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Laquintinie : le Centre de transfusion en quête de sang - 16/03/2010 - Cameroon tribune - CamerounEnvoyer cette page par e-mail Ajouter cette page à mes favoris

Seulement 67 poches de sang sur les 200 escomptées ont été récoltées lors de la grande collecte organisée samedi. L’air craintif, Stéphane G., élève dans un lycée de la place, s’approche du Centre de transfusion sanguine de l’hôpital Laquintinie, ce samedi. Malgré ses appréhensions, le jeune homme est venu accomplir un acte citoyen. « Nous avons été sensibilisés au cours de la semaine pour venir faire un don de sang volontaire en tant que bénévole. J’ai un peu peur, mais ce sang pourrait aider des malades », confie-t-il. Cependant, malgré le soutien du Lion’s club Douala Saphir et de l’Association des donneurs de sang bénévoles dans cette opération, les résultats sont en dessous des attentes. «Nous espérions au moins 200 poches de sang comme l’année dernière.

Nous n’en avons que 67, en attendant de terminer les examens pour voir si elles sont toutes utilisables », confie le Dr Madeleine Mbangue, biologiste et responsable du Centre de transfusion de l’hôpital Laquintinie.

Selon cette dernière du reste, le Centre de transfusion éprouve beaucoup de difficultés dans le recrutement et la fidélisation des donneurs bénévoles afin de faire face aux besoins de l’hôpital et même de la région. « 90% des donneurs de sang sont des donneurs de famille. Cette catégorie est difficilement fidélisable. Sur les 10% qui sont bénévoles, environ 7% reviennent régulièrement », confie Madeleine Mbangue. Par ailleurs, elle estime que le Centre de transfusion parvient à sécuriser environ 1000 poches de sang par mois, sur les 2500 à 5000 dont il a besoin pour combler les attentes des malades. Ces derniers sont surtout issus des services de gynécologie obstétrique, de pédiatrie, des urgences, de chirurgie et même des établissements hospitaliers environnants. D’où l’urgence pour combler le gap.

«Nous travaillons avec deux associations de donneurs bénévoles, mais ce n’est pas facile», déclare Madeleine Mbangue. Une affirmation confirmée par Kuetche Talla de l’Association des donneurs de sang bénévoles. «Notre principale cible est constituée des jeunes dans les établissements scolaires et universitaires qui répondent aux critères, à savoir être âgé entre 18 et 60 ans et peser au moins 40 kilogrammes. Cependant, certains responsables d’établissements sont réfractaires, arguant entre autres du fait que nous prenons le sang gratuitement pour le revendre. Les jeunes également ont un peu peur. Sur 300 personnes prospectées, environ la moitié vient faire un don et seulement 1/3 vient retirer le résultat de ses examens sanguins », confie-t-il. Pourtant, certains avantages existent du fait d’être un donneur bénévole. Le Dr. Madeleine Mbangue évoque notamment la carte de fidélité qui peut donner accès à des soins gratuits au donneur ou à un de ses tiers.

Steve LIBAM

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