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Les explications du Dr. René Owona Essomba : "L’hôpital pour tous est possible" - 23/11/2006 - Cameroon tribune - CamerounEnvoyer cette page par e-mail Ajouter cette page à mes favoris

Les explications du Dr. René Owona Essomba, Secrétaire technique du comité de pilotage de la Stratégie sectorielle de santé. Vous avez conduit le projet de réforme hospitalière pendant un moment. Où en êtes-vous ?

Rappelons d’abord que la réforme hospitalière est un programme figurant dans la stratégie sectorielle de santé 2001-2010. Dans le cadre de ce programme, nous nous sommes déjà entendus sur les douze chantiers qui doivent animer cette importante réforme. Il est donc question aujourd’hui que le ministère de la Santé publique mette sur pied des équipes d’experts devant planifier la mise en œuvre de chacun de ces chantiers. Et pour chacun d’eux, nous avons déjà identifié les activités à mener à court, moyen et long termes. Nous attendons le prochain exercice, pour que le démarrage effectif des différents chantiers.

Vers quoi tend-on le plus ? Vers l’hôpital entreprise ou vers l’hôpital de service public ?

Je préfère que nous parlions de prestation des soins. Parce que l’hôpital n’est qu’un élément du système de prestation des soins. La politique de santé du Cameroun met l’accent sur les soins de santé primaires, ce que nous appelons les services de santé du premier échelon. Vous y trouvez, en ce qui concerne le public, les centres de santé — il en est de même pour les confessionnels. En ce qui concerne le privé à but lucratif, on parle de cabinets médicaux, de cabinets de soins. Voilà les services du premier échelon. Lorsqu’ils sont dépassés, ils doivent s’en référer à un niveau supérieur. Juste au-dessus vient donc l’hôpital de district, qui doit être le plus rapproché des populations. Et on ne se rend à l’hôpital provincial et à l’hôpital national (j’entends par ici l’hôpital général, le Chu, l’hôpital central etc.) que si l’hôpital de district n’a pas pu résoudre le problème. Aujourd’hui, on a l’impression que les hôpitaux sont en concurrence avec les centres de santé, alors qu’ils devraient être complémentaires.

Concrètement, pourquoi cela pose-t-il problème ?

Ecoutez, on n’a pas encore défini les relations opérationnelles entre le centre de santé, l’hôpital de district et l’hôpital de référence. Nous avons là-dedans un désordre. Un accouchement normal pouvant être pris en charge dans un centre de santé se retrouve dans un hôpital général. Ce qui coûte beaucoup plus cher. C’est une mauvaise utilisation des ressources et des compétences. Nous devons avoir un système dont la porte d’entrée est le centre de santé. L’accès palustre soigné à l’hôpital général coûte quatre à cinq fois plus cher que dans un centre de santé publique, ou un hôpital de district.

Revenons à l’offre de soins. Elle sera fournie par une structure fonctionnant comme une entreprise ou comme un service public ?

La prestation de soins relève des services que l’Etat doit fournir aux citoyens. Mais au niveau du ministère de la Santé, on a défini ce qui s’appelle le paquet minimum d’activités. Ce que le citoyen devrait pouvoir retrouver dans toutes les formations sanitaires de premier échelon. Malheureusement, cela n’est pas encore correctement appliqué partout. S’agissant de l’esprit d’entreprise et de la prestation publique, les deux ne sont pas incompatibles. Tout dépend de l’axe politique choisi par les décideurs. Je m’explique : l’Etat peut définir un paquet d’activités dont il veut garantir l’accès à tous.
Lorsqu’on le définit, on met aussi en place une politique des moyens. Mais à certains moments, vous tombez dans les extrêmes. Soit on affirme que l’Etat a promis administrer gratuitement tous les soins, et l’hôpital perd toute notion de rentabilité, soit on veut absolument réaliser un chiffre d’affaires, alors que l’hôpital n’a pas pour objectif premier de générer de l’argent.

La santé a un coût, mais le gros de nos populations est pauvre. L’hôpital est-il réservé aux nantis ?

Si vous lisez l’enquête sur les déterminants du recours aux soins et aux médicaments, réalisée en 2004, vous apprendrez que 57,5% des malades ne peuvent pas solliciter les formations sanitaires, publiques ou privées. Cela signifie qu’il y a quelque chose qui ne va pas. Le problème de financement de la santé se pose au Cameroun. A partir de la loi de finances de 1962, l’Etat a clairement fait savoir qu’il fallait payer quelque chose quand on allait à l’hôpital. Il y avait un timbre de 100 F dans les centres de santé et les 600 F de consultation ont été fixés à l’époque. Il y avait une disposition selon laquelle les indigents devaient obtenir une carte d’indigence auprès de la commune. Et cette commune était supposée rencontrer les responsables de l’hôpital pour payer. A partir de là il y a eu des dérapages : tout le monde était devenu indigent et ça n’a pas tenu. Dans les années 90, on a parlé de partage des coûts. Une loi a autorisé les formations sanitaires publiques à recouvrer les coûts sur les médicaments, afin de garantir au moins le stock. La population contribuait en achetant ces médicaments. Au même moment, il avait été demandé que l’indigence soit gérée localement. Autre aspect, dans le financement du secteur santé : le partage du risque-maladie, que nous devons absolument mettre en place ici.

Autrement dit ?

Le fonctionnaire lui-même n’est pas sûr d’avoir de l’argent au moment où il tombera malade. Et il ne peut pas dire à la maladie d’attendre le moment où passent les salaires. Avec le partage du risque-maladie, nous aurons des gens qui sont déjà dans les assurances privées — on parle de 3 à 4% —, des mutuelles de santé, un peu plus rapprochées du secteur informel par exemple… Pour tout dire, il faut que le ministère de la Santé publique fortement, soutenu par tous les secteurs apparentés (Education, Minas, Economie et Finances, etc.), la société civile et les partenaires, arrivent d’une part à identifier les coûts des soins de santé pour mieux les maîtriser, et, d’autre part, à organiser de manière un peu plus rationnelle le financement des soins de santé. Il faut absolument démarrer par des structures décentralisées.

Selon vous, l’hôpital pour tous est-il possible au Cameroun ?

L’hôpital pour tous est une question de volonté politique. Il y a des gens qui sont capables de payer. Ceux-là, on voit jusqu’à quel niveau ils peuvent le faire. Il y en a qui ne peuvent pas payer, et l’Etat peut décider de mettre en place des mesures pour soutenir ceux qui n’ont pas les moyens de payer. Ceci va garantir l’accès aux soins à tous les Camerounais.

Alliance NYOBIA

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