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L’embolie pulmonaire : Une pathologie méconnue mais dangereuse, selon le Dr Boubacar Toguyeni - 23/01/2018 - Le Faso - Burkina FasoEnvoyer cette page par e-mail Ajouter cette page à mes favoris

Elle est la conséquence de plusieurs facteurs, comme l’immobilité ou l’alitement prolongés. Un essoufflement rapide, une forte douleur thoracique, une toux incluant des crachats de sang : si vous présentez l’un de ces signes, songez à consulter un médecin. Vous pouvez souffrir d’une embolie pulmonaire et c’est dangereux. Un caillot de sang qui obstrue une artère pulmonaire. Découvrez davantage cette maladie avec le docteur Boubakar Jean Yves Toguyeni, médecin cardiologue.

Lefaso.net : Qu’est-ce que l’embolie pulmonaire ?

Dr Toguyeni : L’embolie pulmonaire, c’est la formation d’un caillot de sang qui obstrue le passage du sang dans un vaisseau, ce caillot se localise dans un vaisseau (un tuyau) qui relie le cœur et le poumon. Et vous comprendrez parfaitement, que s’il y a un caillot de sang qui entrave la circulation sanguine normale, cela peut entraîner des complications graves.

Lefaso.net : Quelles peuvent être les causes ou les facteurs de risque de la maladie ?

En général, il y a peu de causes précises identifiées mais on recherche plutôt des situations à risque. Par exemple, un sujet en situation d’immobilité prolongée sur de longues heures ou jours , assis ou couché même sur un lit , serait en situation de risque ou encore, une personne qui voyagerait sur un long trajet pendant plusieurs heures, en position assise sans bouger (le cas par exemple des voyages aériens), ou encore un sujet qui aurait une atteinte de certains vaisseaux au cours d’une infection ou d’un acte de chirurgie ou au cours de la grossesse parce que la grossesse favorise une augmentation de la coagulation du sang.

On pourrait également adjoindre au risque d’embolie pulmonaire, les fractures de membres sous plâtre parce que le fait de ne pas pouvoir marcher et d’avoir en plus un objet qui ne permet pas une bonne circulation du sang, peut favoriser la formation d’un caillot de sang. Toutes ces situations sont des situations à risque.

A côté de ces situations à risque, il y a aussi des phénomènes qu’on appellerait constitutionnels, c’est –à-dire, que ce sont des anomalies de la coagulation propres à l’organisme de l’individu, notamment, un sujet dont le sang coagule plus vite.
Tous ces états favorisent la formation des caillots et lorsque le caillot se localise dans un vaisseau qui se trouve entre le cœur et les poumons, on parle d’embolie pulmonaire.

Lefaso.net : Revenons sur le cas de la grossesse, dans quel cas la grossesse peut –elle favoriser l’embolie pulmonaire ?

3% des grossesses s’accompagnent de formations de caillot dans une veine pouvant aboutir à une embolie pulmonairepar trois situations. La première des situations, c’est qu’une femme en état de grossesse à tendance à moins marcher, à faire moins d’efforts physiques, au contraire, on devrait lui conseiller de faire plus d’efforts de marche.

La deuxième situation, c’est que l’utérus, l’organe qui contient l’enfant en gestation, grossit à l’intérieur du ventre et comprime certains vaisseaux au niveau du ventre et donc, ralentit la circulation du sang.

La troisième situation, c’est que la femme en grossesse a une augmentation de la coagulation de son sang. Pour autant, la grossesse qui est un phénomène normal ne doit pas susciter de frayeur.La nature est faite de dualité, il y a toujours une chose et son contraire. Autant la grossesse peut être une situation à risque, autant on sait commentcontourner ces situations à risque pour qu’elles ne se transforment pas en une maladie.

Lefaso.net : Quels sont les symptômes de la maladie et quelle est son évolution ?

Comme je l’ai dit tantôt, l’embolie pulmonaire est un caillot de sang qui bouche une artère entre le cœur et les poumons, cela explique que la plupart des signes soient d’abord pulmonaires. Le symptôme le plus courant est un essoufflement brutal et inexpliqué chez une personne qui sent subitement qu’elle a de moins en moins de possibilités de faire ses efforts habituels.

La maladie peut se manifester également par une toux ou l’émission de crachats de sang ou encore, par une douleur brutale qui survient sur le côté de la cage thoracique gauche ou droit.Ces trois signes : l’essoufflement, la douleur brutale sur le côté de la cage thoracique et la toux, peuvent évoquer une embolie pulmonaire.

Lefaso.net : Avez-vous une idée de l’ampleur de la maladie au Burkina ?

Ce serait difficile de donner des chiffres précis. D’abord, parce que la plupart des chiffres sont hospitaliers, mais ce qu’on constate en tant que praticien, c’est que la tendance est à l’augmentation de la fréquence de l’embolie pulmonaire, sans qu’on ait identifié exactement, les raisons pour lesquelles au Burkina Faso, cette affection est à la hausse. A la limite, je dirais que c’est inquiétant de constater, qu’une maladie aussi grave touche même des sujets qui n’ont pas le profil classique(personne inactive ou qui aurait des facteurs favorisants).

Une autre raison qui pourrait expliquer la recrudescence du nombre d’embolie pulmonaire, serait que les moyens de diagnostic à notre disposition sont de plus en plus performants.

Le scanner n’existait pas il y a quelques années, aujourd’hui, il y a plusieurs scanners dans plusieurs villes du Burkina, ce qui permet de faire les diagnostics plus rapidement avec plus de certitudes. Est-ce que dans notre pays de nouvelles conditions ont conduit à l’amplification de cette maladie ; on ne sait pas, mais certainement que des études scientifiques permettront de comprendre pourquoi l’incidence de l’embolie pulmonaire est en train de monter.

