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Revue de presse

Dr Arnaud Toe : « Les pertes blanches peuvent provoquer de graves conséquences telles que la stérilité » - 13/06/2018 - Le pays - Burkina FasoEnvoyer cette page par e-mail Ajouter cette page à mes favoris

Toute femme ou jeune fille, dans le développement de son organe génital, a déjà remarqué la présence de pertes blanches au niveau de ses dessous. Mais, qu’est-ce que les pertes blanches ? Leur présence est-elle normale ou pas ? Dans l’interview qui suit, le médecin gynécologue obstétricien et praticien hospitalier Arnaud Toé nous situe sur ce liquide qui, parfois, hante les nuits de certaines femmes. Lisez !

Comment peut-on définir les pertes blanches ?

Tout d’abord, je vous remercie de nous donner l’occasion, une fois de plus, de contribuer à l’information de vos lecteurs et lectrices sur un sujet important de l’hygiène intime et de prévention, et la prise en charge précoce des infections génitales. « Les pertes blanches », qu’on se le dise, toutes les femmes se posent la question à un moment ou l’autre de leur vie génitale, de la nature des pertes vaginales et/ou éprouvent une gêne par rapport à des pertes vaginales.

Existe-t-il des pertes normales ?

Un petit rappel sur le fonctionnement naturel de l’organisme féminin et les pertes dites normales.La flore vaginale est constituée de diverses espèces de bactéries (micro-organismes) qui se trouvent sur la surface de la muqueuse vaginale. Elle joue le rôle de barrière protectrice qui empêche les bactéries indésirables de s’accrocher à la surface de la muqueuse vaginale. Dans une flore vaginale saine, les bonnes et les mauvaises bactéries vivent dans un état d’équilibre naturel. Le vagin secrète en permanence des substances qui aident à garder la flore vaginale saine. Les secrétions normales sont généralement claires et sans mauvaise odeur. Le pH vaginal normal se situe entre 3,8 et 4,2 ; cela signifie que le milieu vaginal est acide. C’est cette acidité qui maintient l’équilibre et garde l’écosystème vaginal en santé. Un changement qui survient au niveau du pH, entraîne un déséquilibre de la flore vaginale et un risque d’infection. Les « bonnes bactéries » : principalement les lactobacilles qui représentent plus de 95% de toutes les bactéries présentes dans le vagin et assurent une protection contre les infections, en produisant de l’acide lactique, ce qui aide à maintenir un pH vaginal acide et une flore vaginale en santé. Les pertes blanches normales ou leucorrhées physiologiques ont une double origine qui est la desquamation vaginale et la glaire cervicale secrétée par les cellules cylindriques de l’endocol, elle est translucide, filante et cristallise en "feuille de fougère". Son abondance augmente du 8e au l5e jour chez une femme bien réglée. Les secrétions physiologiques des pertes normales n’engendrent aucune irritation ni d’odeur, ne contiennent pas de polynucléaires et surtout ne nécessitent aucun traitement.

Qu’est-ce que les pertes blanches ou leucorrhées pathologiques ?

Les pertes blanches pathologiques sont potentiellement pathogènes, c’est-à-dire qu’elles ont la capacité d’engendrer une maladie ou une infection. Elles se multiplient lorsque le milieu vaginal devient alcalin (inverse de acide), sous l’influence de différents facteurs physiologiques ou externes. Ces facteurs physiologiques sont dus au fonctionnement normal des organes, notamment l’âge, le stress, l’état de grossesse, l’activité sexuelle et l’obésité. Les facteurs externes, eux, sont dus à l’occlusion due aux vêtements, au manque d’hygiène ou à l’hygiène excessive, à l’utilisation de savon, aux multiples douches vaginales et aux méthodes contraceptives comme le DIU ou le stérilet. Lorsque l’équilibre entre les bonnes et les mauvaises bactéries dans l’écosystème vaginal est rompu, les mauvaises bactéries prennent le dessus et les symptômes de la vaginose bactérienne apparaissent, en particulier : une forte odeur anormale (de poisson), des sécrétions vaginales souvent laiteuses et plutôt liquides. Des pertes non sanglantes provenant de l’appareil génital féminin (endocol, col, vagin, vestibule). C’est un motif fréquent de consultation en gynécologie, qui doit toujours poser le problème d’une MST sous-jacente.

A quel moment et qui est plus exposé aux pertes blanches pathologiques ?

Elles peuvent survenir à toutes les époques de la vie d’une femme : petite fille, période d’activité génitale et ménopause. Les pertes blanches ou leucorrhées peuvent être : physiologiques (normales) ou anormales témoignant d’une infection génitale.

