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L'initiative des entreprises qui prennent en charge
leurs employés malades du sida
La pandémie du Sida, au-delà du grand problème
de santé publique qu'elle pose, a également un impact aiguë sur
le plan économique et social.
La répercussion sur l'économie s'explique par le fait qu'affaiblis
par la maladie, les cadres compétents et des ouvriers chevronnés
ne peuvent plus donner le maximum de leurs potentialités à leurs
entreprises. Sans les soins appropriés, leur état s'altère gravement
au point qu'ils ne peuvent plus bien travailler car ils connaissent
des séjours de plus en plus longs dans les lits des hôpitaux, souvent
jusqu'à l'issue fatale.
Il va sans dire que le temps et l'argent investis
pour former ces personnes sont perdus pour la société.
La stigmatisation, c'est-à-dire que le rejet de la personne malade,
conduit à une aggravation de son état. Le tableau est réellement
sombre et sur le front de la lutte contre le Sida en Centrafrique,
les bonnes nouvelles sont plutôt rares.
Mais quand il y en a, c'est un véritable coup de fouet qui amène
espoir et optimisme pour les personnes concernées.
Une bonne nouvelle est par exemple celle annoncée
par Mr. Wilibiro Sacko, coordonateur du Comité Nationale de Lutte
Contre le Sida (CNLS), qui loue l'initiative de certaines entreprises
privé qui se sont décidées à prendre en charge leurs employés malades.
Jusque là, certaines sociétés avaient tendance à se débarrasser
de leurs employés malades en les poussant vers une retraite anticipée.
Au cours d'une enquête menée qui nous à irrésistiblement
conduits à la brasserie de la place qui emploie 150 personnes, nous
avons su qu'il y avait une vingt trois qui étaient malades du Sida
soit 15,3% des employés.
Devant cette situation, l'équipe dirigeante de la brasserie a décidé
que l'entreprise prendra totalement en charge les 23 personnes malades
en leur fournissant des anti-rétro viraux.
Voilà une action fort louable, surtout au regard
de la grisaille générale qui pèse actuellement sur tout le secteur
économique chez nous. Mais, il faut aussi rappeler que depuis toujours,
cette brasserie prend en charge à 100%, les dépenses de santé de
son personnel. Ce suivi médical du personnel infecté par le VIH,
entre donc dans la droite ligne de la politique sanitaire de cette
brasserie.
Les anti-rétro viraux seront disponibles, semble-t-il, d'ici fin
janvier 2003.
Bravo à notre brasserie et souhaitons que cet exemple
soit suivi par toute les autres sociétés et entreprises privées.
Et en définitive par l'Etat qui entamera une véritable politique
permettant un accès aux anti-retro viraux pour les 14% de Centrafricain
infectés.
(source journal LE CITOYEN, décembre 2002)
Docteur Gustave BOBOSSI SERENGBE, le 5 février 2003 - bobossi@santetropicale.com
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