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Fistules obstétricales au Sahel : quand la maternité devient un calvaire - 24/07/2008 - Sidwaya - Burkina FasoEnvoyer cette page par e-mail Ajouter cette page à mes favoris

Sur 1 000 femmes qui accouchent au Burkina Faso, 6 à 7 présentent une fistule obstétricale, avec une forte prévalence dans la région du Sahel. Aussi, le FNUAP appuyé par des partenaires techniques et financiers, et le ministère de la Santé ont lancé un projet d'appui au programme de lutte contre la fistule, le mardi 22 juillet 2008 à Dori dans le Séno.

Du haut de la tribune officielle, une femme comme toutes les autres, parée d'un beau boubou bazin, l'air serein. Fatoumata Diallo la quarantaine, peut désormais affronter tous les regards. Elle revient de loin ; 20 ans de sa jeunesse passés dans la pénombre de l'exclusion, de l'errance et de l'isolement, parce qu'elle est "Natoudo", la femme que l'accouchement a "gâtée" en fulfuldé. Fatoumata a porté comme un fardeau la plus handicapante des séquelles de la parturition : la fistule obstétricale. A quatorze ans lorsqu'elle allait découvrir sa féminité comme toute jeune fille de son âge, Fatoumata a dû connaître sa première expérience de maternité : "Le travail a été long ; j'ai passé au moins quatre jours à la maison. Quand tu es jeune, on trouve que tu es pressée, que la douleur n'est pas vive et à l'hôpital, on pouvait te retenir deux jours avant de t'évacuer à Ouagadougou, Dori ne disposant pas à l'époque de bloc opératoire". Finalement, c'est à Ouagadougou que Fatoumata a accouché et en est sortie avec une fistule. "Aujourd'hui ça va et je remercie tous les agents de la santé", a-t-elle lancé, soulagée.

A côté de Fatoumata, sa consœur Aïssatou Hama, 23 ans, d'un pas hésitant, le regard baissé déclare : "J'ai 23 ans et j'ai la fistule depuis 8 ans". Contrairement à son aînée Fatoumata, Aïssatou traîne son mal, bien qu'ayant subi au moins deux opérations. "C'est très difficile", avoue-t-elle, car le temps passe mais la stigmatisation envers les fistuleuses est encore d'actualité dans le Sahel. Selon son médecin Dr Aboubakar Coulibaly, l'urine endommage les parois de l'organe génital. "Alors, il faut aller par étape", a-t-il indiqué.

Dr Aboubakar Coulibaly, chef de service de la maternité du CHR de Dori depuis deux ans, avoue avoir constaté beaucoup de ces complications obstétricales que sont les fistules vesico-vaginales et recto-vaginales ainsi que des prolapsus. Selon ses dires, c'est la Coopération allemande qui appuyait son service et organisait annuellement des séances d'opération. Mais vu la forte demande, le passage des coopérants ne pouvait épuiser les cas. "En tant que spécialiste, je prenais certains malades par devers moi", a-t-il affirmé. Parmi les malades, il y a beaucoup de cas sociaux dont une subvention de l'UNFPA permet la prise en charge aussi bien du bilan pré-opératoire de l'opération que du post-opératoire.

Cependant, celles qui ont un peu de moyens prenaient en charge les frais pré-opératoires. A la dernière "compagne, nous avons pu mesurer l'ampleur du mal dans la région", a dit Dr Coulibaly. En deux ans d'ailleurs, le taux de fréquentation des formations sanitaires a quintuplé. "J'ai un grand nombre en attente et je suis obligé d'opérer 2 fois par semaine, à raison de 2 à 3 malades par jour d'intervention", a-t-il expliqué.

Un projet contre les fistules obstétricales

Au vu des résultats, beaucoup de femmes ont fait le pas, et le lot ne fait que grossir. Alors Dr Coulibaly avoue être débordé. Seul gynécologue, il intervient au bloc opératoire, à l'échographie, assure les consultations, participe aux supervisions au niveau des différents Centres médicaux avec antenne chirurgicale (CMA). "J'aurais souhaité être doublé par un autre gynécologue ce qui nous aurait permis d'aller plus vite dans la prise en charge", a-t-il émis. Aussi, Dr Coulibaly salue la venue du projet d'appui au programme de lutte contre les fistules obstétricales.

Ledit projet vient en effet d'être lancé le 22 juillet 2008 à Dori, chef-lieu de la région du Sahel avec pour but l'appui au programme de lutte contre les fistules obstétricales pour l'amélioration de la sécurité humaine et du bien-être de la population de la région du Sahel. La cérémonie de lancement a marqué également le top de départ d'une campagne nationale de communication contre les fistules obstétricales.

Cette lutte initiée par l'UNFPA, soutenue par le grand Duché du Luxembourg, l'OMS, l'UNICEF et le ministère de la Santé du Burkina Faso, vise à circonscrire le mal à l'échelle nationale, principalement dans la région sanitaire du Sahel où la séroprévalence est très élevée. Le projet qui concerne spécifiquement le Sahel sera exécuté sur 3 ans avec l'appui des ONG, des autorités et élus locaux, dans le cadre de la décentralisation.

L'UNFPA a, à l'occasion remis du matériel médico-technique, des ambulances et des véhicules de supervision aux responsables de cette région sanitaire.
Quatre axes majeurs ont été définis pour la stratégie d'intervention. Il s'agit de la prévention primaire (par exemple l'augmentation de l'âge du mariage), l'offre et l'accès aux soins obstétricaux de qualité, la prise en charge efficace dès l'apparition de la fistule, la réinsertion des malades dans leur communauté.

Selon le gouverneur de la région du Sahel, les interventions de ce projet sont conformes à la politique sanitaire du Burkina Faso.
Pour le représentant-résident de l'UNFPA au Burkina Faso, André Mayouya, la restauration des fistuleuses est une question de dignité, de respect des droits humains. C'est pourquoi d'ailleurs, les femmes du Sahel par la voix de leur représentante ont promis : "Comme nous portons nos calebasses, nous porterons ce projet sur nos têtes". Aussi, ont-elles demandé à leurs époux de les épauler dans la lutte pour qu'il n'y ait plus jamais de femme porteuse de fistules au Sahel. Le 1er adjoint au maire de Dori, Alou Amadou a lancé un appel pressant à la population pour une meilleure fréquentation des centres de santé et a invité les leaders religieux et coutumiers à apporter leur contribution.

Pour les femmes du Sahel, il est temps que s'arrête le calvaire que des parturientes vivent en lieu et place de la joie que procure la naissance d'un bébé. Mais pour y arriver, tous les intervenants sont unanimes que la sensibilisation demeure une puissante arme pour le changement de mentalité, étant donné que les fistules sont liées à l'insuffisance de soins obstétricaux de qualité et à des facteurs socioculturels.

Assétou BADOH

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