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Pratique : Pression sur les seins - 30/05/2006 - Mutations - CamerounEnvoyer cette page par e-mail Ajouter cette page à mes favoris

24% d'adolescentes au Cameroun subissent le "repassage" de cet organe avec les objets les plus divers.

Hermine n’a que 14 ans et ses seins sont énormes. Au quartier Tsinga à Yaoundé où elle réside, elle porte comme un fardeau son sobriquet de "miss lolo". Pour la taquiner, les garçons comparent sa poitrine à des obus. C’est que les seins de cette adolescente ont commencé à apparaître quand elle était âgée de 10 ans. Trop tôt pour sa mère qui décide alors de combattre ces seins "précoces", à sa manière.
Cette dernière, à l’aide d’un pilon chauffé au feu de bois masse alors les seins de sa fille, pour ralentir leur croissance. Seulement, c’est l’effet redouté qui fini par se produire. Quelques jours après cet acte atrocement douloureux, les petits seins de Hermine avaient presque disparu avant de revenir en force plus tard. A 14 ans, ses seins lui déforment pratiquement le physique.

Le cas de Hermine n’est pas isolé. Selon une étude menée au Cameroun par le Réseau national des associations de tantines (Renata) (Une association regroupant des jeunes filles mères) en collaboration avec la Gtz, 24% d’adolescentes ont des seins "repassés". Ce phénomène que le Dr Flavien Ndonko de la Gtz compare, toute proportion gardée à l’excision, n’a pas la même ampleur dans toutes les régions du Cameroun. Dans certaines provinces, la pratique est courante et fait partie du quotidien. Le Dr Ndonko cite entre autres les provinces de l’Ouest, du Littoral et du Centre où on atteint parfois 50%.

Les objets utilisés pour le repassage des seins des adolescentes sont variés. Il s’agit entre autres de la pierre à écraser, des spatules en bois, des feuilles et autres écorces ainsi que des noyaux de fruits noirs préalablement chauffés au feu de bois pour aplatir les seins. A certains moments également, la pratique veut que ce soit le frère aîné, ou l'un des cousins de la jeune fille qui le fasse pour des résultats plus efficaces. L’opération est atrocement douloureuse ainsi qu’en témoigne Bessen Ebanga du Renata. "Quand une jeune fille à ses premiers bouts de seins, lorsque vous les frôlez, elle sent terriblement mal. Imaginez donc ce qu'elle ressent quand on les lui masse avec des objets chauffés à une forte température". Hermine soutient que pendant le repassage de ses seins, elle a cru qu’elle mourait. La douleur était indicible, même après l’opération.

Puberté

Les raisons évoquées par les personnes qui ont recours au repassage des seins des adolescentes sont variées. Selon une dame que nous avons rencontré au quartier Tsinga à Yaoundé, lorsqu’une fille à ses seins "trop tôt, à 12 ans par exemple", cela ralentit le rythme de sa croissance. "Est-ce que vous savez pourquoi les filles sont de plus en plus courtes de nos jours? C’est à cause des seins qu’elles ont de plus en plus tôt. Comment pouvez-vous admettre qu’une fille à 14 ans tutoie sa mère question seins ? C’est pourquoi il faut les masser. C’est vrai que ça fait un peu mal, mais c’est pour le bien de nos enfants", affirme-t-elle.

Une raison qui convainc quelques personnes, puisqu'une jeune fille de 22 ans, étudiante en journalisme à l'Esstic confie avoir elle même massé ses seins à la pierre à écraser. "J'avais honte de porter des seins alors que j'étais toute petite. En plus lorsque je mettais des tee-shirts près du corps, mes petits seins faisaient deux petites bosses sur la poitrine et je trouvais cela désagréable", confie-t-elle. Autres raisons évoquées, l’apparition des seins chez une jeune fille suppose la puberté qui, elle aussi, annonce l’activité sexuelle chez cette dernière. Une échéance très redoutée par les parents. Raison pour laquelle il faut la retarder au maximum.

Pour le Dr Ndonko, il s'agit de simples préjugés.
"L’apparition précoce des seins ne freinent en rien la croissance des jeunes filles. Cette précocité dont parlent les gens doit être relativisée. La moyenne d’âge pour la pousse des seins au Cameroun aujourd’hui est de 12 ans. C’est vrai qu’à une époque lointaine, les seins apparaissaient un peu plus tard. C'est normal. Les temps ont changé, l’alimentation des enfants n’est plus la même et l’environnement même a changé. Il faut que les gens le comprennent et arrêtent de violenter leurs enfants", plaide-t-il.

Violence

Les conséquences de cette pratique sur la santé de la jeune fille sont nombreuses. Les effets recherchés ne se produisent généralement pas. C’est du moins ce qu’affirme Bessen Ebanga du Renata. "Nous avons rencontré des filles à qui on avait repassé des seins qui en avaient de façon démesurée. D'autres filles avaient carrément perdu leurs seins, étaient devenues plates".
Le Dr Ndonko ajoute que les seins de ces jeunes filles n’ont plus de consistance et s’affaissent trop tôt.
Elles ont des kystes, des lésions et parfois des écoulements dans leurs seins, ce qui peut entraîner, à terme, le cancer de cet organe. Sur le plan psychologique, la jeune fille ne vit plus normalement sa sexualité, en raison de ce traumatisme, "parce que c’en est un", dit-il. Pour Mme Endallè de l'Association de lutte contre les violences faites aux femmes (Alvf), il s'agit d'un cas patent de violence qui résulte de l'ignorance et surtout de l'absence d'éducation sexuelle. C'est cette éducation qu'elle préconise pour venir à bout de ce phénomène "dégradant" pour la jeune fille.

Jean-Bruno Tagne

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