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Avortements : la cote d’alerte - 27/10/2009 - Cameroon tribune - CamerounEnvoyer cette page par e-mail Ajouter cette page à mes favoris

Pour les spécialistes, la pratique est à l’origine de l’augmentation de la mortalité maternelle au Cameroun. En 2004, le taux de mortalité maternelle au Cameroun était de 420 décès pour 100 000 naissances vivantes. Aujourd’hui, on est passé à 669 décès pour 100 000 naissances vivantes. Et selon le Pr. Robert Leke, coordonnateur régional de la fédération internationale de gynécologie obstétrique (FIGO), ces chiffres sont valables tant au Cameroun que dans l’Afrique centrale et de l’Ouest. « Ceci malgré tous les efforts que les gouvernements et les partenaires font », souligne le Pr. Leke.

L’une des causes de cette hausse, même si ce n’est pas la première, est, selon les spécialistes, la pratique sans cesse croissante des interruptions volontaires de grossesse ou d’avortement, à risque. Pourtant, on ne peut avancer aucun chiffre, étant entendu que la pratique est réputée clandestine. Les avortements à risque ici étant compris comme ceux qui sont provoqués et exécutés par des personnes non qualifiées et dans des endroits non appropriés. L’âge de la grossesse doit également être pris en compte quand on parle d’avortement à risque. Selon les médecins, une interruption volontaire de grossesse peut être tolérée jusqu’à 28 semaines. « Parce qu’à cet âge, le bébé, qui pèse moins d’un kilogramme, ne peut pratiquement pas vivre », affirme un gynécologue obstétricien. Au quotidien, ce sont des étudiants de médecine, des infirmiers, ou même des personnes n’ayant aucune qualification qui aident les jeunes filles et même les femmes mariées à se débarrasser d’une grossesse non désirée. Sans tenir compte des dangers qui peuvent en découler.

Au rang des conséquences, on peut citer les infections, les perforations de l’utérus, les perforations de la vessie entraînant dans certains cas des fistules vésico-vaginales, des grossesses utopiques (logées en dehors de l’utérus). Le blocage des trompes, l’une des causes de l’infertilité, est également à craindre. Mais on ne peut avoir de chiffres sur les dégâts, dans la mesure où ce n’est que lorsque les choses se compliquent que les patientes sont conduites à l’hôpital. C’est pourquoi la société de gynécologues obstétriciens du Cameroun, en collaboration avec la FIGO, a mis en place un projet de prévention des avortements à risque.

Jocelyne NDOUYOU-MOULIOM

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