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Les cas d’avortement autorisés : dans certaines situations, l’interruption volontaire de la grossesse s’impose - 29/06/2006 - Cameroon tribune - CamerounEnvoyer cette page par e-mail Ajouter cette page à mes favoris

De manière générale, lorsqu’au moins trois médecins s’accordent sur le fait que la vie d’une femme enceinte est menacée par la grossesse qu’elle porte, on envisage à ce moment un avortement.

La menace d’avortement, explique le Dr Pierre Sendé, commence avec des saignements en début de grossesse (le premier trimestre). L’avortement devient inévitable lorsque la poche des eaux se rompt. Et parce que c’est inévitable, il faut que le médecin qui a posé le diagnostic fasse le curetage. Car, si les débris restent dans l’utérus, il va s’infecter. Dans les situations d’arrêt de la croissance du fœtus (appelé Missed abortion), l’interruption volontaire de la grossesse peut être aussi envisagée.
A ce sujet, on fait remarquer que l’Afrique prend un peu de recul. Ailleurs, il y a des maladies comme le "Tay-Sachs" autrement appelées "Idiotie familiale", (une maladie héréditaire où on est idiot de père en fils) et la Thalassémie (une forme d’anémie sévère) qui autorisent la provocation de l’avortement lorsque des examens confirment que le fœtus est atteint. Les praticiens pensent que l’Afrique doit aussi s’ouvrir à des concessions avec des maladies comme la drépanocytose. Un seul enfant drépanocytaire est un frein pour la famille qui ne peut plus manger à sa faim ou subvenir convenablement aux besoins des autres enfants. " Est-il normal d’empêcher une famille de vivre décemment parce qu’elle a un enfant drépanocytaire qu’on a vu arriver ? ", s’interrogent-ils. Comme les Européens et les Américains, ils suggèrent que les Africains songent à élargir les cas d’exception dans le système législatif. Ce n’est pas juste qu’une société où il n’existe pas de sécurité sociale accepte la naissance d’un enfant qui sera malade toute sa vie et ruiner sa famille. " C’est immoral ", juge Pierre Sendai .

Sinon, l’interruption de grossesse est sanctionnée par le Code Pénal camerounais en son article 337, alinéas 1 et 2. L’alinéa 1 stipule : " est punie d’un emprisonnement de 15 jour à 1 an et d’un amende de 5000 à 200 000 F CFA ou de l’une des deux peines seulement, la femme qui se procure l’avortement à elle-même ou y consent ". L’alinéa 2, quant à lui, prescrit " est puni d’un emprisonnement de 5 ans et d’une amende de 100 000 à 2 millions de F CFA, celui qui même avec son consentement, procure l’avortement à une femme ". Sur les cas de grossesse par viol, inceste etc., très souvent on se réfère à la jurisprudence (anciennes décisions rendues) pour statuer. Mais dans tous les cas, le viol doit être au préalable constaté.

Jeanine FANKAM

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