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Voyage dans le labyrinthe des sinusites - 30/01/2007 - L'Observateur - Burkina FasoEnvoyer cette page par e-mail Ajouter cette page à mes favoris

Pour ce deuxième écrit de carnet de santé de l’année 2007, nous avons choisi de vous faire découvrir les sinusites avec le professeur Ouattara Maïmouna, Maître de conférences agrégé en oto-rhino-laryngologie (ORL) et en chirurgie cervico-faciale à l’UFR/SDS de l’Université de Ouagadougou, en service à l’hôpital Yalgado Ouédraogo et à la clinique de l’Office de santé des travailleurs (OST). "Depuis la classe de 3e, je souffre de douleurs vives au front et au crâne. Quand ça me prend, mes oreilles bourdonnent et je suis enrhumé tout le temps que cela dure. Après un examen radiographique dans un hôpital en Côte d’Ivoire, un médecin m’a fait savoir que je souffre de sinusite. Et depuis, je ne suis soulagé que par des calmants".

Ismaël Ouattara souffre donc de sinusite. Mais toutes les douleurs crânio-faciales comme celles d’Ismaël ne sont pas spécifiques aux sinusites, contrairement à ce que l’on entend souvent. "Le diagnostic doit être posé par un spécialiste en la matière qui dispose de critères bien définis pour apprécier et qualifier le mal", a indiqué le Pr Ouattara Maïmouna.
Le terme sinusite est dérivé de sinus. "Les sinus de la face, explique le Pr agrégé, sont des cavités aériennes creusées dans les os du massif facial. Ce sont des cavités réparties par paires de part et d’autre du nez et des yeux (voir schéma). Ces sinus contiennent de l’air et communiquent avec les fosses nasales. L’air que nous respirons passe par des canaux pour atteindre les sinus localisés (sur la face) et de la base du crâne".

Les rôles des sinus à en croire le Pr Ouattara ne sont pas complètement élucidés sur le plan scientifique. "On suppose, dit-elle, que ces cavités donnent une certaine légèreté à la tête. Si tous les os étaient pleins, la tête risquerait d’être lourde et peut-être difficile à supporter par le cou".

Mais, ce qui est sûr, a-t-elle ajouté, les sinus participent à la respiration. Ils sont tapissés d’une muqueuse qui est respiratoire.
Les sinusites correspondent alors à l’inflammation de cette muqueuse à l’occasion de rhume ou d’allergie naso- sinusienne ou encore d’infection. Les sinusites induisent un inconfort certain avec influence sur la qualité de la vie, poussant certains malades vers la tradithérapie.

En mooré, les sinusites sont appelées yinbsé (caïmans), a indiqué Jean-Marie Compaoré, en service au ministère de l’enseignement de base et propriétaire de la pharmacopée les "soins Tibo". Cet enseignant de carrière, né d’un père guérisseur, a commencé à mener sa seconde activité en 1995 après que son père, se sentant épuisé par l’âge, lui a révélé les secrets des plantes. M. Compaoré donne une explication irrationnelle à la survenue des sinusites : "On pense que le patient a marché sur un endroit où il y a déjà eu une dépouille de caïman ou, encore, qu’un ancêtre du malade a tué beaucoup de caïmans ou de buffles".

Dans la médecine moderne, leurs causes sont d’ordre microbien ou allergique. "Les microbes peuvent en être à la base ou alors l’individu y est prédisposé notamment les allergiques ou les immuno-déficients liés par exemple à l’infection à VIH, au diabète ou la malnutrition chez l’enfant. Chez le tout-petit, poursuit le Pr Ouattara, dès l’âge de deux mois, les sinusites (ethmoïdites) peuvent apparaître parce qu’il n’y a pas encore de maturité de sa défense immunitaire".

Contrairement donc aux tradipraticiens, les médecins indiquent que les sinusites sont favorisées par des bactéries, des virus, des champignons ou des terrains prédisposés, c’est-à-dire des immuno-déficients et l’immaturité immunologique ou les anomalies anatomiques des fosses nasales. La topographie de la douleur peut orienter le spécialiste ORL vers les sinus malades. L’orientation clinique repose sur la palpation des sinus et l’examen des fosses nasales.

Si dans l’explication des causes de la maladie, les scientifiques et les traditionalistes ont des points de vue divergents, ils se rejoignent quant à ses manifestations, à la seule différence que les premiers sont plus descriptifs et précis et distinguent plusieurs cas de sinusites. "Les manifestations sont d’abord cliniques. Quand la sinusite est aiguë, la douleur crânio-faciale est vive, caractéristique, pulsatile et exacerbée quand la personne penche la tête en avant.

