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Prosper K. Sagbohan, médecin généraliste à Paul VI : « Avoir une bonne hygiène de vie est une condition indispensable pour éviter la typhoïde » - 05/11/2013 - Le Faso - Burkina FasoEnvoyer cette page par e-mail Ajouter cette page à mes favoris

Avec le médecin Prosper Komblan Sagbohan au CMA Paul VI de Ouagadougou, nous avons eu le 30 octobre 2013, une interview qui a porté sur la fièvre typhoïde. Au-delà de la présentation de cette maladie dite des mains sales ainsi que des mécanismes de sa prise en charge, ce sont là, des conseils utiles en termes de prévention, que prodigue Dr Sagbohan. Lisez plutôt !

Qu’est-ce que la fièvre typhoïde ?

La typhoïde, également connue sous le nom de fièvre typhoïde est une infection provoquée par la bactérie Salmonella typhi. En terme médical, nous disons que c’est une toxi-infection bactérielle due à la Salmonella typhi. En termes simples, la typhoïde est une maladie des mains sales et des aliments souillés par les matières fécales humaines.

Comment attrape-t-on la typhoïde ?

La typhoïde se transmet de deux manières distinctes. La transmission directe et la transmission indirecte.

La transmission directe consiste en la transmission de personne à personne par les mains contaminées (transmission manu-porte). La Salmonella typhi est une bactérie qui vit dans les matières fécales et accessoirement dans les urines. Donc, quand au sortir des toilettes, on ne se lave pas les mains correctement (avec du savon par exemple) et qu’après on ingère des aliments, on peut éventuellement contracter la fièvre typhoïde.

Le bacille de la typhoïde peut être transmis aux aliments ou à l’eau et de là, infecter une autre personne. Il s’agit ainsi de la transmission indirecte qui se fait par l’ingestion d’eau et d’aliments souillés par les fèces d’origine humaine.

En définitive, tout ce qui rentre dans la bouche et qui est souillé par la Salmonella typhi est susceptible de provoquer la fièvre typhoïde.

Comment se manifeste la fièvre typhoïde ?

Les premiers symptômes apparaissent après une incubation d’une ou deux semaines. Les symptômes peuvent se manifester après trois semaines aussi. Il y a deux phases. Une phase d’invasion et une phase d’état.

Pendant la phase d’invasion, le malade a des céphalées (maux de tête), de la fièvre, des troubles digestifs (nausée, constipation, diarrhée…), des douleurs abdominales, une perte d’appétit, une fatigue…

A la période d’état, les signes sont plus nombreux. La fièvre est en plateau. Elle peut atteindre 39° ou 40°. Sur le plan général, le malade est en mauvais état. Il arrive qu’il soit en état de choc.

Le malade a une modification neurologique qui fait qu’il est abattu, apathique, indifférent à tout ce qui se passe. Le cycle du sommeil du malade est modifié. Il veille la nuit et dort le jour… Nous constatons généralement aussi une dissociation entre le pouls et la température. La température augmente pendant que le pouls est lent.

D’autres signes rares peuvent être observés : les saignements au niveau du nez, le délire…

Comment se fait le diagnostic ?

Le diagnostic est à la fois clinique (les signes énumérés ci haut) et para-clinique (des examens pour confirmer le diagnostic clinique).

Le médecin pose d’abord des questions pour détecter les signes qui accompagnent le mal dont souffre son patient. S’il soupçonne la typhoïde, il confirme son diagnostic à l’aide de cultures d’échantillons de sang ou de selles. Il est également possible d’utiliser une analyse sanguine qui recherche la présence d’anticorps.

Le médecin peut aussi demander d’autres analyses pour éliminer la présence d’autres affections qui provoquent des symptômes semblables à ceux de la typhoïde.

Quel traitement faut-il pour soigner la fièvre typhoïde ?

Si le patient est en mauvais état, on l’hospitalise et on prend une voie veineuse. Cependant, si le patient n’est pas trop atteint, on lui prescrit des antibiotiques qui ont une bonne diffusion intracellulaire. En effet, la Salmonella typhi vit dans le tube digestif et il faut que l’antibiotique l’atteigne jusqu’à ce niveau.

Pendant le traitement également et la convalescence, le malade doit avoir une alimentation liquide (jus de fruit par exemple).

Quelles peuvent être les conséquences d’une typhoïde mal soignée ?

Les conséquences sont plutôt des complications. Le danger principal de la typhoïde est la perforation de l’intestin grêle qu’elle provoque, par lesquelles les bactéries se répandent dans la cavité abdominale, causant une péritonite (inflammation du péritoine, membrane qui enveloppe les organes de la cavité abdominale), souvent mortelle.

D’autres complications de la typhoïde surviennent lorsque de grandes quantités de bactéries s’introduisent dans la circulation sanguine, provoquant une bactériémie. Ces bactéries peuvent atteindre les poumons, provoquant une pneumonie, ou l’enveloppe du cerveau (et provoquer une méningite), les os (ostéomyélite), les valves du cœur (endocardite), les reins (glomérulonéphrite), l’appareil génital ou urinaire, ou les muscles. Une hépatite (inflammation du foie) est une autre complication possible.

Précisons que très peu de personnes meurent de la typhoïde, si elles sont traitées adéquatement. Toutefois, elles sont susceptibles d’être contagieuses pendant au moins une semaine après la disparition des symptômes. Certaines personnes demeurent contagieuses pendant trois mois ou plus et continuent à excréter le bacille d’Eberth (Salmonella Typhi) dans leurs selles

Si nous prenons le cas du CMA Paul VI, pouvez-vous affirmer que la typhoïde est répandue ?

Oui, c’est malheureusement une maladie qui est très répandue. Au quotidien nous notons des cas de typhoïde confirmée ou des cas de suspicion de typhoïde.

Aujourd’hui 30 octobre 2013 par exemple, sur les 23 personnes que j’ai reçues en consultation, sept d’entre elles sont suspectées d’avoir la fièvre typhoïde. Nous leur avons demandé de faire des examens pour nous permettre de confirmer ou d’infirmer nos soupçons.

Y a-t-il une période de l’année où on dénombre plus de malade de fièvre typhoïde ?

La fièvre typhoïde est une maladie d’hygiène. Elle peut être liée à l’hygiène individuelle ou collective. De ce fait, la maladie est présente tout au long de l’année.

Y a-t-il des tranches d’âge qui sont plus concernées par cette maladie ?

Nous pouvons dire qu’en général, les âges extrêmes sont épargnés (les vieux et les nouveaux nés).

Quelles pratiques doit-on cultiver pour éviter la fièvre typhoïde ?

Le lavage systématique des mains au sortir des toilettes doit être un réflexe pour éviter les maladies liées à l’hygiène (la fièvre typhoïde, le choléra, l’hépatite A…). C’est un geste simple qui ne prend pas beaucoup de temps et qui sauve.

Aussi la prévention consiste-t-elle à éviter les aliments et l’eau souillés. Nous invitons nos mamans qui font la cuisine, à bien laver les fruits et les légumes. Avoir une bonne hygiène de vie est une condition indispensable pour éviter la typhoïde.

Il existe aussi un vaccin contre la fièvre typhoïde qui est disponible et très efficace. Son effet dure trois ans, je crois.

Quel est votre mot de la fin ?

Dans notre contexte, la fièvre typhoïde est une question de santé publique. Il faudra davantage sensibiliser les populations sur cette maladie notamment les bonnes pratiques d’hygiène à adopter. Il faut également communiquer sur la disponibilité du vaccin.

Interview réalisée par Patindé Amandine Konditamdé

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