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Lutte contre l’ulcère de Buruli : le Minsanté prend le pouls - 12/02/2010 - Cameroon tribune - CamerounEnvoyer cette page par e-mail Ajouter cette page à mes favoris

André Mama Fouda est allé mercredi dernier se rendre compte du travail abattu par Médecins sans frontières à Akonolinga. Au Cameroun, l’ulcère de Buruli a été décrit pour la première fois en 1975. Les 47 cas de cette maladie invalidante causée par une microbactérie étudiés alors, provenaient tous d’un foyer très localisé entre les villes d’Ayos et d’Akonolinga, dans la région du Centre. Actuellement, le personnel de santé rapporte sporadiquement des cas suspects d’ulcère de Buruli sans confirmation diagnostique, en provenance de différentes parties du pays, mais surtout des régions de l’Extrême-Nord, du Sud-Ouest et du Centre. Malheureusement, l’importance épidémiologique de cette pathologie ne semble pas avoir attiré l’attention des autorités sanitaires, car elle reste totalement ignorée des statistiques sanitaires de routine. C’est certainement pour inverser cette tendance que André Mama Fouda, ministre de la Santé publique, s’est rendu mercredi dernier au pavillon de l’ulcère de Buruli de l’hôpital de district d’ Akonolinga. Une structure de prise en charge mise sur pied par la branche suisse de Médecins sans frontières (MSF).

Sur place, le Minsanté a mesuré l’ampleur du mal. Dans le district de santé d’Akonolinga, en moyenne 100 cas sont enregistrés chaque année, dont 60% d’enfants de moins de 15 ans. Le pavillon, qui fonctionne depuis 2002, permet cependant de limiter les dégâts. « Nous utilisons des pansements de nouvelle génération dont l’efficacité a été prouvée, mais ils restent inaccessibles pour tous, vu leur coût élevé », a souligné Tareck Daher, chef de mission de MSF au Cameroun. C’est pourquoi à Akonolinga, les soins sont entièrement supportés par MSF. D’ailleurs, grâce à ces pansements, on enregistre une moyenne de 87% de guérison. On se félicite aussi de ce que le caractère invalidant n’est plus irréversible, grâce à la physiothérapie assurée sur place. Toutefois, les difficultés liées au manque du personnel et de moyens logistiques font également obstacle au traitement décentralisé des malades.

Au terme de la visite, André Mama Fouda a dit la détermination du gouvernement à s’engager résolument dans la lutte contre cette maladie négligée. « Nous nous attaquerons à ces maladies dites négligées et nous apporterons tout le soutien nécessaire. Cette descente à Akonolinga est une façon d’encourager Médecins sans frontières qui est à nos côtés. Nous pensons aussi à l’Aide aux Lépreux Emmaüs-Suisse. Deux structures qui prennent en charge cette affection terrible. » Le Minsanté exhorte également les populations des zones rurales à se rendre rapidement dans les structures sanitaires en cas de suspicion de l’ulcère de Buruli pour avoir une chance d’être guéri.

Jocelyne NDOUYOU-MOULIOM

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