Il y a également une obstruction nasale unilatérale qui accompagne ces céphalées ou douleurs de la face ou du crâne. En plus du nez bouché, le nez coule, avec des sécrétions de couleur jaune ou verte quelques fois fétides associées à une douleur dentaire. Il peut également y avoir comme symptômes la fièvre, la fatigue et des troubles de mémoire. L’examen clinique cherchera à mettre en évidence un dépôt de pus au niveau du méat moyen dans les fosses nasales.

Lorsqu’il n’y a pas de pus, il faut une investigation radiographique pour confirmer ou infirmer le diagnostic". C’est dire que l’on ne parle de sinusite qu’après une consultation et un examen chez un spécialiste ORL. Car, à entendre notre professeur agrégé, toute douleur de la face n’est pas synonyme de sinusite. "Le paludisme et même le rhume donnent des maux de tête".
C’est selon l’évolution, que l’on distingue les sinusites aiguës des chroniques. "Après trois mois de traitement sans rémission, on est dans un cas chronique, qui est souvent rencontré chez les allergiques. Il y a des épisodes où la sinusite chronique devient aiguë. On parle alors de réchauffement. Quand le malade ne consulte pas, son mal évolue vers des complications ophtalmologiques ou endocrâniennes (méningites, abcès du cerveau).

En outre, on peut avoir une inflammation d’une grosse veine, qu’on appelle le sinus caverneux, ou alors, une septicémie, c’est-à-dire une généralisation de l’infection à l’organisme". Cependant, poursuit professeur Ouattara, une sinusite mal traitée peut évoluer vers une chronicité qui est une forme de complication.

Mais, chez certaines personnes, cette complication est liée à certains facteurs favorisants tels que le diabète, les anomalies anatomiques des cornets et de la cloison nasale ou l’infection à VIH, ou la malnutrition, ou alors la virulence des bactéries en cause. Du développement précédent, il est ressorti que les allergies peuvent provoquer des sinusites. On entend par cette notion le fait qu’un individu ne supporte pas certains facteurs, soit de l’environnement, soit alimentaires, "mais il faut des tests allergologiques pour déterminer l’allergène".

Cependant, l’observation permet à certains patients de préciser le facteur déclencheur de leur crise. Cela peut être lié à la poussière en ville ou à celle de la maison, c’est en fonction du terrain de l’individu. Par ailleurs, il y a des facteurs favorisants anatomiques notamment la déviation de la cloison nasale à la naissance ou suite à un traumatisme de la face, qui peuvent favoriser des sinusites à répétition".

Le traitement de la maladie est fonction des cas. Il est surtout médical quand il s’agit d’un cas aigu, et les objectifs visés sont : calmer les douleurs avec des antalgiques, utiliser des désinfectants nasaux, lever l’inflammation par des anti-inflammatoires et arrêter une éventuelle infection ou une réaction allergique.

Dans la sinusite chronique, on cherche les facteurs qui favorisent cette chronicité. Si le facteur est dans la muqueuse sinusienne, on ne peut pas guérir parce que cette anomalie est congénitale. Par contre, si le facteur favorisant est anatomique, on peut être amené à faire une cure chirurgicale (de même la présence des champignons peut nécessiter une cure chirurgicale). Toutes ces interventions chirurgicales peuvent se faire au Burkina.

Peut-on guérir définitivement de la sinusite ? Le Pr Ouattara répond : "Si on arrive à bien conduire le traitement, on peut tuer les microbes, et le malade peut guérir quitte à ce que des microbes reviennent et que le patient fasse un autre épisode de sinusite. Mais si le mal est lié à une anomalie au niveau de la muqueuse sinusienne de l’individu, la guérison est difficile, et c’est ce qui est constaté dans les sinusites chroniques. Leur traitement est décevant.

On n’agit que sur les phases de réchauffement avec les calmants. L’inflammation favorise l’infection, de même que les virus qui, attaquant la muqueuse, la fragilisent et favorisent l’infection. On ne guérit pas non plus des allergies mais si l’on arrive à cerner les allergènes et à les éviter, on peut prévenir les crises. Le traitement bien suivi soulage rapidement et permet d’éviter une éventuelle complication des sinusites. Il faut une bonne hygiène nasale avec des lavages quotidiens du nez et une surveillance régulière de la santé dentaire".

Pour éviter ou prévenir les sinusites, il ne faut jamais négliger un rhume. "Les gens ne le considèrent pas comme une maladie alors qu’il peut être d’origine virale. Le rhume viral fragilise la muqueuse sinusienne et fait le nid des bactéries. Les problèmes dentaires sont également à prendre très au sérieux. Les infections des molaires et des prémolaires de la mâchoire supérieure y prédisposent l’individu". Dans tous les cas, il faut éviter l’automédication, avoir l’avis d’un spécialiste ORL et respecter la durée du traitement sinon il y a le risque de réactivation du mal ou d’aggravation avec complications.

Adama Ouédraogo

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