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Femme et VIH / Sida au Burkina Faso - 21/01/2014 - Le Faso - Burkina FasoEnvoyer cette page par e-mail Ajouter cette page à mes favoris

Les statistiques sur la pandémie du VIH/SIDA au BF montrent que les principales victimes sont les femmes même si toutes les couches de la population en sont touchées. En effet, en se référant aux données de l’ONU SIDA, on constate que 58,51% des personnes de plus de 15 ans vivant avec le VIH sont des femmes. Il est vrai qu’elles constituent une majorité de plus de 51% de la population mais est-ce une raison suffisante pour justifier leur supériorité numérique dans les statistiques sur la pandémie ? Peut-on trouver d’autres facteurs explicatifs à leur exposition à cette pandémie ?

Il convient avant tout propos de rappeler que l’opinion burkinabé a pendant longtemps développé de fausses représentations relatives au VIH /Sida si l’on se réfère aux analyses situationnelles menées jusque-là par les structures intervenant dans le domaine. Certains n’hésitent pas en effet à considérer la pandémie comme une sanction infligée aux hommes par Dieu, en raison des nombreuses inconduites en matière de sexualité.

Mais au-delà de tous ces stéréotypes, qui du reste se justifient d’une méconnaissance totale de la maladie, comment expliquer que les femmes au Burkina Faso soient comme les plus touchées ?

Plusieurs études montrent que plusieurs facteurs sont à l’origine de la propagation du VIH dans notre pays dont les plus prédominants sont les facteurs économiques et les facteurs démographiques. Au-delà de ces deux facteurs repris dans ce texte, nos études ont permis d’identifier d’autres facteurs que nous exposons ci-après.

I/ Les facteurs économiques

On ne saurait passer sous silence les facteurs économiques qui exposent les femmes au risque de transmission de la maladie. Les femmes au Burkina Faso sont économiquement vulnérables, car le plus souvent dépendantes des « bonnes grâces de leurs époux ». La précarité financière et matérielle conduit le plus souvent certaines femmes à céder à la prostitution, ce qui les expose le souvent aux risques de transmission de la maladie. On pourrait évoquer la quête de revenues chez les professionnels du sexe dont la séroprévalence est de 8.9 contre un total de 1,6 au niveau national.

II / Les facteurs démographiques

Pour comprendre cette situation, il y a lieu d’examiner que la problématique du VIH /Sida au Burkina Faso se pose surtout au niveau des femmes en raison de leur supériorité numérique comparée aux hommes. En effet, en 2012, 110.000 personnes vivent avec le VIH selon le rapport 2013 de l’ONUSIDA (page A13) soit 94.000 de plus de 15 ans A19 dont (55.000 femmes) A133 soit 58,51%.

En effet, cette maladie qui avait été souvent présentée, et ce jusqu’à nos jours dans certaines contrées lointaines, comme réservée aux homosexuels, et partant, non susceptible de toucher la population, frappe plus les femmes du fait de leur vulnérabilités et de leur pauvreté à telle enseigne que certains n’hésitent pas à parler d’une féminisation du Sida. Ce sont donc des stéréotypes erronés, signes d’une ignorance perceptible.

III / Les facteurs socio culturels

Tout d’abord il convient de relever des facteurs socioculturels tendant à exposer les femmes au VIH / Sida. Il s’agit entre autres de la pratique du lévirat Dans le contexte burkinabè, la femme ne saurait disposer d’elle-même à l’instar de l’homme. Autrement dit, la femme ne prend pas de grande décision sans le consentement de son époux surtout, s’agissant de la vie de famille et de la société. Cela implique qu’elle est considérée comme une partie intégrante de la propriété de l’homme et par extension de la famille de son époux du fait de l’alliance. Ainsi, en cas de veuvage, elle est contrainte dans de nombreuses situations de se ranger à la décision de la famille de son défunt mari qui lui impose entre autres le lévirat et bien d’autres pratiques aliénantes.

Le lévirat, faut- il le dire, est peu recommandable eu égard aux risques encourus par la femme dans la double dimension de l’affectivité et des risques liées au VIH /Sida. Il est en effet difficile d’évaluer le poids du malaise affectif que ressent la femme à l’idée d’être remise en mariage au frère cadet de son défunt mari sans le concours de sa volonté. Certes de nos jours dans certaines localités, cette pratique semble être assouplie du fait qu’on permette à la femme de choisir un bébé comme époux montrant enfin que la pratique du lévirat ressemble plutôt à une couverture sociale pour la veuve et ses enfants.

