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Gestion des équipements médicotechniques : les pistes possibles d’amélioration - 03/06/2013 - Sidwaya - Burkina FasoEnvoyer cette page par e-mail Ajouter cette page à mes favoris

L’indisponibilité des équipements biomédicaux par une absence de maintenance, entre autres, affecte sérieusement la qualité de service et des soins rendus aux populations. Courant mars 2013, le président de l’Association des professionnels de la maintenance du Burkina (APMB) interpellait les autorités burkinabè sur l’importance de la maintenance dans la préservation des outils de production aussi bien au niveau du secteur industriel que social tel que l’enseignement et la santé.

Pour faire écho de ce cri du cœur, en ce qui concerne le secteur de la santé, Marcel Konkobo, expert biomédical, relève les facteurs sur lesquels il va falloir s’appuyer pour une amélioration de la gestion des équipements médicotechniques.

On peut dire que la question de la maintenance (plus particulièrement la maintenance biomédicale en relation avec les équipements médicotechniques) est une problématique posée de façon récurrente depuis un certain temps au cours de diverses missions de supervisions ou d’expertises réalisées avec l’appui des Partenaires techniques et financiers (PTF)1. S’il n’est plus besoin de s’attarder sur l’état des lieux de la maintenance des équipements biomédicaux dans les structures sanitaires du Burkina Faso, dont une bonne synthèse a été faite dans le Plan national de développement sanitaire (PNDS)2, il convient néanmoins de relever quelques facteurs qui accentuent cette situation pour réfléchir aux pistes possibles d’amélioration.
D’ores et déjà on peut retenir dans le secteur public que les établissements de soins concernés par cette thématique sont essentiellement les quatre (04) centres hospitaliers universitaires (CHU), les neuf (09) centres hospitaliers régionaux (CHR) et la cinquantaine de centres médicaux avec antenne chirurgicale (CMA) ainsi que quelques autres établissements publics de santé tels que l’Office de santé des travailleurs (OST), le Laboratoire national de santé publique (LNSP), le Centre national de transfusion sanguine (CNTS), le Centre Muraz… ; dans une moindre mesure on peut y ajouter les Centres de santé et de promotion sociale (CSPS urbains et ruraux) pour les équipements de la chaîne de froid.

Les ressources humaines en maintenance

Le premier facteur à relever est l’insuffisance sinon le manque de ressources humaines qualifiées en gestion et mise en œuvre de la maintenance biomédicale à tous les niveaux. Les ingénieurs et les techniciens formés sont en nombre très limité et sont demandés à la fois par les hôpitaux, l’administration centrale et les prestataires de services privés. Les états généraux de la santé3 tenus en février 2010 dénombraient au niveau national neuf (09) ingénieurs biomédicaux dont quatre dans le privé, cinq dans le public et huit (08) techniciens supérieurs biomédicaux. Les opportunités de formation initiale et continue ne sont pas nombreuses alors que les techniciens devraient bénéficier d’une mise à jour permanente de leur connaissance en matière d’organisation, de diagnostic des pannes, de maintenance préventive, de contrôle de qualité, de gestion d’un parc d’équipements… car l’évolution des technologies médicales, aussi rapide que les sciences médicales elles-mêmes, ne laisse pas de place à l’approximatif. Il faut disposer d’équipes de techniciens compétents et motivés dans les hôpitaux pour accompagner les initiatives du ministère de la Santé dans l’amélioration continue de la qualité des soins.

Le budget de la maintenance

Le second facteur est lié au budget alloué à la maintenance de l’outil de production des soins que sont les équipements biomédicaux. Sauf erreur ou omission, il semble que contrairement aux véhicules, au matériel bureautique et l’entretien courant des bâtiments, il n’existe pas une ligne spécifiquement prévue pour la maintenance des équipements et installations techniques de santé. Or, s’il fallait prévoir quelque chose, c’est une estimation de 4 à 6% du budget d’acquisition qui serait nécessaire pour une maintenance déjà organisée et réalisée dans de bonnes conditions. Cette estimation atteint 20 à 30% quand les conditions de maintenance sont seulement acceptables et encore plus élevée quand elles sont mauvaises 4. Certes, la maintenance coûte cher mais la non-maintenance coûte davantage. En effet, à cause d’une panne non résolue, on est contraint, pour la continuité de service, d’acquérir en urgence un équipement neuf avant la fin de vie utile du premier et le cycle recommence. D’autres conséquences de la non-maintenance sont bien sûr la détérioration de la qualité des soins, l’augmentation des coûts pour les patients (durée d’hospitalisation allongée, prise de décision par le médecin traitant différée), la dévaluation du plateau technique suivie d’une démotivation du personnel.

