protégeait pas contre le portage du vaccin. Mais Menafrivac détruit le germe dans les voies respiratoires. Ce qui est très bien pour l’immunité de groupe. En effet, en vaccinant les sujets d’un à trente ans, ceci entraîne la protection de facto des 30% de la population restante ; ce qu’on appelle immunité de groupe, c’est-à-dire que si la majorité est protégée la minorité l’est aussi. Menafrivac, avant même sa fabrication, a été négocié à moins d’un dollar la dose, à peu près moins de 500 F CFA. Le fabricant du vaccin a accepté de le produire à moins de 250 F CFA la dose. Ce qui est un avantage considérable quand on connaît le coût des vaccins aujourd’hui et quand on sait que la plupart des pays où la méningite sévit sont des pays en voie de développement. Un autre avantage du vaccin est qu’il est thermostable, c’est-à-dire qu’il résiste à une haute température. Dans la PEV, les vaccins sont conservés entre 2 et 8°C. Et pendant les campagnes de vaccinations, cette chaîne de froid ne doit pas être interrompue. Or, Menafrivac peut être gardé à une température ambiante et peut même être conservé à 40° sans être dénaturé. Ce qui est un avantage non négligeable parce qu’on peut le transporter dans les brousses et les hameaux les plus reculés qui, autrefois, ne bénéficiaient pas des campagnes de vaccinations de masse.

Comment est venue l’initiative de ce projet de vaccin ?
En 1995-1996, il y a eu une épidémie de méningite catastrophique qui a dévasté les familles dans tous les pays de la ceinture de la bande sahélienne. Cette épidémie a entraîné plus de 25 000 décès sur plus de 250 000 cas enregistrés. C’est suite à cela que les gouvernements africains, à travers leurs ministères de l’intérieur, se sont réunis en octobre 1996 pour trouver des solutions à cette épidémie dévastatrice de la méningite. C’est ainsi qu’ils ont proposé des solutions parmi lesquelles, l’appel lancé à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et à ses partenaires pour trouver une solution idoine à ces épidémies. L’OMS a donc contacté tous ses partenaires, l’ONG américaine PATH (Projet pour les technologies innovatrices en matière de santé) et la Fondation Bill et Melinda Gates pour pouvoir développer ce vaccin. En concertant les techniciens de santé publique, les experts ont demandé que la dose soit vendue à moins d’un dollars américain, environ moins de 500 F CFA pour que l’initiative soit pérenne. Ceci a été une contrainte pour les fabricants de vaccins traditionnels du Nord parce qu’à ce coût, ils ne feraient pas de bénéfice. Du coup, ils n’étaient pas intéressés par la fabrication d’un vaccin à ce prix. C’est ainsi que l’OMS et PATH ont continué à négocier les partenaires parmi lesquels Sérum Institue of India (l’institut des sérums de l’Inde) qui fabrique la plupart des vaccins du PEV. Cet institut a accepté produire ce vaccin à 40 cent américain la dose, entre 200 et 250 F CFA la dose. Ensuite la « Food and drugs industrie » des Etats-Unis et d’autres partenaires canadiens, français et néerlandais ont tout de suite accepté de transférer à l’institut indien la technologie de fabrication d’un vaccin conjugué. Bien attendu, c’est un vaccin monovalent qui va en priorité lutter contre la forme de méningite à méningocoque « A » qui est la forme la plus répandue en Afrique. D’autres expériences sont en cours pour les autres formes de méningite.