Par ailleurs, il faut noter l’existence du viol surtout pendant les périodes de crises qui expose gravement la femme au risque de contamination du VIH / Sida. Ainsi, dans l’imaginaire collectif burkinabé, la femme est réduite à un « objet sexuel » ou juste une éternelle mineure devant satisfaire à tout prix son mari du fait des prescriptions familiales. Et, partant, elle est supposée assouvir les désirs de son mari et de la volonté de sa belle famille. Il nous revient donc dans ce cas d’évoquer le phénomène de l’ignorance qui contribue à enfoncer davantage la femme burkinabé.

IV/ La question de l’ignorance

Il importe de relever l’impact de l‘ignorance dans la propagation de la maladie notamment dans le milieu féminin. De manière générale, les filles ont une scolarité précaire et de très courte durée compte tenu des nombreux préjugés défavorables dont elles sont victimes. Ainsi, dans de nombreux milieux ruraux et même citadins, on pense que la femme, plutôt la fille n’est pas destinée pour l’école mais doit obligatoirement répondre à un impératif social qu’est le mariage et la garde des enfants. C’est une situation qui confine la femme dans une ignorance qui l’expose au VIH /Sida, car en l’absence d’instruction elles sont plus vulnérables.

A cela s’ajoute l’inaccessibilité à l’information, car la plupart du temps, elles n’ont pas l’autorisation de leurs époux pour participer à des rencontres d’information ou de sensibilisation sur le VIH /Sida. On peut comprendre aisément cela car la femme rurale ploie sous le poids des tâches domestiques.

V/ La crise de l’éducation

Un autre problème qui explique le nombre élevé de femmes atteintes du VIH /sida, est la crise des valeurs et notamment de l’éducation. Aujourd’hui, nombre de jeunes filles cèdent à l’appât du gain facile. Désireuses de paraître comme les autres, elles sont généralement prêtes à des pratiques peu avouables, et reçoivent en contrepartie de l’argent, une moto, des vêtements de luxe et quelques soirées arrosées de bière et de poulet. Aussi ridicule que cela puisse sembler, c’est malheureusement une réalité bien triste que de nombreux parents passent sous silence au risque d’exposer leurs filles au VIH / Sida.

Dans une étude du SP CNLS, les statistiques montrent que dans certaines écoles, 31% des filles abandonnent l’école pour rejoindre les sites miniers .

Si l’on se réfère aux résultats de cette analyse qui montrent que 78% des orpailleurs déclarent ne pas utiliser systématiquement le condom dans leurs rapports sexuels, on comprend aisément les risques encourus par ces jeunes filles qui quittent l’école pour les sites d’orpaillage.

VI/ L’insuffisance de dispositions institutionnelles

Un autre problème et non des moindres est l’insuffisance de dispositions légales en faveur de la femme. Toutefois, on note aujourd’hui une amélioration dans ce sens sous l’instigation des mouvements associatifs et des ONG, particulièrement sensibles à la condition de femme et à la question genre. A côté de cela, il faut relever, la faible représentation des femmes dans les instances décisionnelles. De nombreux problèmes traités au plan politique concernent les femmes alors qu’elles sont très faiblement présentes dans les sphères de décision politiques.

Et cela constitue une voie qui accentue la vulnérabilité de la femme. De nos jours, la représentativité des femmes en politiques constitue un enjeu politique important à telle enseigne que le concept de quota genre est forgé afin d’impliquer significativement les femmes dans les processus décisionnels notamment relatifs à la condition de la femme. Mais hélas !

Conclusion

Au regard de toutes ces raisons, il apparaît que la femme burkinabè demeure exposée au VIH / Sida. Mais le problème majeur tient non seulement aux fausses représentations qui vont en direction des femmes mais aussi à l’insuffisance de moyens juridiques et institutionnels susceptibles de protéger la femme. Eu égard à cela, il faut une plus grande implication de l’Etat, en essayant notamment d’associer la répression à la sensibilisation face aux violences faites aux femmes. Il s’agit précisément de punir par le truchement de l’appareil judiciaire tout acte affectant l’intégrité de la femme.

Dr. KABORE Madeleine épouse KONKOBO
Chercheure à l’INSS/CNRST

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