Quelles en sont les conséquences sur la santé de la femme ?

Les pertes blanches sont le symptôme d’infections génitales basses, c’est-à-dire limitées au vagin et au col de l’utérus, mais qui peuvent se compliquer en infection génitale haute avec de graves conséquences telles que la stérilité, des douleurs chroniques au bas-ventre ou des grossesses extra utérines (hors de l’utérus et graves). Aussi, lorsque ces infections génitales sont liées à un virus tel HPV (Human Papilloma Virus), elles peuvent entraîner un cancer du col de l’utérus. Les pertes blanches sont donc un symptôme relativement fréquent, qui altère le confort génital de la femme et sont un signe d’alerte pouvant révéler des maladies potentiellement dangereuses pour la santé de la reproduction des femmes.

Comment peut-on éviter les pertes blanches anormales ?

D’abord il faut avoir une bonne hygiène intime, c’est-à-dire bien rincer et sécher correctement la région génito-anale. Après défécation, il faut s’essuyer de l’avant vers l’arrière. Mais aussi éviter l'utilisation de produits parfumés (savons, bains moussants, papier hygiénique, tampon ou protège-dessous) et éviter de faire les douches vaginales abusives. Surtout ne pas utiliser de déodorant vaginal. Plutôt changer régulièrement les tampons et les serviettes hygiéniques (une gestion hygiénique des menstrues) ; et porter des sous-vêtements en coton. Et laver les sous-vêtements avec un peu d'eau de Javel, de préférence dormir sans sous-vêtement pour laisser l’air circuler autour de la vulve. Eviter de porter des pantalons trop serrés et des bas en nylon. Au mieux, éviter de garder un maillot de bain ou des sous-vêtements mouillés. Si nécessaire, avoir des relations sexuelles protégées.

Comment les pertes blanches sont-elles traitées ? Comment s’en débarrasser ?

Le traitement des pertes blanches est d’abord basé sur la prévention, en évitant les facteurs de risque et par une bonne hygiène des parties génitales externes. Les pertes blanches les plus courantes causées par des micro-organismes, ont des conséquences notamment sur la perturbation de l’équilibre du milieu vaginal, qui provoque une prolifération anormale de bactéries ou de champignons pathogènes déjà présents dans le vagin : C. albicans, G. vaginalis. Aussi, sur l’introduction du parasite T. vaginalis dans le vagin durant un rapport sexuel et des autres germes en cause : C. trachomatis, Mycoplasmes, vaginose bactérienne, neisseria ; virus (herpès ; HPV). En cas de pertes blanches gênantes, le traitement est celui de la cause du déséquilibre de la flore vaginale : virus, bactérie ou champignon, d’où la nécessité de consulter votre médecin traitant pour l’identification et l’élimination de cette cause et la prévention de la récidive.

Pourquoi certaines femmes ont-elles des pertes blanches à répétition ?

Les facteurs classiques de récidive sont les suivants :

  • réinfection à partir d’un foyer digestif (intestins) candidosique ;
  • réinfection à partir d’un partenaire contaminé ;
  • antibiothérapie (certaines familles comme les b-lactamines : amoxicilline) ;
  • immunodépression (corticothérapie à forte dose, VIH, traitement immunosuppresseur contre le cancer ...) ;
  • le diabète sucré ;
  • la résistance aux antifongiques.

Avez-vous d’autres commentaires à faire ?

Je remercie votre journal de nous avoir donné l’opportunité de communiquer sur ce symptôme qui est l’un des motifs les plus fréquents de consultation gynécologique. Je précise encore que la perte blanche « Normale » ou leucorrhée physiologique est l’expression d’une bonne imprégnation hormonale et d’un fonctionnement de l’appareil génital. Du reste, les rapports sexuels ne sont pas les seuls facteurs favorisant les pertes blanches. Mais l’implication du partenaire dans les soins, est le plus souvent à visée préventive. Il faut noter que la grossesse favorise la survenue des pertes blanches (Mycoses surtout) par augmentation de l’acidité vaginale. Mais en cas de pertes blanches avec couleurs, odeur, abondance gênante ou douleurs lors des rapports sexuels, il faut consulter un agent de santé qualifié (Sage-femme, Maïeuticien, Médecin, Gynécologue). Aussi, en cas de pertes blanches gênantes, penser à la possibilité d’une MST, donc il faut chercher à faire une consultation et suivre un traitement adéquat. Nous précisons que chez la femme ménopausée, les pertes blanches peuvent révéler un cancer génital. Chez la jeune fille, ne pas oublier la possibilité de corps étrangers au niveau des organes génitaux et consulter dès que possible.

Valérie TIANHOUN

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