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L’Onusida reste au front - 26/05/2010 - Cameroon tribune - CamerounEnvoyer cette page par e-mail Ajouter cette page à mes favoris

A l’occasion de la conférence internationale Africa 21, le directeur exécutif de l’Onusida, Michel Sidibé, a séjourné au Cameroun. Occasion pour ce haut responsable du Système des Nations unies de faire le point sur le combat mené par l’organisation contre la pandémie, mais aussi de dresser la liste des défis qui restent à relever pour que le combat soit gagné. Afin d’en savoir plus, CT l’a rencontré.

Michel Sidibé, directeur exécutif de l’Onusida, dresse le bilan de la lutte et les perspectives.

Quel est l’état de la lutte contre le sida aujourd’hui en Afrique et au Cameroun ?

Il faut dire qu’il y a eu des progrès énormes. Il y a quelques années, lorsqu’on parlait du sida, on parlait de conspiration du silence. Certains pensaient même qu’il n’existait pas. On s’est battu pendant ces dernières années pour complètement briser cette conspiration du silence. Aujourd’hui, nous nous retrouvons avec le sida présenté non seulement comme un problème de développement, mais aussi de sécurité. De nos jours, il se retrouve sur tous les agendas politiques et publics. On a aussi réussi à mobiliser des ressources. Pas seulement les ressources financières, mais aussi les ressources humaines. C’est la seule maladie aujourd’hui au monde mobilisant une société civile qui constitue une force de mouvement social pour lutter contre ce fléau. Vous n’avez pas le même phénomène avec le paludisme ou la tuberculose. Il y a environ douze ans de cela, nous avions à peine 300 millions de dollars pour la lutte. Aujourd’hui, on parle de 16 milliards de dollars. On a donc pu, grâce au plaidoyer, à l’activité menée par les différentes agences, en particulier l’Onusida – pour identifier les déficits dans les programmes, produire annuellement l’état des lieux – mobiliser le monde contre le sida.

Quelques résultats concrets ?

Oui. Par exemple, ces cinq dernières années, on a pratiquement évité plus de trois millions de décès. On a eu une augmentation du nombre de personnes sous traitement, qui a été multiplié par dix, passant de moins de quatre cent mille à plus de quatre millions de personnes sous traitement. La mortalité a été réduite de 50% dans des pays comme le Botswana. Et dans des pays comme l’Ouganda, il y a pratiquement 90% de réduction du nombre de décès chez les orphelins, les nouveaux orphelins, bien sûr. Tout cela constitue, à mon sens, des éléments de succès qui n’ont pas été partagés. On a eu aussi, durant les huit dernières années, une réduction de nouvelles infections de 17%, ce qui nous a permis d’éviter d’avoir 400 mille nouvelles infections en Afrique.

Il reste néanmoins des défis…

Tout à fait, et ils sont énormes. Chaque fois qu’on met deux personnes sous traitement, on a cinq nouvelles infections. Ça veut dire que la prévention n’a pas fonctionné comme elle aurait dû, qu’on n’a sûrement pas tenu compte de tous les aspects culturels. Comment corriger cela ? La première chose, c’est qu’il faut éduquer, impliquer les leaders, tant politiques que traditionnels et autres. Il faut faire en sorte que les jeunes filles soient capables de négocier leur sexualité différemment, combattre la violence contre les femmes. Dans certains pays aujourd’hui, on a pratiquement un viol toutes les minutes. Le sida ne peut pas être traité de façon isolée. Il faut le sortir de son isolement si on veut faire des progrès sur la prévention par exemple. Ensuite, même si des progrès énormes ont été faits (4,7 millions de personnes sous traitement), si au Cameroun on est passé de moins de cinq mille personnes à plus de 70 mille personnes sous traitement les sept à huit dernières années, la demande reste forte. On a dix millions de personnes dans le monde qui attendent aujourd’hui le traitement. Et cela arrive au moment où on parle de crise financière, de crise des finances publiques. Au lieu de l’espoir de l’accès universel au traitement qu’on a suscité, autour d’une solidarité mondiale, ce qu’on risque d’avoir, si les donateurs ne continuent pas à soutenir ces programmes importants – qui ont démontré leur efficacité ces dernières années –, un cauchemar universel. Parce que quand les malades vont arrêter leur traitement, il y aura des résistances et les gens vont mourir.

A moins qu’un vaccin ne soit découvert. Où en est-on avec la recherche dans ce sens ?

