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Depuis le coup de force du 25 octobre 2002 à Bangui,
la capitale de la Centrafrique et une grande partie de son territoire
connaissent des conflits armés aux conséquences sociales et sanitaires
graves.
Les assaillants venus de la partie septentrionale
du pays ont envahi les quartiers Nord de la capitale et pris en
otage des milliers d'habitants qui se sont vus contraints de se
déplacer en masses vers les quartiers sud épargnés par ces événements
pour les moins meurtriers. Lors de ces déplacements les populations
ont été prises en tenaille par les échanges de tirs violents à l'arme
lourde et automatique. Le bilan officiel a fait état de plus d'une
centaine de morts dont les corps de certains, en nombre non moins
important et pétrifiés, gisant au sol et jonchant les rues de la
capitale, théâtre d'affrontement entre insurgés et les forces gouvernementales.
Des centaines de blessés en majorité des civils, n'ont pas eu la
possibilité de se rendre dans les hôpitaux pour recevoir les premiers
soins médicaux d'urgence.
Les informations concordantes ont rapporté le viol
de mineures et des femmes aux retombées à court et lointaines graves
(grossesses non-désirées, choc psychologique, contamination par
les infections sexuellement transmissibles comme le SIDA ).
En plus de cela, de nombreux malades pendant cette
période n'ont pas pu se rendre dans les hôpitaux pour recevoir les
soins adéquats. Les malades initialement hospitalisés ont déserté
les principaux hôpitaux de Bangui (Hôpital Communautaire, Hôpital
de l'Amitié, C.H.U. et le complexe pédiatrique).et de l'intérieur.
Le manque de couloir de sécurité n'a pas permis
aux médecins et autres professionnels de santé de se rendre dans
les formations sanitaires pour s'acquitter de leur devoir pendant
ces moments difficiles.
Les pluies diluviennes et abondantes de fin de
saison à Bangui ont occasionné des inondations dans les nombreux
quartiers, ce qui a eu pour conséquence la prolifération excessive
des anophèles, vecteurs du paludisme au sein des populations déplacées,
estimées à plus de 10.000 personnes qui logeaient dans les lieux
publics sans moustiquaires. Actuellement la lutte individuelle à
domicile contre ces anophèles à la bombe insecticide a rendu ce
produit pratiquement inexistant sur le marché de Bangui. Les populations
de Bangui sont restées affamées pendant plusieurs jours par le fait
que le marché à bétails était fermé et le blocage des principaux
axes routiers entraîne une pénurie des produits alimentaires. Il
est à noter que la viande de bœuf constitue sa principale source
de protéines animales. Pour les populations des principales villes
de l'intérieur du pays, le tableau est similaire.
L'extension des conflits à d'autres villes du pays,
a rendu inaccessible les hôpitaux qui sont restés fermés ou parfois
pillés. L'abandon de postes par le personnel soignant fuyant les
affrontements laisse une population dépourvue de toute possibilité
d'accéder aux soins de santé. Cette situation a rendu difficile
les ravitaillements des pharmacies des hôpitaux en médicaments essentiels.
Pendant toute la période de crise, les Médecins
Sans Frontières et la Croix Rouge sont les deux organismes humanitaires
qui se distinguent dans la couverture sanitaire en faveur des populations.
Malgré cela, il reste beaucoup d'efforts à faire, car la gravité
de la situation nécessite les actions courageuses de ces organisations
humanitaires et des responsables sanitaires du pays.
Toutes ces conséquences interpellent les Centrafricains
à fournir un effort en vue d'imposer la paix, seule garantie de
la sécurité sanitaire de la population. Les organismes internationaux
doivent pousser les belligérants à ouvrir des couloirs humanitaires
qui pourront porter assistance efficace aux populations sinistrées.
Docteur Gustave BOBOSSI SERENGBE , le 18 décembre 2002 -
bobossi@santetropicale.com
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