Centrafrique Le guide de la médecine et de la santé Centrafrique
   
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Les éditos du docteur Gustave Bobossi-Serengbe
L'Institut Pasteur de Bangui, un outil performant pour la recherche biomédicale en Centrafrique et dans la sous-région d'Afrique centrale (Novembre 2002)

Le 23 Septembre 2002, l'Institut Pasteur de Bangui (IPB) a organisé son premier conseil de perfectionnement.
Au cours de ce conseil, le Directeur de l'IPB a présenté ce centre fondé en 1961 avec ses principales activités.
Les domaines d'activité de l'IPB ont pour point commun la recherche biomédicale appliquée à la santé publique. L'IPB développe des thèmes de recherche qui prennent en compte les priorités sanitaires de la République Centrafricaine et de la sous-région d'Afrique centrale : les rétrovirus, les fièvres hémorragiques virales, les antirétrovirus, la tuberculose, et le paludisme.

L'IPB de par ses activités de recherche est un centre de référence sous-régional en matière de santé publique.
Les chercheurs ont donc intérêt à s'appuyer sur cet Institut. Sur les 21 Instituts Pasteur répartis dans les cinq continents, l'Afrique en compte quatre dont celui de la RCA.
Une synthèse de l'exposé du Directeur de l'institut, le Docteur TALARMIN Antoine, devant ses pairs, les autorités politiques et les bailleurs de fonds, dégage l'immensité des travaux de recherche. Un modèle à suivre et à renforcer.

En matière de VIH, il en ressort que l'infection constitue une menace grave sur la santé de la population Centrafricaine.
Les données épidémiologiques de 1998 montrent bien l'ampleur de l'infection en Centrafrique : on dénombre 30.000 cas de SIDA , 66.000 orphelins et plus de 20.000 personnes infectées pour une population totale de 3.000.000 d'habitants.
Les travaux sur la réalisation de la cartographie de l'infection à VIH en Centrafrique appuyée par la Banque mondiale est une première.
Les résultats préliminaires chez la femme enceinte montrent une sero-prévalance qui varie de 7 à 25%.

Concernant les fièvres hémorragiques virales, deux virus sont étudiés en Centrafrique : le virus Ebola et écosystème forestier tropical et les virus de la fièvre de la vallée du Rift.
Il est à noter que le continent africain subit des profondes mutations écologiques et démographiques (construction de barrages, déboisement de la forêt, concentration de population dans les grandes métropoles) qui concourent à

l'émergence de nouveaux virus ou à la re-émergence de virus anciens.

L'IPB abrite un centre de référence de l'organisation mondiale de la santé (OMS) pour la poliomyélite en Afrique qui a mis en place la stratégie d'éradication de la poliomyélite.
Cette stratégie vise la disparition du poliovirus sauvage qui passe par la surveillance active des paralysies flasques aiguës et la vaccination systématique à l'aide d'un vaccin vivant atténué.
Deux activités de recherche sont menées par l'IPB dans le cadre de cette surveillance : l'étude de la biodiversité des souches du poliovirus sauvage et l'étude de la variabilité génétique des souches de vaccin polio oral (VPO).

Désormais l'IPB dispose d'un laboratoire de chimiorésistance du paludisme qui est devenu un outil important de surveillance de la résistance aux antipaludiques du plasmodium falciparum.
Les résultats préliminaires indiquent actuellement un taux de chloroquinorésistance à 38% à Bangui.

L'IPB grâce à la coopération japonaise et aux Médecins Sans Frontières à circonscrit dans un quartier populaire de Bangui une épidémie d'hépatite E en Juillet 2002.
Sur un nombre important de patients ayant été consultés pour ictère fébrile, tous consommant l'eau de puits, ont présenté une sérologie négative à la fièvre jaune, aux hépatites A, B et C. ; le centre a isolé le virus sur cellules VeroE6 négatif. La sérologie HVE était positive chez les patients consultés.

Malgré le programme de recherche intense, les chercheurs de l'IPB s'attaquent toujours à d'autres problèmes de la santé publique qui concernent la population Centrafricaine et celle de la sous-région d'Afrique centrale : la surveillance de la résistance de plasmodium falciparium, de l'antibiorésistance, de la résistance du VIH, aux antiretroviraux et bien d'autres encore.
Alors que dire, un institut de recherche de réputation mondiale, entièrement au service de la santé des Centrafricains et des populations de la sous-région d'Afrique Centrale. Voilà un modèle de la coopération scientifique au service du développement.

Docteur Gustave BOBOSSI SERENGBE , le 16 novembre 2002 - bobossi@santetropicale.com

 

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