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Janvier 2007 - Editorial du docteur Maxime K . Drabo

Alcoolisme et femmes, parlons en mes sœurs

Docteur Koine Maxime Drabo

Dans nos villes en Afrique la tolérance culturelle et sociale de l'alcoolisme féminin augmente, et à l’instar de la cigarette en occident, la fille ou la femme classe et branchée aux yeux de la jeunesse est celle qui boit régulièrement sa (ses) bière(s) ou sa (ses) liqueurs. Alors quelques informations utiles pour vous mes sœurs :


 

 

  • a) A âge et poids égaux et pour une même quantité d'alcool, l'alcoolémie de la femme serait supérieure à celle de l'homme. L'explication de ce phénomène proviendrait de l'enzyme impliquée dans le métabolisme de l'alcool qui présente une activité moindre chez la femme. Par ailleurs, la quantité d'eau dans le corps de la femme étant plus faible, la concentration de l'alcool dans les tissus et dans le sang s'effectuerait plus rapidement que chez l'homme. Les fluctuations des hormones ovariennes durant le cycle menstruel affecteraient également le métabolisme de l'alcool et la prise de contraceptifs oraux et la ménopause augmenterait la vulnérabilité de la femme face à l'alcool. La combinaison d'oestrogènes et d'alcool pourrait être néfaste pour le foie. Une consommation chronique d'alcool augmenterait le risque de cancer du sein et une intoxication chronique pourrait être source de stérilité chez la femme alcoolique.


  • b) L'anxiété, la dépression et la solitude se retrouvent chez la majorité des femmes alcooliques. Près de 80 % d'entre elles sont âgées de 35 ans et plus, dont 51 % de 35 à 50 ans. Près de 80 % des femmes justifient leur alcoolisme suite à des problèmes psycho-affectifs. L'alcoolisme détériore plus rapidement chez la femme que chez l'homme le statut conjugal, parental et social. Les mères alcooliques sont dévalorisées dans leur image parentale. Une consommation modérée d'alcool, de l'ordre de deux à trois verres par jour, génère un risque pour le développement de l'enfant : accouchements prématurés, poids de naissance plus faible (de 80 à 160 grammes en moyenne), nombre d'anomalies crânio-faciales et surtout retard dans le développement intellectuel et neurologique


Cependant, l’intérêt n’est pas de vouloir tirer de ces informations sur les risques posés par la consommation abusive de l’alcool un quelconque tableau propre à la femme. Ces nuances par rapport à l'homme, devrait contribuer à conscientiser davantage la femme dans notre société en mutation d'autant que progressivement, certaines manières de boire des femmes se rapprochent de celles des hommes, notamment l'alcoolisation dite d'entraînement (conviviale).

 

Docteur Maxime K. Drabo, le 15 janvier 2007
m_drabok@yahoo.fr

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