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Le 23 Septembre 2002, l'Institut Pasteur de Bangui
(IPB) a organisé son premier conseil de perfectionnement.
Au cours de ce conseil, le Directeur de l'IPB a présenté ce centre
fondé en 1961 avec ses principales activités.
Les domaines d'activité de l'IPB ont pour point commun la recherche
biomédicale appliquée à la santé publique. L'IPB développe des thèmes
de recherche qui prennent en compte les priorités sanitaires de
la République Centrafricaine et de la sous-région d'Afrique centrale
: les rétrovirus, les fièvres hémorragiques virales, les antirétrovirus,
la tuberculose, et le paludisme.
L'IPB de par ses activités de recherche est un
centre de référence sous-régional en matière de santé publique.
Les chercheurs ont donc intérêt à s'appuyer sur cet Institut. Sur
les 21 Instituts Pasteur répartis dans les cinq continents, l'Afrique
en compte quatre dont celui de la RCA.
Une synthèse de l'exposé du Directeur de l'institut, le Docteur
TALARMIN Antoine, devant ses pairs, les autorités politiques et
les bailleurs de fonds, dégage l'immensité des travaux de recherche.
Un modèle à suivre et à renforcer.
En matière de VIH, il en ressort que l'infection
constitue une menace grave sur la santé de la population Centrafricaine.
Les données épidémiologiques de 1998 montrent bien l'ampleur de
l'infection en Centrafrique : on dénombre 30.000 cas de SIDA , 66.000
orphelins et plus de 20.000 personnes infectées pour une population
totale de 3.000.000 d'habitants.
Les travaux sur la réalisation de la cartographie de l'infection
à VIH en Centrafrique appuyée par la Banque mondiale est une première.
Les résultats préliminaires chez la femme enceinte montrent une
sero-prévalance qui varie de 7 à 25%.
Concernant les fièvres hémorragiques virales, deux
virus sont étudiés en Centrafrique : le virus Ebola et écosystème
forestier tropical et les virus de la fièvre de la vallée du Rift.
Il est à noter que le continent africain subit des profondes mutations
écologiques et démographiques (construction de barrages, déboisement
de la forêt, concentration de population dans les grandes métropoles)
qui concourent à
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l'émergence de nouveaux virus ou à la re-émergence
de virus anciens.
L'IPB abrite un centre de référence de l'organisation
mondiale de la santé (OMS) pour la poliomyélite en Afrique qui a
mis en place la stratégie d'éradication de la poliomyélite.
Cette stratégie vise la disparition du poliovirus sauvage qui passe
par la surveillance active des paralysies flasques aiguës et la
vaccination systématique à l'aide d'un vaccin vivant atténué.
Deux activités de recherche sont menées par l'IPB dans le cadre
de cette surveillance : l'étude de la biodiversité des souches du
poliovirus sauvage et l'étude de la variabilité génétique des souches
de vaccin polio oral (VPO).
Désormais l'IPB dispose d'un laboratoire de chimiorésistance
du paludisme qui est devenu un outil important de surveillance de
la résistance aux antipaludiques du plasmodium falciparum.
Les résultats préliminaires indiquent actuellement un taux de chloroquinorésistance
à 38% à Bangui.
L'IPB grâce à la coopération japonaise et aux Médecins
Sans Frontières à circonscrit dans un quartier populaire de Bangui
une épidémie d'hépatite E en Juillet 2002.
Sur un nombre important de patients ayant été consultés pour ictère
fébrile, tous consommant l'eau de puits, ont présenté une sérologie
négative à la fièvre jaune, aux hépatites A, B et C. ; le centre
a isolé le virus sur cellules VeroE6 négatif. La sérologie HVE était
positive chez les patients consultés.
Malgré le programme de recherche intense, les
chercheurs de l'IPB s'attaquent toujours à d'autres problèmes de
la santé publique qui concernent la population Centrafricaine et
celle de la sous-région d'Afrique centrale : la surveillance de
la résistance de plasmodium falciparium, de l'antibiorésistance,
de la résistance du VIH, aux antiretroviraux et bien d'autres encore.
Alors que dire, un institut de recherche de réputation mondiale,
entièrement au service de la santé des Centrafricains et des populations
de la sous-région d'Afrique Centrale. Voilà un modèle de la coopération
scientifique au service du développement.
Docteur Gustave BOBOSSI SERENGBE , le 16 novembre
2002 - bobossi@santetropicale.com
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