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Santé maternelle et infantile : la gratuité des soins, c’est bien possible - 30/01/2013 - Sidwaya - Burkina FasoEnvoyer cette page par e-mail Ajouter cette page à mes favoris

La problématique de la levée des barrières financières occupe une place importante depuis quelques années, dans l’agenda des acteurs du système sanitaire au Burkina Faso. Des efforts importants ont été consacrés par l’Etat au financement de la santé. Mais, l’accès financier des plus vulnérables que sont les femmes enceintes et les enfants de 0 à 5 ans aux soins de santé reste un défi majeur. L’expérience menée par Médecins du monde, met en évidence l’impact positif de l’exemption des frais des soins de santé.

Komsilga est une localité située à une trentaine de kilomètres de la capitale Ouagadougou. Haoua Garané dite Pugsabléga (femme de teint noire en langue locale mooré) y habite. Elle refuse de faire consulter sa fille de 3 ans, qui pourtant présente des signes de malnutrition sévère. Les pieds et les mains enflés, le ventre ballonné, les cheveux grisonnants, Samira n’arrête pas de pleurnicher et finit par agacer sa mère. « Tu me fatigues. Que veux-tu que je fasse ? », lance Haoua à sa fille. A la question de savoir pourquoi elle n’amène pas Samira voir les médecins, Haoua répond sèchement : « qui va payer ? » Et de poursuivre, « j’ai déjà ma carte d’identité qui y est restée, parce que la dernière fois que j’ai séjourné là-bas avec mon fils, je devais à la sortie payer 5 500 FCFA. J’avais 2000F et j’ai laissé ma pièce d’identité, promettant de revenir payer le reste. Jusque-là, je n’ai pas eu l’argent, donc je ne peux plus repartir ».

A l’image de Haoua Garané, ils sont des milliers, les parents qui hésitent ou refusent de fréquenter les centres de santé par manque de moyens financiers. Posant du même coup, la problématique de l’accès des soins de santé aux populations pauvres, mais aussi vulnérables, en l’occurrence les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans. En 2011, les études ont révélé que 307 mères meurent quand 100 000 enfants naissent. C’est beaucoup trop, comparé au taux français (9,6 décès pour 100 000 naissances). Afin de réduire cette forte mortalité, des stratégies tels la subvention des accouchements et les Soins obstétricaux néonatals d’urgence (SONU) à hauteur de 80% sont mises en œuvre dans toutes les formations sanitaires depuis 2006. Toutefois, si on note une amélioration des indicateurs (307 décès en 2011 contre 566 décès en 1993), les chiffres restent tout de même préoccupants ; et ce sont les femmes des zones rurales qui paient le lourd tribut.

La preuve de la gratuité par Médecins du monde

Maïnata Tamboura, âgée de 33 ans, habitante de la commune de Baraboulé, située à une trentaine de kilomètres de Djibo et distante de 240 kilomètres de Ouagadougou, est bénéficiaire de la gratuité de soins. Elle est présente ce matin de fin 2012 au Centre de santé et de promotion sociale (CSPS) pour une consultation prénatale. « Oh ! N’eût été la gratuité des soins, je ne serais pas là ce matin pour la consultation prénatale (CPN) », s’exclame Mme Tamboura. De l’autre côté de la maternité Safiata Badini est venue accoucher. A peine installée sur la table, qu’on entendit le cri du bébé annonçant la libération de la jeune mère. Le bonheur anime tous les accompagnants. Safiata Badini, pour avoir suivi régulièrement sa grossesse et sans en payer un frais de consultation, a accouché sans difficulté. « Voici le carnet de santé de Mme Badini. Elle a respecté tous ses rendez-vous de consultation prénatale. C’est une des raisons qui facilite l’accouchement », confie Mme Kafando Awa, accoucheuse auxiliaire au CSPS, en précisant : « tout est gratuit pour les bénéficiaires, mais en réalité, les frais sont supportés par l’ONG Médecins du monde (MdM) ». En effet, depuis 2010, MdM mène l’expérience de l’exemption des frais de santé pour les femmes enceintes et les enfants de 0 à 5 ans dans la province de Djibo. Ce projet consiste à fournir les prestations de soins à la population-cible sans contribution financière de leur part. MdM se substituant au tiers, paye pour la prise en charge des prestations curatives offertes par le personnel de santé dans les districts de Djibo. Les principaux effets de l’exemption des frais de santé sont visibles au niveau des taux de fréquentation des formations sanitaires. Les consultations curatives chez les enfants de 0 à 5 ans ont été multipliées. Elle a également permis d’augmenter le nombre d’accouchements assistés. Selon le major du CSPS de Baraboulé, Moussa Kordia, les agents de santé se réjouissent de la bonne fréquentation des centres de santé de la commune par les femmes enceintes. « A Baraboulé, toutes les femmes sans exception qui viennent vers les centres de santé bénéficient des soins gratuits par rapport aux consultations prénatales et l’accouchement. Tous les accouchements sont gratuits. La gratuité des soins a augmenté le taux de fréquentation des formations sanitaires qui est passé de 46 % en 2010 à 76 % en 2012. Elle a également permis l’augmentation du nombre d’accouchements assistés », atteste-t-il.

Un plaidoyer pour l’extension de la gratuité

Les effets positifs de l’exemption des soins ne sont plus à démontrer. De l’utilisation des services de santé à la qualité des soins en passant par les coûts des services, cette approche a montré de nombreux bénéfices. On ne peut nier que l’augmentation considérable de la fréquentation des centres de santé, combinée à un travail de renforcement de la qualité des soins, sont une résultante de l’exemption. Le projet a permis de garantir, du moins dans sa zone d’intervention, à chaque femme enceinte et enfant de moins de 5 ans, un suivi sanitaire.
Le projet a démontré la faisabilité technique de l’exemption de paiement, mais il reste à le rendre pérenne. Cet aspect, à en croire les responsables du projet, a été pris en compte en associant les mairies au projet. « Nous travaillons à ce que ce soit les acteurs locaux qui portent en premier lieu, le projet. La mairie contribue à 60% et MdM à 40 %. En 2013, lorsque le projet prendra fin, la mairie pourra aller à 80% et MdM à 20 % et au fil du temps, même si MdM n’est plus sur le terrain, le projet est déjà inscrit dans le programme de la mairie et pourra continuer au bonheur des populations », a expliqué le chef de projet de Médecins du monde à Djibo, Palé Oscar.

Au-delà de pérenniser les acquis de Djibo, il entend mener le plaidoyer au niveau national en faveur de la suppression des paiements des soins de santé pour les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans. Car, dans le contexte de pauvreté des populations, l’exemption semble être un passage obligé à l’atteinte des OMD.

Marceline KANTORO

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