Le mode d’équipement des formations sanitaires

Le mode d’équipement des hôpitaux pourrait être mieux systématisé. Toute décision de faire une dotation (y compris les dons par certains partenaires) aux hôpitaux devrait tenir compte de leur plan d’équipement élaboré à partir d’une évaluation aussi complète que possible. Comme le définit l’Organisation mondiale de la santé (OMS)5 cette « évaluation des besoins est un processus complexe, qui inclut plusieurs variables, mais qui apporte aux décideurs les informations nécessaires pour classer par ordre d’importance et choisir les dispositifs médicaux appropriés au niveau national, régional ou local » ce processus permet de partir des informations de base sur les services de santé (besoins en service par rapport aux services disponibles), des informations sur les dispositifs médicaux (DM) (leur disponibilité et état, besoins en infrastructures et accessoires) et d’informations sur les ressources humaines (nombre et qualification, aptitude à utiliser tel ou tel DM) pour en faire une analyse approfondie et aboutir à une hiérarchisation des priorités. Comme on le voit, ce processus complexe est bien loin de la compilation des expressions des besoins des formations sanitaires et avec une telle démarche, le besoin n’est pas seulement exprimé mais généré par l’analyse des besoins et leur priorisation.

C’est déjà une ébauche d’un plan pluriannuel d’équipement, toute chose qui favorise l’équité dans la dotation de l’ensemble des formations sanitaires. Sur un autre plan, il faut reconnaitre et apprécier l’effort du Gouvernement pour les investissements importants réalisés chaque année afin de relever le plateau technique des hôpitaux et pour la construction d’hôpitaux modernes au profit des populations. C’est l’exemple de l’hôpital national Blaise Compaoré réalisé dans le cadre de la coopération avec la Chine/Taïwan ; c’est également l’exemple des Centres hospitaliers régionaux (CHR) de Ouahigouya et de Tenkodogo réalisés par le Projet d’appui au développement sanitaire des régions du Centre-Est et du Nord (PADS-CEN) sur financement de la Banque Africaine de Développement. Cependant, que deviendront ces plateaux techniques assez modernes dans dix ans quand la majeure partie des équipements seront complètement amortis ? Sans un mécanisme durable d’équipements des hôpitaux et des formations sanitaires (qui définit les objectifs, les moyens et les conditions dans lesquels le renouvellement de ces équipements pourra se faire) ces établissements publics de santé seront probablement à l’image de l’hôpital pédiatrique CHUP-CDG. En effet, cet hôpital inauguré en 2001 avec des installations modernes et tout ce qu’il fallait d’un hôpital répondant aux normes internationales a fêté ses dix ans avec les mêmes difficultés sinon pire que l’hôpital Yalgado (CHU-YO) et l’hôpital Sanou Souro de Bobo (CHU-SS). Les équipements de buanderie, de chirurgie, de stérilisation… d’incinération arrivent en même temps en fin de vie alors que les ressources disponibles ne suffisent pas à les renouveler tous ensemble.

L’organisation de la maintenance

La stratégie de maintenance biomédicale de 1998 qui visait à « améliorer la maintenance dans les différentes formations sanitaires du Burkina Faso par l’organisation et la mise en place d’un système national efficace de maintenance biomédicale des équipements, matériels et installations sanitaires » a atteint ses limites et devenue obsolète sans avoir été évaluée et mise à jour. L’organisation opérationnelle des ateliers de maintenance biomédicale et hospitalière6 est à revoir pour les rendre plus fonctionnels et efficaces. Quant à la politique d’équipements, elle a toujours été souhaitée sans jamais voir le jour.

Dans la perspective d’une nouvelle « politique d’équipements et de maintenance biomédicale » justement prévue comme la première action prioritaire de l’axe Renforcement des équipements et de la maintenance du PNDS, l’expérience-pilote de maintenance au niveau district qui a été menée avec l’appui de la coopération allemande (GTZ/Maintenance) devrait être revisitée. Cette expérience conduite dans les districts sanitaires des régions du Sud Ouest et de la Boucle du Mouhoun a permis de recruter et former des techniciens polyvalents au niveau local pour la maintenance de base dans le CMA et les CSPS du district. A ce jour, ces techniciens sont opérationnels dans les districts et malgré les moyens limités font quelque fois des prouesses qui méritent d’être encouragé. En tout état de cause et pour plus d’efficacité, on ne pourra pas faire l’économie d’une maintenance de proximité qui répondra à environ 80% aux besoins des formations sanitaires et, sur un autre plan, constitue une opportunité d’emploi pour quelques jeunes issus de la formation professionnelle. En ce qui concerne la maintenance dans les CHU et les CHR ainsi que les autres EPS, l’essentiel est à repenser pour donner aux services techniques des hôpitaux les moyens d’aller au-delà de la réparation tant bien que mal des appareils qui tombent en panne pour couvrir tous les aspects d’une gestion globale des technologies de santé.

D’une façon générale, une réglementation globale pour une gestion durable des dispositifs médicaux et des installations techniques de santé est nécessaire et souhaitable. Elle devra prendre en compte et traiter certains sujets comme les autorisations de mise sur le marché (à l’instar des produits pharmaceutiques), l’évaluation et les audits cliniques des dispositifs médicaux, l’évaluation des besoins et leur priorisation, la programmation des DM (équipements lourds en particulier) en relation avec la carte sanitaire, la maintenance, le contrôle de qualité, la gestion des risques liés à leur utilisation.

Marcel KONKOBO
Expert biomédical,
mkonkobo@faso-imb.com

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