Pour être immunisé pendant 10 ans, faut-il une ou plusieurs doses par sujet ?
Ce vaccin s’administre en une seule dose chez les sujets de 1 à 29 ans en campagne de vaccination de masse. Dans les préparatifs de l’utilisation de ce vaccin, nous avons développé au niveau de l’OMS des stratégies pour pouvoir éliminer les épidémies de méningite. A cet effet, l’OMS et PATH ont constitué un projet appelé MVP (Projet de vaccin contre la méningite). Et c’est ce projet qui continu le travail au nom des deux partenaires. L’objectif de ce projet est d’éliminer les épidémies de méningite en Afrique subsaharienne par le développement, la fabrication, l’utilisation à grande échelle de vaccins conjugués abordables pour les pays africains. Les stratégies développées consistent en de grandes campagnes de vaccination de masse qui ciblent les sujets de 1 à 29 ans. Ensuite, tous les 5 ans, des campagnes de rattrapage seront organisées chez les sujets de moins de 5 ans parce qu’il y a eu des cohortes naissantes et les PEV de routine ne couvrent pas toute la population surtout celle éloignée des centres de santé. Bien sûr, nous allons continuer la surveillance et la lutte contre la méningite surtout que nous sommes en train d’introduire le vaccin par phase dans les pays subsahariens. Nous avons commencé en 2010 par le Burkina et nous continuerons jusqu’en 2016. La surveillance nous permettra, en cas d’épidémie d’autres formes de méningite, de lutter contre ces formes à méningocoque.

D’aucuns disent que c’est à cause de contraintes budgétaires qu’une tranche d’âge a été ciblée. Pourquoi spécifiquement les sujets de 1 à 29 ans ?
La plupart des cas de méningite se rencontrent dans cette tranche d’âge. Plus de 95% des malades de méningite ont moins de 30 ans. La méningite est rare après 30 ans. C’est pour cela que nous avons ciblé cette tranche d’âge. Par contre, aucune conséquence négative ne découlera du fait qu’une personne de plus de 30 ans se fasse vacciner par Menafrivac. Au contraire, ça le protège. Le seul problème est qu’en campagne de masse, il y a ce qu’on appelle « le bénéfice en santé publique ». On protège la masse pour que cette protection raréfie le germe afin que les autres puissent être protégés. Sinon, ce n’est pas une question budgétaire. Ce sont des réflexions scientifiques qui ont abouti à cette conclusion. Donc vacciner les personnes hors de cette tranche serait du gâchis. En plus, les plus de trente ans ont peut-être déjà été en contact avec le germe et ont développé une immunité naturelle au cours des épidémies successives qu’ils ont traversées pendant leur existence. Pour les sujets qui viennent de naître, le vaccin n’est pas très efficace pendant les premiers mois de la vie parce qu’il n y a pas une mémoire immunologique suffisante qui permet, en ce moment, au corps humain de reconnaître et de lutter contre le microbe. Des recherches sont en cours à Navrongo, au Ghana, pour essayer de voir à quel mois il faut vacciner les nouveaux nés. Probablement, nous comptons pouvoir les vacciner aux alentours de 9 mois en même temps que la vaccination contre la rougeole et la fièvre jaune. Mais les études ne sont pas encore terminées. Nous aurons les premiers résultats en fin 2014.

Quelles sont les étapes suivantes pour le Burkina et les premiers pays dont les populations ont été vaccinées par le nouveau vaccin ?
Nous avons effectué en 2010 une campagne de masse au Burkina Faso. Plus de 11 millions de personnes, dont l’âge est compris entre 1 et 29 ans, ont été vaccinées. Les pays couverts entièrement sont le Burkina, le Mali, le Niger, une partie du Nigéria, le Nord-Bénin, le Ghana, le Sénégal et le Soudan, le Tchad, le Cameroun. Nous estimons que d’ici fin 2012, nous allons vacciner plus de 100 millions de personnes. Pour la suite, une campagne de vaccination de masse est prévue en 2015 pour tous les individus de 5 ans. Nous espérons qu’à l’horizon 2016, le vaccin de lutte contre la méningite sera introduit dans la PEV de routine pour les sujets de moins d’un an. Nous allons aussi renforcer la surveillance pour les autres formes de méningite tels le W135, le X. Evidemment, l’OMS et ses partenaires mènent des réflexions afin de développer des vaccins contre les autres formes de méningite.

Propos recueillis par Françoise DEMBELE

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