Burkina Faso Le guide de la médecine et de la santé au Burkina Faso

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Mai 2004 - Editorial du docteur Maxime K . Drabo

L'accessibilité aux ARV dans les pays pauvres, une partie d'un tout

Docteur Koine Maxime DraboLa mobilisation face au fléau est une réalité au Burkina Faso et en Afrique La recherche intensive menée notamment par l'industrie pharmaceutique a engendré ces dernières années la découverte d'antirétroviraux très efficaces qui ont transformé l'évolution de la maladie, même si l'on ne peut pas encore parler de guérison. Les médicaments actuellement disponibles agissent sur deux enzymes indispensables à la réplication du VIH: la transcriptase inverse et les inhibiteurs de la protéase (ces derniers sont actifs sur les cellules infectées de manière chronique, à l'inverse des inhibiteurs de la transcriptase inverse).

Les ARV vont être très certainement de plus en plus accessibles (chose souhaitée) avec des schémas thérapeutiques divers et un approvisionnement aussi diversifié. La crainte d'une diffusion anarchique de ces thérapies via des circuits informels d'approvisionnement reste très justifiée. Le manque et le mauvais état des structures sanitaires nécessaires à la prise en charge des patients, les incertitudes sur les capacités d'observance thérapeutique des malades et le risque d'émergence de résistances virales en cas de mauvais suivi des traitements font tout à fait partie du décor sanitaire actuel ou à venir.

Tout en s'accordant sur le fait que l'adhésion du patient est un élément clé de l'efficacité et de la bonne tolérance du traitement, les prestataires de soins reconnaissent que le caractère chronique de la pathologie SIDA, la complexité des thérapeutiques et les effets indésirables fréquents des produits nuisent au respect du traitement, et donc à son efficacité globale.

Au moment ou tous les acteurs de la lutte contre le SIDA sont focalisés sur la formation du personnel, l'accessibilité financière aux ARV et aux tests de séropositivité, très peu de dispositions semblent prises pour protéger de l'utilisation anarchique des médicaments à peine sortis des laboratoires. Avons nous suffisamment réfléchi au suivi rigoureux des patients et au monitorage clinique et biologique de la sensibilité des souches de VIH aux ARV ?

Le passé des luttes contre les fléaux sanitaires est riche en enseignement dont nous ne saurions nous passer, comme nous avons pu le voir avec les résistances aux antipaludiques, aux insecticides, l'inefficacité chronique des vaccins anti-paludiques en phase d'essai à large échelle…

Nous sommes face à un problème particulièrement complexe, dans lequel interviennent des acteurs, des intérêts de nature et d'origine très diverses, et qui exige une approche globale et multidisciplinaire. Nous devons essayer d'explorer les besoins et, pourquoi pas, d'inventer pour la distribution des ARV des solutions qui permettront aux scientifiques de chercher, aux industriels de produire et aux patients de se soigner, d'une manière durable.

 

Docteur Maxime K. Drabo, le 26 avril 2004
m_drabok@yahoo.fr

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