Le vaccin c’est quelque chose de très compliqué, mais d’indispensable. Il faut se battre, comme contre toutes les maladies infectieuses, qui ne peuvent pas être éliminées si on n’a pas un vaccin, ou si on ne va pas vers le concept de cure – au lieu de celui du traitement à vie. Vous savez, les dernières trouvailles au niveau du vaccin nous donnent une efficacité de 30 à 35% au maximum. Ça veut dire que le vaccin, à l’heure actuelle, ne peut pas être une panacée. Le vaccin qu’on a trouvé avec les Thaïlandais et les Américains a une efficacité de 30 à 33%. Ce qui est néanmoins important, parce que c’est la première qu’on démontrait que le vaccin pouvait marcher sur des humains. Mais ce n’est pas suffisant pour arrêter la transmission. Donc il faut continuer à avoir un paquet de services préventifs (la circoncision, les préservatifs, etc.). Mais ce qui m’inquiète le plus pour l’Afrique, c’est qu’aujourd’hui on continue d’avoir 400 mille enfants qui naissent chaque année avec le sida. Et on sait que le tiers de ces enfants vont mourir avant leur premier anniversaire s’ils n’ont pas accès au traitement. Que 50% de ces enfants vont mourir avant leur deuxième anniversaire s’ils n’ont pas accès au traitement et que le reste de ces enfants seront sous traitement toute leur vie. Alors que dans le reste du monde cette transmission est déjà éliminée. Mon appel à l’Afrique c’est donc d’avoir un continent avec une génération d’enfants sans sida. Et nous pouvons voir naître cette génération, nous pouvons entrevoir le début de la fin de la lutte contre le fléau parce qu’on aura empêché que des enfants naissent contaminés. Mais ce qui est encore plus important, c’est qu’en faisant cela, on va certainement renforcer les programmes de santé de la reproduction, les programmes de santé de la mère, ceux de la santé infantile et les systèmes de santé.

Quid des difficultés du Cameroun dans la lutte ?

Le Cameroun a d’abord montré de façon très claire qu’il allait dans le sens d’investissements accrus sur le budget national. Il est passé de moins d’un milliard à près de sept milliards F Cfa. On n’est pas encore au niveau des engagements pris à Abuja, mais c’est déjà un progrès énorme. Les difficultés que nous avons actuellement sont liées au fait que le Cameroun n’ait pas eu accès au 9e round du Fonds mondial. Les rounds 3 et 4 du Cameroun sont en train de finir, et le programme avec Unitaid est en train de prendre fin aussi. Il est indispensable que l’Onusida, dans sa logique de support aux pays, remobilise les capacités techniques pour aider le Cameroun à accéder au round 10. J’ai rencontré le ministre et le secrétaire d’Etat à la Santé. Nous en avons discuté. C’est un effort que l’Onusida, qui n’est pas une organisation de financement, fera pour aider le Cameroun. Pour moi, la première chose c’est la mobilisation du leadership, dans tous les domaines. Deuxième chose, aider les Etats à mieux prioriser leurs actions. Ensuite, nous essayons de faire en sorte qu’on mobilise la compétence technique, où qu’elle soit, pour aider les pays à répondre au défi des ressources humaines. Enfin, nous mobilisons les ressources financières, en aidant par exemple le Cameroun à avoir accès aux ressources du Fonds mondial, en faisant le plaidoyer auprès du gouvernement américain ou d’autres partenaires, pour qu’ils continuent d’investir dans ce domaine au Cameroun.

Avez-vous l’espoir qu’à plus ou moins court terme le sida sera vaincu ?

Je pense qu’il faut être optimiste. Vous savez, il y a six ou sept ans, on nous disait que l’espoir n’est pas possible en Afrique. On nous disait que l’accès universel, que je considère comme une question de justice sociale, de redistribution des opportunités, pour atteindre les plus pauvres, était un rêve. Le Botswana a démontré le contraire. On pensait que le pays allait disparaître, aujourd’hui il a pratiquement atteint l’accès universel au traitement, et est à près de 97% au niveau de la prévention de la transmission de la mère à l’enfant. Quand je vois des pôles de succès de ce genre, quand je vois ce qui se passe avec l’Afrique du Sud (où il y a 1500 nouvelles infections par jour), qui vient de lancer le programme le plus important au monde (15 millions de personnes doivent être testées avant fin 2011, tous les enfants de moins d’un an qui sont positifs mis sous traitement…), j’ai de l’espoir. On ne doit pas perdre cet espoir

Propos recueillis par Alliance NYOBIA

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