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Le Coartem en plaquette interdit - 20/11/2013 - Cameroon tribune - CamerounEnvoyer cette page par e-mail Ajouter cette page à mes favoris

La consommation de la spécialité 20/120mg vendue dans un emballage vert-blanc prohibée par le Minsanté. Contre le paludisme, ce produit constitue le plan A de plusieurs Camerounais. Aux moindres courbatures accompagnées de fièvre, cet antipaludéen est appelé à la rescousse. Généralement sans avis médical. Alors même qu’il est très sollicité, le ministre de la Santé publique, André Mama Fouda, tire la sonnette d’alarme. « Des stocks de médicaments antipaludéens contrefaits sont en circulation sur le territoire national », a-t-il indiqué dans un récent communiqué.

Premier sur la liste, le Coartem. Et pas n’importe lequel. « Il s’agit du conditionnement hospitalier de couleur vert-blanc, de la spécialité dénommée Coartem 20/120 mg vendue en détail sous forme de plaquettes de comprimés et issus des laboratoires Novartis pharmaceuticals corporation, Suffern, New York, USA for Novartis pharma AG, Switzerland, de numéros de lots, F1901, F2261, F2153, F2929 ayant des dates de péremption allant de 2011 à 2016 », précise le ministre.

Du tour effectué dans certaines pharmacies à Yaoundé, il apparaît que la variante incriminée ne s’y trouve pas. A la demande du Coartem, une boîte de couleur blanc-jaune est mise à disposition au prix de 4000 F dans une officine, ou de 4500 F dans une autre. Et une vendeuse d’assurer : « C’est ce qui est vendu en plaquette dans la rue que les gens devraient éviter. » Et dans la rue effectivement, l’antipaludéen est pratiquement disponible chez tous les détaillants. Du Carrefour Mvog-Mbi à Mokolo, en passant par tous les étalages sur les trottoirs de la ville, il se négocie au prix unique de 1200 F la plaquette pour adultes, 1400 celle pour enfants.

« C’est un produit que les gens achètent beaucoup. Donc on s’efforce toujours d’en avoir en grande quantité », reconnaît un vendeur au Carrefour Mvog Mbi. Lorsque la question de la contrefaçon est abordée, la colère s’invite. « Qu’est-ce qui prouve que ce produit est faux et que tous les autres médicaments vendus en pharmacie ne sont pas nocifs ? Avant de vendre, j’en prends aussi et en trois jours je suis toujours guéri. Ils veulent nous dire quoi ? », réplique le vendeur, remonté contre les autorités compétentes.

Comme l’explique le Dr. Angelbert Manga, médecin généraliste à l’hôpital de district de Mfou, la prise de médicaments contrefaits est dangereuse pour la santé. Même si cela ne se manifeste pas sur le champ, tôt ou tard, on finit par avoir des problèmes. C’est sans doute pour cette raison que le Minsanté interdit la distribution et la consommation de cette spécialité.

Elise ZIEMINE

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