Lefaso.net : Y a-t-il moyen de prévenir la maladie ?

Bien sûr, il y a des moyens. Il faut essayer de contourner toutes les situations à risque. La première des situations à risque : c’est le fait de rester inactif durant de longues heures (en position assise ou couchée). Ça me fait penser au dicton que l’émérite Pr Joseph Ki-Zerbo aimait utiliser « N’an lara, an sara » (Si nous nous couchons, nous sommes morts). L’embolie pulmonaire, c’est un peu ça.Il faut être mobile et actif (marche).

Pour moi, la deuxième possibilité de contourner l’embolie pulmonaire, c’est éviter tout un certain nombre d’états et qu’on voit de plus en plus favoriser l’embolie pulmonaire : l’obésité, la sédentarité, le diabète. Toutes ces situations peuvent favoriser la formation du caillot de sang.Or vous constaterez qu’on est de plus en plus sédentaire, on est de plus en plus obèse et il y a de plus en plus de diabétiques.

Lefaso.net : Quelle est la conduite à tenir lorsqu’on souffre de cette maladie ?

La première des attitudes qui permet d’avoir un diagnostic rapide, c’est d’abord la présomption du médecin qui, dès qu’il constate un certain nombre de signés associés, va demander des examens appropriés. Heureusement, ces examens existent maintenant au Burkina. Il y a d’abord des examens de sang, ensuite des examens de radiologie tels que le scanner qui permet d’établir rapidement un diagnostic.

Lefaso.net : Peut-on guérir de l’embolie pulmonaire ?

Heureusement, on peut en guérir. C’est l’une des maladies cardiovasculaires les plus graves mais on en guérit, au prix d’un long traitement avec beaucoup de contraintes. Dès qu’on évoque la présence d’un caillot dans l’organisme, pour le traiter, il faut dissoudre le caillot et pour cela, on a recours à des médicaments qu’on appelle des anticoagulants qui ont cependant un coût très élevé.

Je vous donne un exemple : une journée de traitement aux anticoagulants injectables tourne autour de 11 000 à 12 000 francs CFA. Alors, imaginez qu’une personne qui a une embolie pulmonaire (si on en connait la cause) va prendre des anticoagulants pendant 6 mois. Heureusement qu’il y a des anticoagulants oraux (AVK) qui sont moins chers qui peuvent se substituer aux anticoagulants injectables.

Aujourd’hui, il y a même de nouveaux traitements anticoagulants oraux qui viennent d’apparaitre sur le marché qui sont très efficaces, qui sont très maniables parce qu’ils n’occasionnent aucun examen complémentaire sanguin et ils ne vous imposent pas de régime particulier, mais le traitement mensuel tourne entre 75 000 et 100 000 mille francs CFA sur six mois. Vous conviendrez avec moi que c’est un budget colossal pour la majeure partie de la population burkinabè qui ne bénéficie pas de couverture médicale et d’assurance.

Lefaso.net : L’embolie pulmonaire peut –elle entrainer une crise cardiaque ?

Pas vraiment, la crise cardiaque, c’est un caillot de sang qui bouche une artère qui nourrit exclusivement le cœur et qu’on appelle l’artère coronaire. Ce sont deux maladies différentes, même si elles se traitent de la même façon et même si le danger est le même, c’est –à dire, une forte mortalité.

Une autre différence entre l’embolie pulmonaire et la crise cardiaque, c’est que l’embolie pulmonaire, on en guérit complètement. La crise cardiaque, elle, vous laisse toujours une cicatrice au niveau du cœur.

Lefaso.net : Des conseils à l’endroit de la population…

Le premier conseil que je donnerai à l’ensemble de la population, c’est un conseil usuel qui ne fait que du bien : c’est d’avoir de l’activité physique régulière. On ne cessera de dire que le recul des maladies cardio-vasculaires viendra lorsque les gens comprendront que le fait de ne pas être sédentaire et d’avoir une activité physique régulière (au moins trois fois dans la semaine), permet d’avoir une meilleure santé, un meilleur cœur et de meilleures artères.

Il ne sert à rien d’aller faire 4 heures de sport le dimanche pendant que tout le reste de la semaine, vous n’en faites pas .C’est la régularité de l’activité physique qui va vous prémunir des maladies cardio-vasculaires. Sachez que tout ce qu’on a comme maladies nouvelles/métaboliques telles que le diabète, /cardio-vasculaire telle que l’hypertension artérielle, tournent autour de l’inactivité. Dès que vous êtes actif, cela permet d’éviter un certain nombre d’affections : l’obésité, le diabète, les maladies cardio-vasculaires.

Lefaso.net Y-a-t-il d’autres aspects de la maladie que vous aimeriez évoquer ?

Ce qu’on ne pourrait dire à tous les malades qui ont été touchés par l’embolie pulmonaire, c’est que dès que le diagnostic est fait, vous êtes déjà à moitié sauvé. La persévérance dans le traitement, malgré toutes les contraintes financières, médicales, alimentaires, vont vous permettre, si vous êtes assidu, de vous en sortir.
Le deuxième aspect, c’est qu’il faut éviter la récidive de l’embolie pulmonaire, parce que, lorsque vous récidivez, dans les recommandations médicales, le traitement est à vie pour cette maladie. C’est un traitement que vous allez devoir porter toute votre vie. L’enjeu est important, si vous connaissez la raison de votre première embolie pulmonaire, vous devez tout faire pour éviter qu’une deuxième embolie pulmonaire s’installe un jour.

Entretien réalisé par Nicole Ouédraogo

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