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Diabète gestationnel / Pr Blandine Thieba - "Un mal en récurrence affectant les femmes enceintes" - 13/11/2017 - Sidwaya - Burkina FasoEnvoyer cette page par e-mail Ajouter cette page à mes favoris

Le Diabète gestationnel est un mal qui affecte les femmes enceintes et dont la fréquence a tendance à augmenter au Burkina Faso même s’il n’y a pas encore d’études qui l’attestent. En vue d’avoir plus d’informations sur ce fléau, Sidwaya a rencontré le Pr BONANE Blandine THIEBA, Gynécologue Obstétricien Chef de Département de gynécologie obstétrique au CHUYO, par ailleurs, Présidente de la Société des gynécologues obstétriciens du Burkina Faso (SOGOB). Suivez plutôt !

Sidwaya(S) : Qu’est-ce que le diabète gestationnel ?

THIEBA Blandine(T.B) : Le diabète gestationnel est un diabète chez une femme enceinte. C’est un trouble de la tolérance sucre conduisant l’augmentation du taux de sucre dans le sang appelée hyperglycémie de sévérité variable, ayant débuté ou été découvert pour la première fois pendant la grossesse quel que soit le traitement et l’évolution après l’accouchement.

Le diabète gestationnel englobe en fait deux entités différentes qu’il convient de distinguer.

La première entité est un diabète patent, le plus souvent existant avant la grossesse appelé diabète de type 2 (DT2), méconnu et découvert seulement à l’occasion de la grossesse. Ce type de diabète persistera après l’accouchement.

La deuxième entité est une anomalie de la tolérance au sucre réellement apparue en cours de la grossesse, généralement à partir du quatrième mois de la grossesse, et disparaissant, au moins temporairement, après l’accouchement

S : Le diabète gestationnel est- elle connue au Burkina Faso ?

T.B : Le diabète est connu des populations. Cependant, le diabète gestationnel n’est connu que du personnel de santé travaillant dans le domaine, les médecins sages-femmes et maïeuticiens et certains personnel de santé.

Les femmes chez qui le diagnostic a été fait le connaissent aussi.

S : Comment peut-on savoir qu’une femme a le diabète gestationnel ?

T.B : On peut savoir qu’une femme a le diabète gestationnel pendant la grossesse, par la découverte d‘une hyperglycémie c’est-à-dire une augmentation du taux de sucre dans le sang. Un contrôle doit être fait après le premier examen avant de poser le diagnostic. D’autres examens devront par la suite être faits pour évaluer la gravité.

S : A quelle période de la grossesse apparaît-il ?

T.B : Dès la première visite c’est-à-dire au cours des 3 premiers mois de la grossesse, chez les femmes ayant déjà un diabète le diagnostic peut être fait.

La deuxième forme de diabète gestationnel que nous avons défini apparait après les 3 premiers mois de la grossesse à partir du 4eme mois de la grossesse au deuxième trimestre.

S : Quels sont les symptômes de ce mal? Ce mal présente-t-il des signes ?

T.B : Les signes ne sont pas spécifiques.

La femme enceinte peut présenter une fatigue, une prise exagérée ou au contraire une perte importante de poids.

L’anomalie de la tolérance au sucre apparue en cours de grossesse.

Hypoglycémie: due à une baisse importante du sucre dans le sang avec des malaises avec sueurs fréquentes perte modérée de la conscience, particulièrement au cours des 3 premiers mois

Une infection urinaire fréquente avec brulures et douleurs lorsque l’on urine.

La survenue fréquente des pertes vaginales épaisses comme du lait caillé, des démangeaisons

C’est par le bilan biologique que le diagnostic est fait par conséquent il peut ne pas y avoir de signes sauf si le diabète s’aggrave.

S : Le diabète gestationnel est –il transmissible de la mère au fœtus?

T.B : le diabète gestationnel expose le fœtus à un risque majeur d’obésité dans l’enfance.

Des études ont démontré qu’un fœtus s’étant développé dans un environnement avec un taux élevé de sucre dans le sang maternel pouvait développer un diabète ou un trouble de régulation du sucre à l’âge adulte.

S : Peut-on éviter cette transmission de la mère au fœtus ? Si oui, quelles sont les précautions que les femmes enceintes doivent-elles prendre ?

T.B : Oui, mais tout dépends du type de diabète. On pourrait éviter la survenue d’un diabète gestationnel avec ou sans prédisposition héréditaire par une bonne hygiène alimentaire sans trop de graisse et de sucre, une activité physique régulière, un suivi médical et une surveillance de la grossesse rigoureuse.

Pour le diabète de type 2 une prédisposition familiale expose à sa survenue à l’âge adulte.

S : Quels sont les facteurs de risques de développement du diabète gestationnel ?

T.B : L’un des facteurs de risques est le surpoids et ou l’obésité avec un indice de masse corporelle (IMC) rapport poids surface corporelle supérieur à 30 kg/m2,

Le fait d’avoir déjà accouché d’un enfant dont le poids est de 4kg et plus ou développé un diabète gestationnel lors d’une grossesse antérieure, constituent des facteurs de risques de développement du diabète gestationnel. Il y a également le fait d’appartenir à une famille de diabétique ou un groupe ethnique avec une haute prévalence de diabète gestationnel.

S : Comment guérir ou éviter le diabète gestationnel?

T.B : On pourrait éviter la survenue d’un diabète gestationnel avec ou sans prédisposition héréditaire par une bonne hygiène alimentaire sans trop de graisse et de sucre, une activité physique régulière et un suivi médical et une surveillance de la grossesse rigoureux

S : Peut-on avoir une idée du nombre de femmes qui connaissent ce mal au Burkina Faso ?

T.B : Il est difficile de connaitre exactement le nombre de femmes souffrant de ce mal.

La prévalence est variable de 0 à 13,9 % des femmes enceintes Selon le mode de vie urbaine ou rurale en sachant qu’en ville la prévalence est plus élevée qu’en zone rurale du fait des habitudes de vie.

S : Quels conseils pouvez-vous donner à la gent féminine par rapport à ce fléau ?

T.B : Il faut éviter la sédentarité : en zone rurale les femmes sont très actives et l’obésité n’y est pas courante. Elles ont un travail physique qui consomme l’excès de graisse et de sucre consommé.

Il faut aussi faire attention au régime alimentaire en consommant peu de féculents, de sucre et de graisses.

Il faut faire du sport de façon régulière telle que la marche simple, la course, le vélo et l’aérobic.

Il faut faire si possible un bilan médical annuel, un contrôle et un bilan selon son profil.

Aissata BANGRE

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